Une solution d’organisation pour les INFJ… et les autres : le BUJO !

Chères lectrices, chers lecteurs,

Avant les vacances, sur la page facebook du « Coin lecture des INFJ » (Si vous n’y êtes pas encore, c’est par ), je vous avais promis un petit point organisation… que voici ! Attention, ça va changer un peu de mes réflexions habituelles, puisque c’est très pratique, mais comme vous le savez, il faut honorer toutes nos fonctions cognitives, y compris notre fonction inférieure « Se » : « Sensing extraverti » qui concerne notre rapport à notre environnement immédiat.

J’ai lu récemment que, si l’on attend de chacun qu’il sache s’organiser, n’oublie pas ses rendez-vous et fasse son ménage régulièrement, eh bien… personne ne nous l’apprend vraiment ! (je crois que c’était Marie Kondo) « Range ta chambre » répètent nos parents… mais sans nous dire comment. L’organisation, c’est un peu pareil. Vous pouvez avoir la chance d’avoir eu une famille de pros du rangement dont vous avez inconsciemment intégré les méthodes, ou qu’une bonne fée spécialisée dans le domaine se soit penchée sur votre berceau, mais si ce n’est pas le cas, eh bien… vous n’avez plus qu’à faire ce que vous pouvez, tester des choses et espérer trouver un système qui marche pour vous.

Cela concerne tout le monde, mais pour les INFJ, ça me paraît particulièrement critique pour deux raisons : d’abord parce que nous avons un besoin important de savoir où nous allons, prévoir, etc., c’est le « J » de l’INFJ, ensuite parce que nous avons cette inférieure Se, qui fait que nous souhaitons vivre dans un environnement extérieur agréable sans forcément savoir par où commencer.

Il se trouve que je teste depuis mars un outil qui me paraît très bien répondre à nos besoins, dont je voulais donc vous parler, j’ai nommé : le « BULLET JOURNAL », abrégé en « BUJO » pour les intimes ! Je vois d’ici la moitié de mes lecteurs se demandant de quoi je peux bien être en train de parler… et l’autre se disant « ah, elle est tombée dans la secte » 😉
Le bujo, c’est un outil d’organisation qui fait fureur dans la blogosphère – surtout féminine, mais pas exclusivement. En résumé, c’est un carnet que l’on fait soi-même en fonction de ses besoins, qui permet de tout noter de façon très efficace, avec un index pour retrouver ses pages, des plannings pour le futur à 6 mois, pour le mois, la semaine, voir le jour en cours et des « collections » pour noter des informations thématiques sur un sujet (les séries que vous regardez et où vous en êtes, celles que vous voulez voir plus tard, l’organisation d’un voyage, etc.). Dans la mesure où les articles foisonnent sur les détails du fonctionnement, je ne vais pas m’y étendre ici, je vais juste vous mettre en lien la vidéo d’explication de l’inventeur de la méthode, Ryder Caroll, qui est très claire, ainsi que celle de Solange te parle (Spéciale dédicace pour les INFP qui me lisent) et vous pourrez chercher d’autres infos vous-même.
Ce que je veux faire, en revanche, c’est vous expliquer les avantages que j’y ai trouvé en tant qu’INFJ et en quoi ça peut nous aider. En général, je ne suis pas trop fan du « dernier truc à la mode », je m’en fous un peu (voire beaucoup). La première amie qui m’a parlé du bujo, je lui ai dit que j’aimais bien l’idée d’avoir un carnet – parce que j’adore papier, crayons et papeterie en général – mais que le concept de recopier cinq fois la même tâche parce que je n’avais pas eu le temps de la faire, sous prétexte qu’au bout d’un moment j’en aurais marre de recopier et donc je la ferai, ça me paraissait une perte de temps. Et je dois d’ailleurs dire que je recopie au minimum et que ça ne m’empêche pas de recopier quelques trucs depuis mars (eh, j’ai dit que c’était un outil d’organisation, pas la panacée universelle, hein ! ça ne va pas vous transformer radicalement, mais petit à petit, oui, j’y crois). Et puis il y a eu une deuxième amie avec des arguments un peu différents, elle m’a notamment parlé des « trackers » qui permettent de suivre une habitude, si mes souvenirs sont bons, et là, je suis devenue un peu plus curieuse. Je suis rentrée, j’ai fait quelques recherches en ligne et quelques heures plus tard j’ai attrapé un vieux carnet entamé dont il restait quelques pages vierges pour tester. Un deuxième vieux carnet fini plus tard, je viens de commencer mon 3ème Bujo dans un très beau carnet tout neuf que j’ai acheté exprès et contemplé avec amour en attendant de pouvoir l’entamer 😉

Alors, pourquoi c’est si bien ? D’abord, toutes les infos sont au même endroit, plus de post-it qui traînent : ça change la vie. Ensuite, c’est « customisable » exactement comme vous voulez, pour s’adapter à vos besoins. Je ne vais pas vous mentir, ça peut prendre un peu de temps de trouver la forme qui vous correspond, mais l’avantage c’est que vous pouvez changer de modèle d’une semaine ou d’un mois à l’autre jusqu’à trouver le vôtre. Enfin, comme vous le verrez très vite sur la blogosphère ou Pinterest, il y a une dimension créative qui peut s’exprimer. Évidemment, ça dépend du temps dont on dispose, moi je n’en ai pas forcément beaucoup, alors c’est surtout le fait d’utiliser des stylos avec des jolies couleurs, des surligneurs pastels, des stickers, des tampons et des scotchs décorés (washi tape ou masking tape) qui fait l’essentiel de ma déco pour l’instant, même si j’ai dessiné une jolie page de couverture à partir d’un manga. Ceci dit, quand je trouve un joli motif dans un livre ou un manga, ou bien un caractère japonais intéressant ou je ne sais quoi que j’ai envie de reproduire dans ma page du jour : hop ! ça fait une déco rapide et sympa. Et je sais que le jour où j’aurai plus de temps, ou simplement l’envie de dessiner, je pourrai me faire plaisir.

Le plus bel outil du bujo, pour moi, c’est ce qu’on appelle les trackers. C’est une sorte de tableau dans lequel vous pouvez suivre les habitudes que vous souhaitez mettre en place régulièrement. En tant qu’INFJ hypersensible, par exemple, je sais que j’ai besoin de moments de calme et de tranquillité pour me « poser », sinon au bout d’un moment je craque, je me sens paniquée par l’excès de stimulations extérieures et ça se termine une énorme crise de larmes libératrices jusqu’au cycle suivant. Évidemment, je préfère éviter d’en arriver là : c’est épuisant, voire très gênant vis-à-vis de mon entourage car comme ce sont les stimulations extérieures qui me stressent, concrètement, cela veut dire que ce sont les invitations ou les moments avec des personnes que j’aime ou que j’apprécie qui fonctionnent comme déclencheurs de la crise. Allez expliquer à quelqu’un que vous l’appréciez vraiment, si, si, quand vous venez de pleurer pendant trois quart d’heure parce que vous n’avez pas envie d’aller chez lui ou de partager une activité… croyez-moi, c’est difficile (j’en profite pour remercier les amis qui me lisent de leur patience…).

Donc, dans mon tracker pour ce mois de septembre, il y a des petites cases à cocher chaque jour pour indiquer si j’ai : fait une petite méditation, si je me suis couchée avant minuit (manque de sommeil > déclencheur), si j’ai lu ou fait du coloriage plus de 30 min, si j’ai fait du sport, si je suis allée dans un parc ou dans la nature. Si les cases ne sont pas assez remplies, ce n’est pas bon signe sur le long terme, ça veut dire qu’il faut que je fasse un effort de ce côté là, ou en tout cas que je me surveille particulièrement : ce n’est pas le moment d’accepter une invitation de dernière minute ou autre…
Il y a aussi des cases pour indiquer les jours où je suis sortie ou bien ceux où j’ai fait une crise de stress (à long terme, ça me permettra de vérifier la corrélation avec le fait de prendre soin de moi, ce qui devrait être motivant 😉 ).
Ensuite, j’ai ajouté quelques cases pour mes projets persos : est-ce que j’ai avancé sur ce projet aujourd’hui (j’indique le temps que j’y ai consacré si je n’ai pas atteint mon objectif d’heures), est ce que j’ai réussi à ne pas manger trop de chocolat, … 😉
C’est une page que j’adore remplir !

Bien sûr, la base du bujo ce sont les pages quotidiennes dans lesquelles on indique les tâches à faire que l’on coche au fur et à mesure. Pour moi, ça fonctionne vraiment bien, même si comme je l’indiquais plus haut, j’ai encore des petits ratés 😉 ! J’adore le sentiment du devoir accompli quand je coche une petite croix et j’essaie désormais de faire au moins une tâche chaque jour. Si je suis fatiguée, ça peut être une petite tâche comme plier des vêtements ou lancer une lessive, mais je me suis rendue compte que le simple fait d’en faire une par jour me permettait d’alléger un peu mes week-ends et me rendait la vie plus agréable (non non, ce n’était pas si évident pour moi au départ…).

Ensuite, dans les pages quotidiennes, on peut écrire ce qu’on veut, alors moi, j’aime bien indiquer les événements marquants de la journée et surtout ce pour quoi je suis reconnaissante, selon le concept du « journal de gratitude ». Si je n’ai rien à dire, ce n’est pas grave, je ne note rien ce jour là, mais si j’ai passé une super soirée avec des amis, je le note, ou si j’ai eu un joli moment pour moi… je trouve intéressant d’envisager sa journée sous l’angle « qu’est ce qui c’est bien passé aujourd’hui ? », vu que les aspects négatifs, eux, sont toujours les premiers qu’on voit ! Ce qui n’empêche pas de les noter pour pouvoir passer à autre chose et les mettre à distance.

Et puis il y a les pages « collections » que je mets à la fin parce que je trouve ça plus pratique pour m’y retrouver, où je mets plein de choses et qui me paraissent assez révélatrices de ma vie 🙂 Il y a des suivis de séries, livres à lire (+ avis sur ceux-ci une fois lu et temps passé à le faire), films, expos, lieux à voir… dès que je trouve une référence intéressante, je l’y reporte. Un suivi des invitations (!) : qui, quand, est-ce que j’ai dit oui ou non et pourquoi… parce que j’ai du mal à gérer ma vie sociale et à préserver du temps pour moi, pour savoir si vraiment, cela fait trop longtemps que je n’ai pas vu quelqu’un. Il y a aussi des idées de cadeaux pour les amis ou la famille…

Enfin, des pages que je commence à ajouter et qui me paraissent très importantes : mes objectifs et réalisations. J’ai une mauvaise image de moi-même comme d’une paresseuse (en bonne introvertie qui veut rester chez elle) qui ne fait rien. De plus, j’ai tendance à compartimenter les aspects de ma vie, et à oublier un projet aussitôt terminé pour passer au suivant. Par exemple, si je pense à mes réalisations, je risque d’oublier ce blog, parce que je m’en occupe de façon très épisodique, alors que quand vous me dites qu’il vous aide, cela me rend très fière et qu’il me demande quand même du temps et de l’énergie ! Consulter ces pages me permet de constater qu’en réalité, même si parfois je prends du temps parce que c’est mon rythme, je me fixe des objectifs et je les suis. D’un coup d’œil, je peux voir qu’au printemps j’ai réalisé trois gros objectifs professionnels. Alors oui, forcément, il y a d’autres choses que je n’ai pas faites parce que les journées ne font que 24h…
Ça me rassure et me montre que j’avance, ce qui me paraît l’essentiel : je ne suis pas forcément pressée et j’estime très important, comme je le disais, d’aller à mon rythme et de ne pas me forcer (j’ai quand même fait un burn-out il n’y a pas si longtemps), mais en bonne INFJ, j’ai un projet pour toute la vie d’amélioration de moi-même/réalisation que j’éprouve le besoin de mener.

Comme ces pages me faisaient beaucoup de bien, j’ai aussi instauré des pages « point du mois » pour noter en quelques lignes les grands traits du mois qui vient de se dérouler, le positif et le négatif. C’est pareil, ça me permet de voir un peu où j’en suis. Ce qui m’amène à un autre intérêt du bujo, à long terme, qui est de pouvoir le feuilleter, revenir un peu sur ce qui c’est passé et faire le point. Cela permet de prendre conscience des grandes lignes qui constituent notre vie et de vérifier si nous plaçons nos priorités quotidiennes au bon endroit par rapport à nos valeurs et à nos envies : on a tendance à oublier qu’une vie, c’est souvent plus une succession de petits choix que de gros !

Voilà pour aujourd’hui, j’ai été très bavarde, mais ce sujet me tenait à cœur. N’hésitez pas à me dire en commentaire si vous aussi vous avez un bujo, si ça vous tente, si vous avez trouvé un autre outil qui marche bien pour vous…

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Dosage et lâcher-prise

Bonjour 🙂

Désolée pour ce long silence, les obligations professionnelles et remous personnels ne m’ont pas laissé le loisir d’écrire ce post que j’avais en tête depuis un moment. Je n’ai pas vraiment plus le temps, mais je vais le prendre quand même 😉

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un trait de caractère que je retrouve chez beaucoup d’autres INFJ, celui que j’appelle « la dignité outragée ». Cela ne s’applique sans doute pas qu’à nous, mais me paraît assez typique de notre fonctionnement. L’idée est la suivante : au quotidien, nous sommes plutôt faciles à vivre et accommodants, puisque nous privilégions l’harmonie dans nos relations. Nous aimons aider les autres, donc lorsqu’ils nous racontent leurs problèmes, nous les écoutons et essayons de leur apporter des solutions (souvent bien plus pertinentes que lorsque nous nous penchons sur nos propres problèmes). Bref, nous donnons, donnons, donnons. Et nous aimons ça, c’est vrai. Mais plus ou moins consciemment, nous faisons aussi les comptes, dans notre petite balance intérieure, parce que même si nous aimons ça, cela nous fatigue aussi. Nous sommes vidés après avoir écouté quelqu’un et absorbé sa peine et sa douleur. Et puis après tout, nous sommes des « J », ce qui indique que nous privilégions un fonctionnement basé sur « Judging », « juger ».

Et nos relations fonctionnent ainsi, durant un temps plus ou moins long, tant que nous ne pensons pas à notre petite balance. Lorsqu’une relation fonctionne bien, cette petite balance ne nous vient pas à l’esprit : nous prenons la peine de l’autre, mais notre ami(e) nous offre son soutien, son affection, son sourire et son oreille bienveillante. Tout va bien.

Seulement, il arrive parfois un moment où tout ne va plus bien. Pour des raisons diverses, nous avons perdu notre équilibre, nous avons besoin d’un soutien, d’un contact, d’une parole rassurante. Ou nous en avons simplement envie parce que ça va « à peu près », mais il est quand même un peu dur de rester optimiste en ce moment. Alors nous repensons à cette personne qui nous a souvent assuré que nous pourrions compter sur elle. Nous espérons qu’elle nous recontacte par magie pour ne pas avoir réclamer, ce que nous détestons. Cela n’arrive pas. Nous avons quand même grandi un peu, alors nous faisons cet effort, d’aller demander de l’aide, au risque – démesurément plus redoutable puisque nous sommes déjà en souffrance – d’être rejetés.

Mais la personne ne comprends pas. Elle n’écoute pas. Elle a tellement l’habitude de pouvoir nous raconter ses problèmes qu’elle s’y lance, sans nous laisser le temps d’exposer les nôtres. Et nous pensons : « comment peut-elle ne pas comprendre ? comment peut-elle être aussi égoïste ? comment peut-elle croire que nous sommes miraculeusement épargné de tout problème ? »

Et la dignité outragée prend place dans tout notre mental. Nous sommes offensés, déçus, nous avions pourtant tant donné, quand trouverons-nous enfin quelqu’un digne de ce merveilleux cadeau, quelqu’un qui sache se faire aussi disponible pour nous que nous l’avons été pour lui/elle ? La colère monte et le doorslam se prépare… l’accumulation des déceptions de ce type, année après année, participe à sa puissance, à son caractère définitif, à notre dégoût croissant pour l’humanité, notre désintérêt pour son devenir alors même que nous l’aimons fondamentalement, à notre énervement face à nous-mêmes qui ne cessons de retomber dans le même écueil.

Nous en venons à détester précisément cette qualité de souci de l’autre qui est notre essence, autant dire que nous en venons à nous auto-détester, à travers cette personne qui nous confronte à notre impuissance. Nous avons tant donné et cela n’a servi à rien. Nous avons cherché à améliorer la qualité de ce que nous donnions (temps, conseil…) et cela n’a servi à rien. Nous n’avons servi à rien. Nous sommes seuls, entourés d’égoïstes.

Le pic de colère se produit, accompagné ou non d’un doorslam de la personne concernée, qui n’y comprend rien – ce qui nous énerve encore plus, c’est pourtant tellement évident 😉 – , en tout cas accompagné d’une bonne crise de larmes, d’une période de sport intensif ou de binge watching et de nourriture aussi grasse et sucrée que possible, de shopping…
Et puis nous nous calmons. Nous ne voyons pas que nous avons donné le bâton pour nous faire battre, et le cycle recommence.

J’ai fait ça pendant des années. C’est encore ma tendance par défaut, même si je travaille dessus. Seulement voilà, il y a cette citation d’Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »

Alors, certes, le monde est mal foutu, les gens aussi, mais bon, nous les premiers puisque nous avons cette folie de croire qu’en continuant à agir de cette manière, un miracle va se produire et nous allons finalement trouver une personne « digne de nous » (et dieu sait qu’il y aurait beaucoup à dire sur cette simple notion, en terme d’égo… le discours sur la rareté et le caractère unique des INFJ « special snowflake » ne nous rend certainement pas toujours service).

Il n’y a pas trente-six manières de sortir du cycle. Il n’y en a qu’une – et elle ne plaira pas à tout le monde – c’est de reconnaître que, quelque soit la puissance que nous attribuons à notre volonté, à notre mental, son impact sur le monde est limité. Nous n’avons pas le pouvoir de transformer les gens. Nous pouvons les accompagner, les aider un peu, mais l’essentiel du travail, ils doivent le faire eux-mêmes, si et quand ils le souhaitent.

L’un de nos problèmes est certainement le fait de voir leur potentiel, et d’agir en fonction. Mais quelqu’un peut avoir des qualités extraordinaires et un très grand potentiel, sans être en état de nous donner au quotidien ce dont nous avons besoin. Il est essentiel pour nous de nous souvenir de regarder la « surface » d’une personne, sa façon d’agir et non seulement les raisons pour lesquelles elle agit ainsi, son passé douloureux, etc. Parce que c’est le quotidien que nous partageons et qu’il vaudrait mieux pour nous qu’il soit agréable et respectueux. Parce qu’il/elle ne réalisera peut-être jamais son potentiel et que nous risquons alors de lui en vouloir. Parce que nous privilégions l’intuition introvertie (Ni), mais la réalité du monde advient dans la sensation extravertie (Se)…

En revanche, nous pouvons agir sur nous-mêmes. Nous pouvons reconnaître que si notre façon de faire ne fonctionne pas – comme cela nous a été prouvé de façon répété – c’est peut-être, peut-être, que ce n’est pas la bonne.

La question n’est pas de renier l’idéal : bien sûr, dans un monde idéal, notre méthode fonctionnerait. Bien sûr, ce serait plus beau et plus juste. Seulement, nous ne sommes pas dans un monde idéal. Nous sommes dans un monde fondamentalement imparfait (Se), où la notion d’idéal (Ni) n’existe que parce que son contraire existe.

Alors nous pouvons nous tendre comme des arcs vers cet idéal, au risque de nous briser, ou bien nous pouvons reconnaître la réalité et ployer comme le roseau. Ce qui nous nous empêche pas, nous, de pousser vers l’idéal, mais en nous adaptant. En n’attendant pas l’impossible et en laissant à de bonnes surprises la place de survenir.

Fondamentalement, lorsque vous vous raidissez comme la justice, libérez une colère dévastatrice et perdez une personne avec qui vous aviez un quotidien sympathique, est ce que cela vous rend heureux ? A court terme, vous avez posé un ultimatum, vous vous êtes senti dans votre droit, puissant. Mais à long terme ? à long terme, vous avez perdu quelqu’un que vous aimiez bien et ouvert une plaie qui se ré-ouvrira à chaque fois que ce produira un événement similaire. Et cela se reproduira, car la nature humaine est ainsi faite.

Si avoir raison est ce qui est de plus important à vos yeux, je ne sais pas pourquoi vous lisez cet article, vous pouvez arrêter.

Si vous souhaitez vivre en paix et être heureux, alors, je crains qu’il ne faille renoncer à ce sentiment d’avoir raison et d’incarner la justice intraitable…

Comment faire ? En établissant nos limites, d’abord. J’ai souvent mentionné l’article de Mark Manson sur les limites, je ne peux que fortement vous inciter à le lire, il est très juste. L’un des problèmes du comportement que je citais ci-dessus est qu’il rend l’autre responsable de notre bien-être. Cela ne peut pas fonctionner, même avec le meilleur ami du monde, car il a ses propres problèmes, nous ne sommes pas au centre de son univers, c’est tout. Plus tôt nous l’accepterons, plus vite nos relations s’apaiseront.

La crise, lorsqu’elle se produit, n’est que l’émergence d’un problème sous-jacent. Vous avez l’impression que tout va bien parce que les crises sont rares, vous pensez peut-être que lorsque vous expliquerez les raisons de votre colère à votre ami(e), il comprendra et changera et donc qu’il n’y aura plus de problème (et ce sera peut-être le cas, au moins sur le moment) mais tant que les comptes s’accumulent sur la petite balance, vous créez les conditions pour que la crise suivante surgisse.

Établir nos limites repose sur une règle fondamentale, une seule :
Ne donner que ce que nous sommes prêts à donner librement, sans attendre de contrepartie.

Et croyez-moi, c’est loin d’être aussi simple que cela en à l’air. D’abord cela peut nous sembler égoïste. Mais inversons la perspective : vous avez un problème, vous en parlez à un ami qui vous écoute et celui-ci vient vous voir plus tard en réclamant votre aide à un moment où vous ne pouvez absolument pas la lui donner, pour des raisons qui n’appartiennent qu’à vous. Plus caricaturalement (mais c’est du vécu), un ami fait plein de choses pour vous alors que vous ne lui avez rien demandé. Est-il juste que celui-ci ou celui-là réclame – ou sous-entende –  que vous lui devez votre aide parce que lui-même vous a aidé ? Vous n’avez signé aucun contrat et l’amitié repose sur la bonne volonté de chacun. En poussant le trait, cela ressemble un peu à un pacte avec le diable « je te donne ce que tu veux, mais plus tard, je viendrai réclamer mon dû ». Est-ce vraiment sur une base de ce type que vous voulez construire vos relations ?
Accorderiez-vous vraiment de la valeur à quelqu’un qui vous aimerait non pour ce que vous êtes mais pour ce que vous avez fait pour lui ? Serait-ce vraiment de l’amour ?

Autre problème : comment savoir si je suis prêt à donner librement ? Parfois il est évident que oui, parfois il est évident que non. Mais il y a toutes ces zones de flou, lorsque nous sommes fatigués, mais que c’est quelqu’un de vraiment important pour nous qui demande, mais demain nous avons un programme très chargé et il faut décider là, maintenant, tout de suite. Nous sommes seuls à pouvoir trancher. Personnellement, je ne suis pas encore très au point, mais il me semble que j’ai progressé, et je sais pourquoi : je prends plus soin de moi au quotidien. Je préserve du temps pour moi, pour me « poser », lire, me promener. Je dis régulièrement « non » à des invitations et je me mords parfois encore les doigts de ne pas l’avoir fait 😉 . Et ce temps que je passe avec moi-même me permet de mieux me connaître, d’anticiper mes besoins et de savoir quand je suis disponible pour quelqu’un. Ou quand c’est suffisamment important pour que je m’y force, même si ce n’est pas le moment idéal. Ce n’est pas parfait, c’est un apprentissage au long  cours, mais peu à peu, mes relations s’apaisent et je me sens mieux.

Ce que je suis en train de découvrir, progressivement, c’est un problème de dosage dans mes relations. En ne posant pas de limites au début, en voulant être trop généreuse, je suis trop laxiste… mais lorsque je « redresse la barre », je suis trop dure, pour moi comme pour l’autre. Apprendre à poser des limites, c’est chercher un équilibre en disant dès le départ « je n’accepterai pas tel ou tel comportement/requête de ta part, en revanche, je serai heureuse de faire ça pour toi ». Si cela convient à l’autre, tant mieux, s’il n’est pas d’accord, tant pis. Poser des limites veut aussi dire, quelque soit l’affection qu’on a pour quelqu’un et la conscience de ses difficultés, se retirer d’une relation qui ne les respecte pas. Il me semble que c’est Ally Hamilton qui dit souvent que nous apprenons aux gens comment nous traiter à travers ce que nous acceptons ou refusons de leur part…

 

 

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Nous ne sommes pas seuls…

Vous le savez, de temps en temps, j’aime bien faire un petit « point d’étape » sur la fréquentation du blog. Parce que c’est quand même un sacré signe de reconnaissance et que ça fait plaisir.
Et aussi parce que Facebook me harcèle, en tant qu’admin de la page correspondante, pour que je « booste » mes posts en payant. Et puis quoi encore ? En fait, la fréquentation du blog croît, pour l’instant, lentement mais sûrement…
En fin d’année dernière, au vu des stats, je me disais que ce serait sympa de dépasser les 10 000… objectif atteint !
Vous avez été …. plus de 11 400 à visiter ce blog en 2016 ! 11 400… avoir pu toucher tant de monde, de près ou de loin, ça me donne un peu le vertige. Voire beaucoup. Et ça me fait super plaisir.
Plus important encore, la petite communauté qui est en train de se former ici ou sur la page facebook, nos échanges… ça a une valeur qui n’est pas quantifiable. INFJ, INFJ-friendly ou simple curieux : merci à tous pour vos passages et votre participation !

et à bientôt, j’espère 😉

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Nouveaux départs et autres rites de passage…

Chères lectrices, chers lecteurs,

La tradition voudrait que je vous souhaite une belle et heureuse nouvelle année, pleine de bonheur et de fructueuses lectures, mais je ne vais pas tout à fait le faire. Je viens de l’écrire, d’une certaine manière, et je pense que vous me connaissez assez à présent pour savoir que mes vœux pour vous sont sincères.

Seulement je n’ai pas envie d’être politiquement correcte avec vous, je pense que vous méritez mon honnêteté… or, de fait, plus les années passent et plus ce rituel me semble dénué de sens. Si seulement, si seulement, on pouvait protéger les êtres qu’on aime grâce à ces formules… hélas, j’ai constaté une nouvelle fois que ce n’était pas le cas. Bien sûr, c’est aussi une pensée pour l’autre, un rappel de ce que l’on connaît les enjeux de sa vie actuelle, une forme de bilan-prospective, mais y a-t-il vraiment besoin de ce rituel dans une relation saine ? Je ne sais pas. Pourtant, contradiction interne (Fe ?) oblige, certains de ces petits messages m’ont fait plaisir aujourd’hui… et j’en ai tout de même envoyé.

Vous vous en doutez peut-être à la lecture de ce premier paragraphe, je ne suis pas franchement d’humeur « festive-champagne » alors si c’est votre cas, profitez-en, baignez-y, et attendez donc que l’euphorie soit un peu retombée avant de lire la suite.
Moi, je suis plutôt d’humeur « bilan »…

D’abord, à propos des « fêtes » de fin d’année. A mon propre dépit, cette période que j’ai longtemps adoré à tourné à l’aigre ces dernières années. Il me semble qu’elle cristallise le décalage entre mes attentes idéalistes (merci Ni-Fe) et la réalité (ah, Se…). J’adorais Noël, et je l’aime toujours pour les valeurs que cette période véhicule, l’importance de la famille, des « bons » sentiments, l’espoir… je suis heureuse d’avoir pu en profiter pendant des années sans prendre réellement, vraiment conscience, dans mes tripes, du fait que ce n’était pas le cas de tout le monde, mais hélas, je ne peux plus en dire autant, et les circonstances personnelles font que c’est devenu une journée presque comme les autres, teintée en doux-amer par le fait de savoir que ce devrait être une journée différente, un peu comme celle d’un anniversaire que personne ne vous souhaiterait.

Pour des raisons spécifiques le Nouvel An ne fonctionne guère non plus, puisqu’une partie conséquente des gens que j’aime est éparpillée de par le monde et que la plupart de ceux qui sont sur place ne partagent pas mon envie de réveillon festif (merci Fe…), ce qui me place face à l’alternative : festif (?) avec des inconnus ou non-festif (?) avec des amis. Chaque année, je teste l’un ou l’autre compromis sans en être très satisfaite. Je ne sais pas si c’est l’âge ou juste une période (je l’espère, évidemment), et je fais des efforts pour paver la route vers un prochain Nouvel an plus satisfaisant, mais je suis obligée de faire ce constat pour l’instant… j’aimerais pouvoir changer ma disposition d’esprit pour être pleinement satisfaite d’un Nouvel An cocooning à la maison, mais je n’y suis clairement pas.

La période étant donc pour moi calme et plutôt propice à cela, je me suis lancée dans un certain nombre d’activités de rangement externe et interne. On peut probablement parler d’ « Obsession » sur ce plan, depuis quelques mois, disons depuis que mes perspectives professionnelles se sont à peu près stabilisées et les circonstances amicalo-familiales quelque peu apaisées. Je range pour faire le point sur la personne que je suis devenue et la façon dont je veux vivre, et quand comme moi on a du mal à faire des choix, qu’on a ouvert plusieurs « voies » intéressantes, c’est lent et difficile. Néanmoins, je pense que c’est un bon exercice, notamment pour des personnes qui auraient eu à faire, comme moi, à un changement de carrière. Je ne peux que vous y encourager. Deux lectures m’accompagnent dans cette démarche : pour l’externe, le désormais célèbre « La magie du rangement » de Marie Kondo, pour l’interne, « Yoga’s Healing Power : Looking Inward for Change, Growth, and Peace » d’Ally Hamilton. Les deux ne sont pas des inconnues : j’avais longuement feuilleté le premier ouvrage il y a déjà plusieurs mois et adopté certains de ses points de vue, et j’ai déjà traduit sur ce blog des articles d’Ally Hamilton, que je considère comme un de mes maîtres à penser (et à écrire) pour l’humanité et la simplicité des articles de son blog « Yogis Anonymous » que je lis quasi-quotidiennement.

J’ai l’impression d’énoncer des évidences, mais je ne saurais assez souligner à quel point les deux démarches, externes et internes, se recoupent. Ce qui est d’ailleurs un point de vue tout à fait yogique (pour rappel, le terme « yoga » en sanskrit signifie l’ « union », le « joint », et fait référence entre autres à l’un des aspects du yoga, qui consiste à tempérer le mental grâce aux exercices physiques). Ranger physiquement vous confronte à ce que vous avez accumulé, consciemment ou non, et à ce qui fait votre identité propre. Je ne souscris pas aux aspects les plus radicaux de la méthode de Marie Kondo, en tout cas, je ne me sens pas prête à les mettre en pratique, mais en revanche, son idée de « ne conserver que les objets qui vous mettent en joie » est un trait de génie, à mon avis. Tous n’accrocheront sans doute pas aux concepts semi-animistes qui parsèment l’ouvrage, mais je dois reconnaître qu’ils ne sont pas pour me déplaire. Je me souviens d’avoir été fascinée, lors d’un voyage en Chine, par la délicatesse des mouvements d’une serveuse de restaurant, qui tenait le moindre couvert comme un objet de luxe. J’ai souvent retrouvé cette notion, sous l’une ou l’autre forme, dans le monde asiatique (cérémonie du thé au Japon, par exemple), et bien que j’ai beaucoup de mal à modifier ma propre façon de faire, je suis convaincue que cette forme de respect pour l’objet, même banal, est une clé pour transformer son propre rapport à son environnement (une nouvelle fois, hello Se…).
Quant à l’ouvrage d’Ally Hamilton, qui n’existe qu’en anglais, c’est un petit guide pour faire le point, chapitre par chapitre, sur votre rapport à vous-même et aux autres. Chaque chapitre commence par un exemple personnel, dans la plus pure tradition de la littérature de développement personnel anglo-saxonne, puis une analyse plus générale, suivi d’une proposition de réflexion personnelle sur les sujets liés (« comment expérimentez-vous telle, telle ou telle situation ? Pourquoi ? », etc…) et d’exercices de yoga ou de méditation. Cela peut sembler très artificiel, mais c’est bien fait et ça fonctionne (en tout cas, la partie « journal » m’a permis de mettre le doigt sur des choses que je n’avais pas nécessairement formulées, malgré toutes mes tentatives d’introspection autonomes, ici et ailleurs). Je ne fais pas les exercices de yoga proprement dit qui me semblent quelque peu superflus puisque je suis des cours hebdomadaires donc je connais les sensations recherchées, mais j’ai peut-être tort…

Voilà donc ce qui va guider, pour moi, l’année qui commence : continuer à « ranger » mon univers et créer de l’espace pour de nouvelles expériences, rechercher celles-ci, rechercher tout à la fois la légèreté et la profondeur, et peut-être une nouvelle forme de joie…

https://yogisanonymous.com/yogas-healing-power
https://www.pocket.fr/tous-nos-livres/evolution/developpement-personnel/la_magie_du_rangement-9782266258968/

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A contre-courant

Le temps, la douleur et la mort. Imbriqués les uns dans les autres, indissociables de toute existence humaine, sources paradoxales de sens et d’incompréhension. Autant de questions, autant de réponses, pour chacun.

Certains choisissent les plaisirs, les voyages, l’éblouissement, aussi constants que leurs moyens le leur permettent. « Vivre ». Vivre autre chose que cette vie médiocre, le quotidien. Vouloir toujours plus, plus de biens, plus beaux, plus stimulants, plus, plus, plus… et oublier, oublier les douleurs, les difficultés, les réalités, oublier le monde dans un tourbillon de plaisirs, de non-déplaisirs, d’étourdissement.

On nous la souffle à l’oreille, cette solution. Acheter. Accumuler. Moderniser. Et nous serons plus heureux ! Heureux ? Dans cette spirale infernale, cette fuite en avant, ce samsara ? Cette addiction ? Quelques brefs instants, toujours un peu plus brefs, de satisfaction, avant le manque suivant. Une danse endiablée dans des chaussons rouges, jusqu’à l’épuisement.

Une solution, vraiment ?

Ne pas s’arrêter, ne pas penser, ne pas attendre. S’aveugler, de peur de ce que l’on pourrait voir.

De peur de l’abîme. Et danser, toujours, danser au bord de l’abîme, au risque de perdre l’équilibre.

Une solution, vraiment ?

Ou ralentir. Accepter. Se poser. Attendre. Expérimenter le temps qui passe, les minutes entre les pages qui se tournent, les feuilles qui tombent, la lumière qui se transforme.

Ralentir.

En dépit de ceux qui courent, courent, courent. Imposer l’instant. Choisir la solitude. Laisser le cœur s’alourdir, les souvenirs affluer. Pleurer. Laisser les émotions aller, venir. Voir surgir les démons, la Peur, l’Obligation, le Conformisme et leur résister. Rester sereine au milieu des vents qui se déchaînent, des émotions qui assaillent. Revendiquer cet espace de liberté, ce petit morceau de terrain :

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la paix.

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PerSpective

A deux reprises ces derniers mois, j’ai passé quelques jours dans le « monde des S ». Comprenons-nous bien : certes, au quotidien, notre vie est gouvernée par nos sens et nous vivons, matériellement parlant, dans un monde de sensations. Néanmoins, les personnes à dominantes intuitives dont je fais partie tendent à rechercher un environnement plus conforme à leurs préférences, que ce soit par le biais de la compagnie de personnes intuitives comme nous le sommes et/ou d’activités et/ou de lieux qui nous correspondent. Ceux-ci sont en général caractérisés par une stimulation sensorielle sinon basse, du moins stable et/ou « unique » (par opposition à une stimulation multi-sensorielle forte, type, euh… boite de nuit, où s’associent une musique très forte, les jeux de lumière, la proximité d’autres personnes, l’effet de l’alcool…). Certes, c’est peut-être exacerbé dans mon cas par le fait que je me reconnaisse dans un profil hypersensible et que je sois passée par des périodes un peu difficiles qui me poussent à privilégier ma zone de confort, mais quelque chose me dit que je ne suis probablement pas seule.
Si votre scolarité a ressemblé à la mienne, c’était un long tunnel d’incompréhension et de solitude. Le monde des S. Un univers cru, bruyant, souvent violent. Un univers dans lequel tout ce qui me paraissait important était dénigré, tout ce qui me paraissait superflu encensé. Ou personne ne s’intéressait à moi. Je n’avais qu’une hâte : en sortir.

Et pourtant, comme je l’ai écrit au début de cet article, je commence à y refaire délibérément des incursions. Ça me prend de temps en temps, d’abord parce que je me dis que je ne peux pas complètement ignorer la manière dont vit plus de la moitié de la population (les chiffres varient, mais les iNtuitifs sont toujours en infériorité numérique), ensuite peut-être à cause de ma fonction inférieure, la Sensation Extravertie, qui se développe tout doucement. Et puis dernièrement, eh bien …  il faut bien avouer que dans le monde des iNtuitifs  Introvertis, les périodes difficiles, elles sont particulièrement sombres. C’est un puit sans fond de questionnements existentiels… et parfois, je n’en peux plus, je veux un break, un peu de légèreté, rejeter le poids du monde que je sens sur mes épaules… et s’il y a une chose que les adeptes de la Sensation Extravertie savent faire, c’est changer les idées.

Je suis donc partie avec des amis dont la fonction dominante est la Sensation et j’ai réalisé quelque chose. Quelque chose de fort. Un changement de paradigme, même.
J’ai passé de bons moments (non, ce n’est pas ça, le changement de paradigme, hein ! j’ai déjà eu de bons moments avec des amis S, quand même…), je suis rentrée chez moi et j’ai commencé à réfléchir à ce que j’avais vécu. D’abord, je n’avais pas eu le temps de réfléchir pendant. Nous étions passés d’une activité à l’autre, d’une discussion à la suivante sans que je trouve un moment pour réfléchir à ce que je faisais ou ressentais. J’avais juste une impression d’ensemble positive, donc je me suis laissée porter.

J’ai réalisé après coup qu’il n’y avait eu aucun moment de ce que j’appelle « partage », c’est à dire ces discussions à cœur ouvert le soir avant de se coucher, le récit des derniers événements marquants de nos vies, etc. Ces partages sur lesquels je fonde mes amitiés les plus précieuses. Et pourtant, j’avais quand même passé un bon moment. Et c’est là qu’il y a eu le changement de paradigme : je venais d’expérimenter le partage « à la façon S(ensation) ».
J’ai soudain compris pourquoi j’avais eu une période difficile avec mon amie ESFJ, qui voulait qu’on « fasse des activités ensemble » alors que je n’avais qu’une envie « parler des choses importantes ». L’amitié pour les personnes gouvernées par la Sensation ne prend pas la même forme que pour celles qui le sont par l’iNtuition. Ce qui m’a conduit à ré-évaluer toute mon enfance/adolescence : je ne me sentais pas comprise par ceux qui m’entouraient parce qu’ils ne me posaient pas les questions importantes à mes yeux… mais elles ne l’étaient peut-être pas aux leurs…

Là où les iNtuitifs partagent leurs expériences, même lorsqu’ils ne les ont pas vécues ensemble, à travers l’analyse de ce qu’ils ont vécu et ressenti, les personnes qui privilégient la Sensation veulent partager des moments ensemble, même si ce ne sont pas les plus importants. Et cette succession de moments leur permet de « connaître » l’autre, à travers ses réactions, sans qu’il soit forcément important de connaître ses motivations.
Être ensemble.
Juste être.

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« Le goût des merveilles » d’Eric Besnard

Pendant longtemps, je n’ai pas aimé les films français contemporains. Je les classais en deux catégories : les mauvaises imitations de films américains et les histoires de coucheries. Je fais ça parfois, je décide à l’emporte-pièce. Ça doit être mon côté « J », qui me « joue » des tours… J’avais tort.
Il arrive qu’un film français soit sensible et délicat, à sa manière à lui. C’est le cas de ce « goût des merveilles ». Un film plein de lumière et de nature, de silences, de musiques, d’échanges qui n’ont pas besoin d’être explicités pour être compris.
Je ne sais pas si Elaine Aron (que je n’ai pas encore lue, mais dont je rapporte certaines idées ici ) a raison d’estimer que 20% de la population est hypersensible, mais je sais que tous ceux qui se reconnaissent dans la description des hypersensibles, dont je fais partie, devraient se retrouver dans ce film. Une attention aux détails, aux couleurs, aux textures, un certain sens de l’instant présent…
C’est un film-escapade, apaisant pour l’âme, rafraîchissant comme une limonade à l’ombre des arbres une chaude journée d’été…
Un film « vrai ».

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