Le comité d’amélioration personnelle

Depuis quelques jours, je suis en congé. Ça se passe toujours de la même manière, quand je reste chez moi en congé : ce n’est pas vraiment un « congé ». Les premiers jours, je suis enthousiaste : tout ce temps disponible ! Tout ce que je vais pouvoir cocher dans mon interminable liste de choses à faire, à ranger, à trier !

Alors je m’active, je coche, je suis contente, je fais des plans, j’ajoute des choses dans la liste. Bien sûr, de temps en temps, je traîne sur facebook, de temps en temps, je lis au soleil, de temps en temps, je regarde une série ou une vidéo. Mais en arrière-plan, je planifie : tel jour, il me manque un ingrédient pour le repas donc il faudra faire les courses avant, mais sur la route il y a telle boutique où il faut que je passe déposer tel objet, penser à prendre l’objet, à acheter l’ingrédient, prévoir le meilleur moment pour les courses…

Je vis seule : la litanie intérieure est interminable… épuisante… alors, invariablement, il y a ce moment où je craque. J’enchaîne les chapitres de série ou de livre jusque tard dans la nuit, je serai épuisée demain mais tant pis, je n’en peux plus, je veux cette gratification rapide, cet ersatz de connexion émotionnelle, parce que je n’y arrive pas. J’ai beau faire, j’ai beau essayer, je n’en peux plus, je me sens trop seule, ça déborde. Se déborde et réclame son dû.

Et le lendemain, les ombres arrivent. La culpabilité. La liste, plus longue encore de tout ce qui n’a pas été fait pendant toutes les heures de débordement. Plus lourde. Accusatrice.
Le découragement. Les heures et les heures passées à ranger, essayer, améliorer, nettoyer, trier. Et les progrès lilliputiens, les semaines, qui s’ajoutent au mois, qui s’ajoutent aux années. Quand est-ce que ça va s’arrêter ? Quand est-ce que ce sera suffisamment rangé et en ordre pour que je me sente vraiment bien chez moi ? Quand est-ce que le tri sera fait de ce que je garde de mon ancienne vie … ou pas ? Quand est-ce que je vais pouvoir commencer à juste « vivre » ?

Adolescente, j’ai lu le livre de John Gray « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus ». Il parlait d’un concept féminin : « le comité d’amélioration du foyer ». Ça m’a marquée, cette idée que les femmes cherchent toujours à améliorer leur intérieur, à en faire une extension représentatrice d’elle-même. Parenthèse : on est d’accord, c’est hypersexiste, mais dans un livre avec un titre pareil, vous vous attendiez à quoi ? Et je pense que c’est assez juste, même si heureusement, il y a des femmes qui se sentent suffisamment libres et bien dans leur peau pour envoyer balader ce genre de considérations. J’aimerais leur ressembler. Sauf que non seulement, je suis hyper loin du compte, mais chez moi, ça ne s’arrête pas au foyer, ça vaut pour moi aussi. Le comité d’amélioration personnelle. Je suis en éternel apprentissage. Je crois que c’est pour ça que je conserve une telle fascination pour les récits d’initiation, sous quelque forme que ce soit : un film de danse pour adolescente, un livre, un joli manga (le dernier en date, que je recommande chaudement, s’appelle « L’atelier des sorciers »)…

Voir des héros se débattre, surmonter les obstacles et parvenir à leur happy end me motive. C’est mon crédo personnel : on s’accroche, on sourit à l’extérieur, on sert les dents à l’intérieur, et on y va. J’ai largement passé l’âge, et pourtant, dans ma mythologie personnelle, il y a ancré cette notion qu’au bout du chemin, si je fais suffisamment d’effort, si je suis suffisamment « bien », alors, peut-être, peut-être, j’aurais droit au bonheur moi aussi.

Je sais que c’est un leurre. Je sais qu’il y a plein de gens heureux qui ne correspondent pas du tout à ma définition de « suffisamment bien » et c’est tant mieux pour eux. Je sais que le bonheur, au fond, c’est le sentiment de plénitude tout simple qui s’empare de moi quand je vais lire dans un parc au soleil ou quand je partage un repas avec des amis. Quand je connecte des idées et que soudain, tout un univers de réflexion s’ouvre devant moi.

Mais le répit est de courte durée et vite, très vite, revient la liste…

Je sais aussi que la liste est un leurre. Que me préoccuper de cocher les choses dans la liste m’évite de me confronter à un autre être humain, qui sera beaucoup plus complexe et imprévisible à « gérer » qu’une liste de tâches joliment écrite en turquoise sur écru, si longue et interminable soit elle. Que ce n’est pas parce que je suis « suffisamment bien » pour arriver au bout de la liste, que j’affronterai mieux les risques. Que je surmonterai plus facilement les blessures. Que j’oserai ouvrir mon cœur. Que je plairai à quelqu’un. Au contraire, d’ailleurs, la perfection effraie plus qu’autre chose.

Je sais tout ça, mais ça ne change pas grand-chose. Ou alors un changement lilliputien, imperceptible, chez moi comme dans mon appartement. L’envie d’un cocon est trop forte, de ce cocon « parfait » où pouvoir me réfugier et reprendre ma petite vie bien rangée, me ressourcer après chaque blessure, après chaque constat amer du fossé (infranchissable?) qui me sépare des autres.

Un cocon d’où régulièrement, pouvoir prendre mon envol et essayer, encore et encore, de trouver cette fichue connexion…

Un cocon où, régulièrement, pouvoir venir me ressourcer et essayer, encore et encore, de trouver ma paix intérieure…

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« L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir » de Rosa Montero.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un drôle de petit livre. Pas drôle-amusant, non, mais drôle-étrange-fascinant, une sorte d’OVNI littéraire.

Un peu de contexte, tout d’abord : en ce moment, je n’ai pas vraiment le temps de lire, pas ce que j’appelle les « livres-détente », en tout cas. Cependant, ayant passé un premier cap début février, j’ai décidé de m’offrir une récompense, un « petit » livre. Oui, je classe mes livres par catégorie. 200 pages, écrites pas trop petit, pas trop denses, ça entre dans la catégorie « petit » (vous ne voulez pas savoir ce que j’appelle un « gros » livre. Je vous assure, vous ne voulez pas…vous ne voulez pas non plus répondre à la question « un gros livre peut-il également être un livre détente pour l’auteur de ce blog ?  », en cinq heures et huit pages écrites à la main à l’encre foncée. Non, non. Moi non plus d’ailleurs 😉 ).

Ce livre est, je crois, l’un des plus petits sinon le plus petit qui se trouvait dans ma PAL (pile à lire, pour ceux qui ne fréquentent pas les blogs littéraires). Enfin, une de mes PAL et autres sacs, cartons et conteneurs à livres variés qui encombrent mon appartement 😉

Bonus, ce livre m’a été offert par une amie ENFJ qui m’est très chère, avec qui j’ai passé des heures à décortiquer le sens de la vie et à examiner au microscope le moindre événement de nos vies respectives, jusqu’à ce qu’elle parte rejoindre son amoureux (je vous rassure, nous ne nous sommes pas perdues de vue pour autant, mais le fait est que nous n’avons plus vraiment la possibilité de partager les petits riens du quotidien. Pour l’instant, en tout cas). Il lui avait fait penser à nos conversations.

Tout cela était fort prometteur. Le contenu annoncé était cependant déroutant et, pour tout dire, reste difficile à résumer, même après lecture. Il s’appuie sur le journal de Marie Curie, écrit après la mort accidentelle de son mari Pierre, à travers la lecture qu’en fait l’auteur… qui a elle-même perdu son compagnon. Vous l’aurez compris, c’est un livre qui parle de la mort, beaucoup. Mais ce n’est pas un livre triste. Aussi cliché que cela puisse paraître, c’est un livre qui parle de la vie à travers son négatif, la mort. Alors évidemment, il y a des passages qui résonnent avec la perte de vos propres êtres chers et parfois c’est un peu douloureux… mais c’est aussi un moment passé avec eux, quelque part. Un moment pour comprendre un petit plus ce qu’on traverse dans ces périodes là, un petit peu mieux, mais pas forcément beaucoup parce que fondamentalement, c’est indicible. En ce sens, c’est un texte précieux, car rares sont ceux qui portent sur ce sujet.

Il y a cependant beaucoup, beaucoup d’autres thèmes abordés. A mes yeux, c’est un (petit) défaut de ce livre : il part un peu dans tous les sens. Il y a plus d’un thème que j’aurais voulu voir creusé, mais c’est peut-être à l’image de la vie et des centres d’intérêt auxquels on s’attache un temps, puis qu’on délaisse avant d’y revenir plus tard. L’auteur l’a matérialisé d’une manière qui m’a déroutée au premier abord, puis finalement beaucoup plu : des hashtags ! Voici donc, façon teaser, ceux que j’ai préféré : #FaireCeQu’IlFaut, #PlaceDeLaFemme, #FaiblesseDesHommes (un grand cru !) et celui qui m’a le plus touchée, celui qui m’a totalement prise au dépourvu parce que c’est paradoxalement LE mot qui s’est imposé en moi alors que je me remettais lentement de mon dernier deuil : #Légèreté.

#Coïncidences (Lisez, vous comprendrez).

Il y aurait sans doute beaucoup d’autres choses à dire sur ce livre. La question de la #PlaceDeLaFemme, de la chercheuse en la femme et de la scientifique dans le monde – notamment, mais pas seulement, académique – y est traitée de façon particulièrement intéressante. La question de la création, notamment littéraire, comme dépassement de la finitude humaine aussi. Elle n’a pas de hashtag. C’est un peu dommage.

Ah, et puis c’est anecdotique, mais ce n’est, je crois, que le deuxième livre d’une auteur espagnole contemporaine que je lis… les deux partagent un ton chaleureux, dont je me demande s’il est typique, celui d’une amie de longue date avec laquelle on discute tard dans la nuit…

Pour finir, deux citations :

« [Définissant de belles obsèques : ] Elles ont servi aux vivants en prenant soin des morts »

Et ma préférée : « nous sommes les reliquaires des gens que nous aimons »

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Mes séries qui réchauffent le cœur…

Je réalise à l’occasion d’une discussion sur facebook qu’il y a un domaine que je n’ai jamais abordé ici : celui des séries télévisées. Comme beaucoup de personnes de ma génération, j’en regarde – beaucoup. Peu m’ont vraiment marquée, mais il y en a quelques unes qui ont une place très spéciale pour moi, notamment deux dont je voudrais vous parler aujourd’hui (je laisse de côté « Buffy », dans laquelle je ne suis pas sûre que ce qui me plaît tellement soit très INFJesque, mais si ça en intéresse certain(e)s, je pourrai y revenir).

Attention, roulement de tambours… les deux heureuses élues sont « Once and Again » et « This is us ». Quoi ? Vous n’en avez jamais entendu parler ? Allez, « This is us », peut-être quand même ? 😉
Si non, ce n’est pas vraiment surprenant, ce ne sont pas des séries « classiques », dirons-nous. Par classique, j’entends : qui jouent sur des ressorts qui marchent à tous les coups et font le succès de « Game of thrones » et consorts, comme la compétition, le sexe, l’humour, la violence. Ces séries là sont un peu plus exigeantes. On les regarde comme on se rend chez une personne aimée, avec une sorte d’attente sereine, elles nous réchauffent le cœur et donnent simplement envie de profiter de la vie. Un bonheur simple.

Toutes les deux sont centrées sur la vie d’une famille et parlent d’amour. Un amour humain, compliqué, maladroit, touchant. Un amour qui prend des formes très différentes : celui du couple, celui des parents avec leurs enfants, celui des frères et sœurs… dans une moindre mesure, celui qui unit les amis aussi.

Leur première difficulté, peut-être, c’est donc qu’elles ne comportent pas ou peu de gros rebondissements… mais c’est surtout qu’en parlant d’amour, elles abordent aussi des sujets difficiles : la séparation, le deuil, l’addiction, la difficulté à trouver sa place dans le monde. Dans les deux cas, cependant, on ne bascule jamais dans le pathos, c’est extrêmement bien dosé. Leur force, surtout, c’est le soin apporté aux personnages secondaires, qui permet de traiter une grande quantité de situations différentes, et les répercussions de chacune d’entre elles sur des personnalités différentes. Il n’y a dans aucune de ces séries un personnage auquel je m’identifie complètement, mais il y a des choses qui me parlent dans la plupart d’entre eux, ce qui les rend tous précieux à mes yeux.

Et puis, il y a les personnages masculins. Dans beaucoup de séries, l’émotion est l’apanage des femmes, le héros prendra au mieux un air tourmenté-constipé au moment d’avouer son amour et se dépêchera de retrouver ensuite un visage inexpressif permettant de mieux admirer ses abdos (oui, j’ai aussi regardé Vampire diaries, entre autres 😉 ). Mais dans les séries dont je vous parle, les garçons et les hommes ont des sentiments et ils les montrent, oui oui ! Ils les montrent différemment, souvent avec une certaine retenue – mais pas toujours – , parfois on les devine à travers leurs actions et leurs silences, mais ils sont bien là, et ils sont traités avec subtilité. Et ça c’est beau. Deux des principaux héros, Rick et Jack, sont des hommes qu’il est difficile de ne pas admirer, ne serait-ce que parce que c’est un sentiment qu’ils font naître chez la plupart des personnages qui les entourent, mais leurs propres doutes et faiblesses sont aussi soigneusement explorés, ce qui donne un tout autre relief à la notion de « virilité ».

Un petit peu de contexte à présent que j’espère vous avoir donné envie ! 😉 « This is us » est une série en cours de production, qui sera donc la plus facile à trouver, la deuxième saison est en cours de diffusion aux États-Unis. On y suit une famille composée de trois enfants qui ont 36 ans quand la série commence, mais aussi l’histoire des parents à leur naissance et pendant leur enfance, entre autres. Les thèmes de l’addiction et du racisme y sont très présents. L’un des acteurs, Sterling K. Brown, a récemment été récompensé d’un Golden Globe. Il est le premier acteur noir a l’avoir reçu pour un premier rôle masculin, et a souligné son appréciation pour son rôle, en faisant remarquer que ce rôle ne pouvait être tenu que par un homme noir et que ça le rendait d’autant plus précieux.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19562828&cserie=19992.html

L’autre série, « Once and Again », est plus connue en France sous le nom de « Deuxième Chance ». Elle sera plus difficile à trouver car elle date de 1999 ! Malheureusement, je n’ai jamais réussi à mettre la main sur des DVD zone 2… Elle a vu les débuts, entre autres, d’Evan Rachel Woods. La série raconte l’histoire d’une famille recomposée à partir du coup de foudre de deux parents, l’un divorcé, l’autre séparée. Son originalité tient entre autres à des temps de pause au cours desquels les personnages exposent leurs sentiments face caméra, en noir et blanc. Elle est aussi l’une des premières séries à avoir mis en scène une histoire d’amour homosexuelle entre adolescentes, avec baiser à l’écran.

http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=277.html

Voilà… j’espère que ça vous aura donné envie, surtout pour « This is us » ! n’hésitez pas à discuter en commentaires, à signaler vos propres favorites, etc. !

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Esprit de Noël, esprit de famille

Quand j’étais petite, Noël, c’était simple et magique.
On allait chez mes grands-parents, c’était déjà une fête en soi parce que je les adorais mais comme ils habitaient loin, je ne les voyais que deux ou trois fois par an.

Il y avait la lumière qui se reflétait sur les décorations du sapin à travers la porte en verre du salon, les cadeaux que j’apercevais en allant petit déjeuner, l’attente du reste de la famille, le moment d’hésitation intimidée avant – enfin! – d’aller déballer les mystérieux paquets.

Ensuite, les grands mangeaient pendant un temps interminable et on pouvait explorer nos nouveaux jouets entre les plats. La lumière tombait tout doucement alors qu’on se réunissait autour de la grande table débarrassée, la fatigue s’emparant des petits et le calme des plus grands.

Et puis on a perdu ma grand-mère, et un peu de l’esprit de Noël est parti avec elle.

 

J’ai grandi.

Et Noël est devenu de plus en plus compliqué.

Il y avait le stress de la course aux cadeaux, alors on a décidé de ne plus faire de cadeaux « pour les grands » (moi, la première des enfants, je reste « petite », malgré les années qui passent).

Le repas, pour lequel « cette année, on va faire simple, l’important c’est de passer un moment ensemble », n’était jamais si simple.

J’ai appris que Noël était loin d’être une évidence pour plein de familles, parce qu’elles étaient trop petites, trop grandes, trop éloignées, recomposées, décomposées…

Parce que ça ne veut rien dire pour certains, et beaucoup pour d’autres.
Parce que certains ont trop de cadeaux et d’autres pas assez.
Parce que certains n’ont pas les cadeaux qu’ils voudraient.
Parce que d’autres voudraient des cadeaux qui ne s’achètent pas…

J’ai appris que Noël était loin d’être une évidence pour ma famille aussi.

Cette année, Noël s’annonçait compliqué.

Il a eu lieu quand même, et bien lui en a pris.

Il y a eu des rires, du partage, des échanges.

Une jolie petite princesse dans une robe étoilée.
Une baguette magique.
De bonnes choses.
De belles choses.

Un Noël inespéré.

Pas parfait, bien sûr.
Il y avait la place vide, au bout de la grande table.

Il y avait toutes les imperfections qui sont les nôtres, les inquiétudes, les éclats de voix, les insatisfactions et les petits énervements.

Et pourtant, né quelque part, au milieu des enfants petits et grands,
et des enfants grandis trop vite,
ce sentiment de joie profonde.

La sensation d’en être emplie…
Et, peu à peu, réparée.

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Une INFJ célèbre : J.K. Rowling

Juste une recommandation rapide, aujourd’hui, dans ce « coin lecture » qui aura rarement été si bien nommé 😉  : l’émission de France Culture « La compagnie des auteurs » (que j’aime beaucoup alors que je n’aime pas la radio en général…) est consacrée cette semaine à J.K. Rowling.
Je viens d’écouter le premier volet de l’émission, qui revient sur la vie de l’auteur et ses influences, et c’est très intéressant lorsqu’on sait qu’elle se revendique INFJ (https://twitter.com/jk_rowling/status/579984118257229825).

On y apprend que Rowling aurait mis beaucoup d’elle-même dans le personnage d’Hermione – possible INFJ, de ce fait ? je ne me souviens pas d’avoir vu ou envisagé ce typage pour elle, mais il serait peut-être intéressant de relire l’ensemble en se posant la question. En tout cas, Albus Dumbledore, Minerva McGonagall et Rémus Lupin ont toujours eu mes faveurs…

Personnellement, j’ai souri à l’évocation de deux auteurs qui l’ont inspirée et ne sont autres que deux de mes auteurs favoris : Charlotte Brontë et Rudyard Kipling ; au récit – que je connaissais mais qui reste fascinant – de l’instant où elle a imaginé Harry Potter, sorti semblait-il, de nulle part, cape et baguette à la main… sorti, plus vraisemblablement, de son intuition introvertie qui l’avait patiemment préparé pour elle ; enfin, aux notions de destin et de liberté omniprésentes qui parleront à tout INFJ qui se respecte…

Et, parce que nous avons aussi reçu la sensibilité en partage, l’évocation de la maladie de sa mère a fortement résonné pour moi… une maladie qui a marqué son enfance et vraisemblablement contribué à donner aux romans leur ton sérieux, leur préoccupation constante de l’injustice et de la mort, leur message humaniste, sous couvert de « distraction ».

Pour écouter l’émission, c’est sur le site de France Culture ou par là : http://urlz.fr/65Gk

Je profite de ce post pour ajouter qu’étant occupée par un gros projet personnel pour les six prochains mois, je ne sais pas si je pourrai poster beaucoup ici pendant cette période.
En attendant, prenez bien soin de vous et … qui sait… créez vos propres merveilles ?! 🙂

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Une solution d’organisation pour les INFJ… et les autres : le BUJO !

Chères lectrices, chers lecteurs,

Avant les vacances, sur la page facebook du « Coin lecture des INFJ » (Si vous n’y êtes pas encore, c’est par ), je vous avais promis un petit point organisation… que voici ! Attention, ça va changer un peu de mes réflexions habituelles, puisque c’est très pratique, mais comme vous le savez, il faut honorer toutes nos fonctions cognitives, y compris notre fonction inférieure « Se » : « Sensing extraverti » qui concerne notre rapport à notre environnement immédiat.

J’ai lu récemment que, si l’on attend de chacun qu’il sache s’organiser, n’oublie pas ses rendez-vous et fasse son ménage régulièrement, eh bien… personne ne nous l’apprend vraiment ! (je crois que c’était Marie Kondo) « Range ta chambre » répètent nos parents… mais sans nous dire comment. L’organisation, c’est un peu pareil. Vous pouvez avoir la chance d’avoir eu une famille de pros du rangement dont vous avez inconsciemment intégré les méthodes, ou qu’une bonne fée spécialisée dans le domaine se soit penchée sur votre berceau, mais si ce n’est pas le cas, eh bien… vous n’avez plus qu’à faire ce que vous pouvez, tester des choses et espérer trouver un système qui marche pour vous.

Cela concerne tout le monde, mais pour les INFJ, ça me paraît particulièrement critique pour deux raisons : d’abord parce que nous avons un besoin important de savoir où nous allons, prévoir, etc., c’est le « J » de l’INFJ, ensuite parce que nous avons cette inférieure Se, qui fait que nous souhaitons vivre dans un environnement extérieur agréable sans forcément savoir par où commencer.

Il se trouve que je teste depuis mars un outil qui me paraît très bien répondre à nos besoins, dont je voulais donc vous parler, j’ai nommé : le « BULLET JOURNAL », abrégé en « BUJO » pour les intimes ! Je vois d’ici la moitié de mes lecteurs se demandant de quoi je peux bien être en train de parler… et l’autre se disant « ah, elle est tombée dans la secte » 😉
Le bujo, c’est un outil d’organisation qui fait fureur dans la blogosphère – surtout féminine, mais pas exclusivement. En résumé, c’est un carnet que l’on fait soi-même en fonction de ses besoins, qui permet de tout noter de façon très efficace, avec un index pour retrouver ses pages, des plannings pour le futur à 6 mois, pour le mois, la semaine, voir le jour en cours et des « collections » pour noter des informations thématiques sur un sujet (les séries que vous regardez et où vous en êtes, celles que vous voulez voir plus tard, l’organisation d’un voyage, etc.). Dans la mesure où les articles foisonnent sur les détails du fonctionnement, je ne vais pas m’y étendre ici, je vais juste vous mettre en lien la vidéo d’explication de l’inventeur de la méthode, Ryder Caroll, qui est très claire, ainsi que celle de Solange te parle (Spéciale dédicace pour les INFP qui me lisent) et vous pourrez chercher d’autres infos vous-même.
Ce que je veux faire, en revanche, c’est vous expliquer les avantages que j’y ai trouvé en tant qu’INFJ et en quoi ça peut nous aider. En général, je ne suis pas trop fan du « dernier truc à la mode », je m’en fous un peu (voire beaucoup). La première amie qui m’a parlé du bujo, je lui ai dit que j’aimais bien l’idée d’avoir un carnet – parce que j’adore papier, crayons et papeterie en général – mais que le concept de recopier cinq fois la même tâche parce que je n’avais pas eu le temps de la faire, sous prétexte qu’au bout d’un moment j’en aurais marre de recopier et donc je la ferai, ça me paraissait une perte de temps. Et je dois d’ailleurs dire que je recopie au minimum et que ça ne m’empêche pas de recopier quelques trucs depuis mars (eh, j’ai dit que c’était un outil d’organisation, pas la panacée universelle, hein ! ça ne va pas vous transformer radicalement, mais petit à petit, oui, j’y crois). Et puis il y a eu une deuxième amie avec des arguments un peu différents, elle m’a notamment parlé des « trackers » qui permettent de suivre une habitude, si mes souvenirs sont bons, et là, je suis devenue un peu plus curieuse. Je suis rentrée, j’ai fait quelques recherches en ligne et quelques heures plus tard j’ai attrapé un vieux carnet entamé dont il restait quelques pages vierges pour tester. Un deuxième vieux carnet fini plus tard, je viens de commencer mon 3ème Bujo dans un très beau carnet tout neuf que j’ai acheté exprès et contemplé avec amour en attendant de pouvoir l’entamer 😉

Alors, pourquoi c’est si bien ? D’abord, toutes les infos sont au même endroit, plus de post-it qui traînent : ça change la vie. Ensuite, c’est « customisable » exactement comme vous voulez, pour s’adapter à vos besoins. Je ne vais pas vous mentir, ça peut prendre un peu de temps de trouver la forme qui vous correspond, mais l’avantage c’est que vous pouvez changer de modèle d’une semaine ou d’un mois à l’autre jusqu’à trouver le vôtre. Enfin, comme vous le verrez très vite sur la blogosphère ou Pinterest, il y a une dimension créative qui peut s’exprimer. Évidemment, ça dépend du temps dont on dispose, moi je n’en ai pas forcément beaucoup, alors c’est surtout le fait d’utiliser des stylos avec des jolies couleurs, des surligneurs pastels, des stickers, des tampons et des scotchs décorés (washi tape ou masking tape) qui fait l’essentiel de ma déco pour l’instant, même si j’ai dessiné une jolie page de couverture à partir d’un manga. Ceci dit, quand je trouve un joli motif dans un livre ou un manga, ou bien un caractère japonais intéressant ou je ne sais quoi que j’ai envie de reproduire dans ma page du jour : hop ! ça fait une déco rapide et sympa. Et je sais que le jour où j’aurai plus de temps, ou simplement l’envie de dessiner, je pourrai me faire plaisir.

Le plus bel outil du bujo, pour moi, c’est ce qu’on appelle les trackers. C’est une sorte de tableau dans lequel vous pouvez suivre les habitudes que vous souhaitez mettre en place régulièrement. En tant qu’INFJ hypersensible, par exemple, je sais que j’ai besoin de moments de calme et de tranquillité pour me « poser », sinon au bout d’un moment je craque, je me sens paniquée par l’excès de stimulations extérieures et ça se termine par une énorme crise de larmes libératrices jusqu’au cycle suivant. Évidemment, je préfère éviter d’en arriver là : c’est épuisant, voire très gênant vis-à-vis de mon entourage car comme ce sont les stimulations extérieures qui me stressent, concrètement, cela veut dire que ce sont les invitations ou les moments avec des personnes que j’aime ou que j’apprécie qui fonctionnent comme déclencheurs de la crise. Allez expliquer à quelqu’un que vous l’appréciez vraiment, si, si, quand vous venez de pleurer pendant trois quart d’heure parce que vous n’avez pas envie d’aller chez lui ou de partager une activité… croyez-moi, c’est difficile (j’en profite pour remercier les amis qui me lisent de leur patience…).

Donc, dans mon tracker pour ce mois de septembre, il y a des petites cases à cocher chaque jour pour indiquer si j’ai : fait une petite méditation, si je me suis couchée avant minuit (manque de sommeil > déclencheur), si j’ai lu ou fait du coloriage plus de 30 min, si j’ai fait du sport, si je suis allée dans un parc ou dans la nature. Si les cases ne sont pas assez remplies, ce n’est pas bon signe sur le long terme, ça veut dire qu’il faut que je fasse un effort de ce côté là, ou en tout cas que je me surveille particulièrement : ce n’est pas le moment d’accepter une invitation de dernière minute ou autre…
Il y a aussi des cases pour indiquer les jours où je suis sortie ou bien ceux où j’ai fait une crise de stress (à long terme, ça me permettra de vérifier la corrélation avec le fait de prendre soin de moi, ce qui devrait être motivant 😉 ).
Ensuite, j’ai ajouté quelques cases pour mes projets persos : est-ce que j’ai avancé sur ce projet aujourd’hui (j’indique le temps que j’y ai consacré si je n’ai pas atteint mon objectif d’heures), est ce que j’ai réussi à ne pas manger trop de chocolat, … 😉
C’est une page que j’adore remplir !

Bien sûr, la base du bujo ce sont les pages quotidiennes dans lesquelles on indique les tâches à faire que l’on coche au fur et à mesure. Pour moi, ça fonctionne vraiment bien, même si comme je l’indiquais plus haut, j’ai encore des petits ratés 😉 ! J’adore le sentiment du devoir accompli quand je coche une petite croix et j’essaie désormais de faire au moins une tâche chaque jour. Si je suis fatiguée, ça peut être une petite tâche comme plier des vêtements ou lancer une lessive, mais je me suis rendue compte que le simple fait d’en faire une par jour me permettait d’alléger un peu mes week-ends et me rendait la vie plus agréable (non non, ce n’était pas si évident pour moi au départ…).

Ensuite, dans les pages quotidiennes, on peut écrire ce qu’on veut, alors moi, j’aime bien indiquer les événements marquants de la journée et surtout ce pour quoi je suis reconnaissante, selon le concept du « journal de gratitude ». Si je n’ai rien à dire, ce n’est pas grave, je ne note rien ce jour là, mais si j’ai passé une super soirée avec des amis, je le note, ou si j’ai eu un joli moment pour moi… je trouve intéressant d’envisager sa journée sous l’angle « qu’est ce qui c’est bien passé aujourd’hui ? », vu que les aspects négatifs, eux, sont toujours les premiers qu’on voit ! Ce qui n’empêche pas de les noter pour pouvoir passer à autre chose et les mettre à distance.

Et puis il y a les pages « collections » que je mets à la fin parce que je trouve ça plus pratique pour m’y retrouver, où je mets plein de choses et qui me paraissent assez révélatrices de ma vie 🙂 Il y a des suivis de séries, livres à lire (+ avis sur ceux-ci une fois lu et temps passé à le faire), films, expos, lieux à voir… dès que je trouve une référence intéressante, je l’y reporte. Un suivi des invitations (!) : qui, quand, est-ce que j’ai dit oui ou non et pourquoi… parce que j’ai du mal à gérer ma vie sociale et à préserver du temps pour moi, pour savoir si vraiment, cela fait trop longtemps que je n’ai pas vu quelqu’un. Il y a aussi des idées de cadeaux pour les amis ou la famille…

Enfin, des pages que je commence à ajouter et qui me paraissent très importantes : mes objectifs et réalisations. J’ai une mauvaise image de moi-même comme d’une paresseuse (en bonne introvertie qui veut rester chez elle) qui ne fait rien. De plus, j’ai tendance à compartimenter les aspects de ma vie, et à oublier un projet aussitôt terminé pour passer au suivant. Par exemple, si je pense à mes réalisations, je risque d’oublier ce blog, parce que je m’en occupe de façon très épisodique, alors que quand vous me dites qu’il vous aide, cela me rend très fière et qu’il me demande quand même du temps et de l’énergie ! Consulter ces pages me permet de constater qu’en réalité, même si parfois je prends du temps parce que c’est mon rythme, je me fixe des objectifs et je les suis. D’un coup d’œil, je peux voir qu’au printemps j’ai réalisé trois gros objectifs professionnels. Alors oui, forcément, il y a d’autres choses que je n’ai pas faites parce que les journées ne font que 24h…
Ça me rassure et me montre que j’avance, ce qui me paraît l’essentiel : je ne suis pas forcément pressée et j’estime très important, comme je le disais, d’aller à mon rythme et de ne pas me forcer (j’ai quand même fait un burn-out il n’y a pas si longtemps), mais en bonne INFJ, j’ai un projet pour toute la vie d’amélioration de moi-même/réalisation que j’éprouve le besoin de mener.

Comme ces pages me faisaient beaucoup de bien, j’ai aussi instauré des pages « point du mois » pour noter en quelques lignes les grands traits du mois qui vient de se dérouler, le positif et le négatif. C’est pareil, ça me permet de voir un peu où j’en suis. Ce qui m’amène à un autre intérêt du bujo, à long terme, qui est de pouvoir le feuilleter, revenir un peu sur ce qui c’est passé et faire le point. Cela permet de prendre conscience des grandes lignes qui constituent notre vie et de vérifier si nous plaçons nos priorités quotidiennes au bon endroit par rapport à nos valeurs et à nos envies : on a tendance à oublier qu’une vie, c’est souvent plus une succession de petits choix que de gros !

Voilà pour aujourd’hui, j’ai été très bavarde, mais ce sujet me tenait à cœur. N’hésitez pas à me dire en commentaire si vous aussi vous avez un bujo, si ça vous tente, si vous avez trouvé un autre outil qui marche bien pour vous…

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Dosage et lâcher-prise

Bonjour 🙂

Désolée pour ce long silence, les obligations professionnelles et remous personnels ne m’ont pas laissé le loisir d’écrire ce post que j’avais en tête depuis un moment. Je n’ai pas vraiment plus le temps, mais je vais le prendre quand même 😉

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un trait de caractère que je retrouve chez beaucoup d’autres INFJ, celui que j’appelle « la dignité outragée ». Cela ne s’applique sans doute pas qu’à nous, mais me paraît assez typique de notre fonctionnement. L’idée est la suivante : au quotidien, nous sommes plutôt faciles à vivre et accommodants, puisque nous privilégions l’harmonie dans nos relations. Nous aimons aider les autres, donc lorsqu’ils nous racontent leurs problèmes, nous les écoutons et essayons de leur apporter des solutions (souvent bien plus pertinentes que lorsque nous nous penchons sur nos propres problèmes). Bref, nous donnons, donnons, donnons. Et nous aimons ça, c’est vrai. Mais plus ou moins consciemment, nous faisons aussi les comptes, dans notre petite balance intérieure, parce que même si nous aimons ça, cela nous fatigue aussi. Nous sommes vidés après avoir écouté quelqu’un et absorbé sa peine et sa douleur. Et puis après tout, nous sommes des « J », ce qui indique que nous privilégions un fonctionnement basé sur « Judging », « juger ».

Et nos relations fonctionnent ainsi, durant un temps plus ou moins long, tant que nous ne pensons pas à notre petite balance. Lorsqu’une relation fonctionne bien, cette petite balance ne nous vient pas à l’esprit : nous prenons la peine de l’autre, mais notre ami(e) nous offre son soutien, son affection, son sourire et son oreille bienveillante. Tout va bien.

Seulement, il arrive parfois un moment où tout ne va plus bien. Pour des raisons diverses, nous avons perdu notre équilibre, nous avons besoin d’un soutien, d’un contact, d’une parole rassurante. Ou nous en avons simplement envie parce que ça va « à peu près », mais il est quand même un peu dur de rester optimiste en ce moment. Alors nous repensons à cette personne qui nous a souvent assuré que nous pourrions compter sur elle. Nous espérons qu’elle nous recontacte par magie pour ne pas avoir réclamer, ce que nous détestons. Cela n’arrive pas. Nous avons quand même grandi un peu, alors nous faisons cet effort, d’aller demander de l’aide, au risque – démesurément plus redoutable puisque nous sommes déjà en souffrance – d’être rejetés.

Mais la personne ne comprends pas. Elle n’écoute pas. Elle a tellement l’habitude de pouvoir nous raconter ses problèmes qu’elle s’y lance, sans nous laisser le temps d’exposer les nôtres. Et nous pensons : « comment peut-elle ne pas comprendre ? comment peut-elle être aussi égoïste ? comment peut-elle croire que nous sommes miraculeusement épargné de tout problème ? »

Et la dignité outragée prend place dans tout notre mental. Nous sommes offensés, déçus, nous avions pourtant tant donné, quand trouverons-nous enfin quelqu’un digne de ce merveilleux cadeau, quelqu’un qui sache se faire aussi disponible pour nous que nous l’avons été pour lui/elle ? La colère monte et le doorslam se prépare… l’accumulation des déceptions de ce type, année après année, participe à sa puissance, à son caractère définitif, à notre dégoût croissant pour l’humanité, notre désintérêt pour son devenir alors même que nous l’aimons fondamentalement, à notre énervement face à nous-mêmes qui ne cessons de retomber dans le même écueil.

Nous en venons à détester précisément cette qualité de souci de l’autre qui est notre essence, autant dire que nous en venons à nous auto-détester, à travers cette personne qui nous confronte à notre impuissance. Nous avons tant donné et cela n’a servi à rien. Nous avons cherché à améliorer la qualité de ce que nous donnions (temps, conseil…) et cela n’a servi à rien. Nous n’avons servi à rien. Nous sommes seuls, entourés d’égoïstes.

Le pic de colère se produit, accompagné ou non d’un doorslam de la personne concernée, qui n’y comprend rien – ce qui nous énerve encore plus, c’est pourtant tellement évident 😉 – , en tout cas accompagné d’une bonne crise de larmes, d’une période de sport intensif ou de binge watching et de nourriture aussi grasse et sucrée que possible, de shopping…
Et puis nous nous calmons. Nous ne voyons pas que nous avons donné le bâton pour nous faire battre, et le cycle recommence.

J’ai fait ça pendant des années. C’est encore ma tendance par défaut, même si je travaille dessus. Seulement voilà, il y a cette citation d’Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »

Alors, certes, le monde est mal foutu, les gens aussi, mais bon, nous les premiers puisque nous avons cette folie de croire qu’en continuant à agir de cette manière, un miracle va se produire et nous allons finalement trouver une personne « digne de nous » (et dieu sait qu’il y aurait beaucoup à dire sur cette simple notion, en terme d’égo… le discours sur la rareté et le caractère unique des INFJ « special snowflake » ne nous rend certainement pas toujours service).

Il n’y a pas trente-six manières de sortir du cycle. Il n’y en a qu’une – et elle ne plaira pas à tout le monde – c’est de reconnaître que, quelque soit la puissance que nous attribuons à notre volonté, à notre mental, son impact sur le monde est limité. Nous n’avons pas le pouvoir de transformer les gens. Nous pouvons les accompagner, les aider un peu, mais l’essentiel du travail, ils doivent le faire eux-mêmes, si et quand ils le souhaitent.

L’un de nos problèmes est certainement le fait de voir leur potentiel, et d’agir en fonction. Mais quelqu’un peut avoir des qualités extraordinaires et un très grand potentiel, sans être en état de nous donner au quotidien ce dont nous avons besoin. Il est essentiel pour nous de nous souvenir de regarder la « surface » d’une personne, sa façon d’agir et non seulement les raisons pour lesquelles elle agit ainsi, son passé douloureux, etc. Parce que c’est le quotidien que nous partageons et qu’il vaudrait mieux pour nous qu’il soit agréable et respectueux. Parce qu’il/elle ne réalisera peut-être jamais son potentiel et que nous risquons alors de lui en vouloir. Parce que nous privilégions l’intuition introvertie (Ni), mais la réalité du monde advient dans la sensation extravertie (Se)…

En revanche, nous pouvons agir sur nous-mêmes. Nous pouvons reconnaître que si notre façon de faire ne fonctionne pas – comme cela nous a été prouvé de façon répété – c’est peut-être, peut-être, que ce n’est pas la bonne.

La question n’est pas de renier l’idéal : bien sûr, dans un monde idéal, notre méthode fonctionnerait. Bien sûr, ce serait plus beau et plus juste. Seulement, nous ne sommes pas dans un monde idéal. Nous sommes dans un monde fondamentalement imparfait (Se), où la notion d’idéal (Ni) n’existe que parce que son contraire existe.

Alors nous pouvons nous tendre comme des arcs vers cet idéal, au risque de nous briser, ou bien nous pouvons reconnaître la réalité et ployer comme le roseau. Ce qui nous nous empêche pas, nous, de pousser vers l’idéal, mais en nous adaptant. En n’attendant pas l’impossible et en laissant à de bonnes surprises la place de survenir.

Fondamentalement, lorsque vous vous raidissez comme la justice, libérez une colère dévastatrice et perdez une personne avec qui vous aviez un quotidien sympathique, est ce que cela vous rend heureux ? A court terme, vous avez posé un ultimatum, vous vous êtes senti dans votre droit, puissant. Mais à long terme ? à long terme, vous avez perdu quelqu’un que vous aimiez bien et ouvert une plaie qui se ré-ouvrira à chaque fois que ce produira un événement similaire. Et cela se reproduira, car la nature humaine est ainsi faite.

Si avoir raison est ce qui est de plus important à vos yeux, je ne sais pas pourquoi vous lisez cet article, vous pouvez arrêter.

Si vous souhaitez vivre en paix et être heureux, alors, je crains qu’il ne faille renoncer à ce sentiment d’avoir raison et d’incarner la justice intraitable…

Comment faire ? En établissant nos limites, d’abord. J’ai souvent mentionné l’article de Mark Manson sur les limites, je ne peux que fortement vous inciter à le lire, il est très juste. L’un des problèmes du comportement que je citais ci-dessus est qu’il rend l’autre responsable de notre bien-être. Cela ne peut pas fonctionner, même avec le meilleur ami du monde, car il a ses propres problèmes, nous ne sommes pas au centre de son univers, c’est tout. Plus tôt nous l’accepterons, plus vite nos relations s’apaiseront.

La crise, lorsqu’elle se produit, n’est que l’émergence d’un problème sous-jacent. Vous avez l’impression que tout va bien parce que les crises sont rares, vous pensez peut-être que lorsque vous expliquerez les raisons de votre colère à votre ami(e), il comprendra et changera et donc qu’il n’y aura plus de problème (et ce sera peut-être le cas, au moins sur le moment) mais tant que les comptes s’accumulent sur la petite balance, vous créez les conditions pour que la crise suivante surgisse.

Établir nos limites repose sur une règle fondamentale, une seule :
Ne donner que ce que nous sommes prêts à donner librement, sans attendre de contrepartie.

Et croyez-moi, c’est loin d’être aussi simple que cela en à l’air. D’abord cela peut nous sembler égoïste. Mais inversons la perspective : vous avez un problème, vous en parlez à un ami qui vous écoute et celui-ci vient vous voir plus tard en réclamant votre aide à un moment où vous ne pouvez absolument pas la lui donner, pour des raisons qui n’appartiennent qu’à vous. Plus caricaturalement (mais c’est du vécu), un ami fait plein de choses pour vous alors que vous ne lui avez rien demandé. Est-il juste que celui-ci ou celui-là réclame – ou sous-entende –  que vous lui devez votre aide parce que lui-même vous a aidé ? Vous n’avez signé aucun contrat et l’amitié repose sur la bonne volonté de chacun. En poussant le trait, cela ressemble un peu à un pacte avec le diable « je te donne ce que tu veux, mais plus tard, je viendrai réclamer mon dû ». Est-ce vraiment sur une base de ce type que vous voulez construire vos relations ?
Accorderiez-vous vraiment de la valeur à quelqu’un qui vous aimerait non pour ce que vous êtes mais pour ce que vous avez fait pour lui ? Serait-ce vraiment de l’amour ?

Autre problème : comment savoir si je suis prêt à donner librement ? Parfois il est évident que oui, parfois il est évident que non. Mais il y a toutes ces zones de flou, lorsque nous sommes fatigués, mais que c’est quelqu’un de vraiment important pour nous qui demande, mais demain nous avons un programme très chargé et il faut décider là, maintenant, tout de suite. Nous sommes seuls à pouvoir trancher. Personnellement, je ne suis pas encore très au point, mais il me semble que j’ai progressé, et je sais pourquoi : je prends plus soin de moi au quotidien. Je préserve du temps pour moi, pour me « poser », lire, me promener. Je dis régulièrement « non » à des invitations et je me mords parfois encore les doigts de ne pas l’avoir fait 😉 . Et ce temps que je passe avec moi-même me permet de mieux me connaître, d’anticiper mes besoins et de savoir quand je suis disponible pour quelqu’un. Ou quand c’est suffisamment important pour que je m’y force, même si ce n’est pas le moment idéal. Ce n’est pas parfait, c’est un apprentissage au long  cours, mais peu à peu, mes relations s’apaisent et je me sens mieux.

Ce que je suis en train de découvrir, progressivement, c’est un problème de dosage dans mes relations. En ne posant pas de limites au début, en voulant être trop généreuse, je suis trop laxiste… mais lorsque je « redresse la barre », je suis trop dure, pour moi comme pour l’autre. Apprendre à poser des limites, c’est chercher un équilibre en disant dès le départ « je n’accepterai pas tel ou tel comportement/requête de ta part, en revanche, je serai heureuse de faire ça pour toi ». Si cela convient à l’autre, tant mieux, s’il n’est pas d’accord, tant pis. Poser des limites veut aussi dire, quelque soit l’affection qu’on a pour quelqu’un et la conscience de ses difficultés, se retirer d’une relation qui ne les respecte pas. Il me semble que c’est Ally Hamilton qui dit souvent que nous apprenons aux gens comment nous traiter à travers ce que nous acceptons ou refusons de leur part…

 

 

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