De la dépendance affective…

Un article d’Ally Hamilton – 23 janvier 2014
Traduit par Tia (source : http://www.facebook.com/yogisanonymous)

Je souhaite vous parler un peu de santé mentale et de bien-être. Parfois, au cours de nos vies, nous rencontrons des gens qui ont été profondément blessés. Cela peut résulter d’un traumatisme, d’abus ou de négligences. Cela peut venir du fait qu’ils ne sont pas particulièrement résilients. Une autre personne aurait peut-être vécu les mêmes expériences et affronté cette tempête sans en ressortir avec autant de cicatrices, ou non. Quelle qu’en soit la raison, parfois une personne est en colère et sur la défensive au point de ne pouvoir concevoir la motivation de la gentillesse ou de la compassion. Vos tentatives de rassurer, d’être rassurant et aimant peuvent se heurter a du mépris. Pourquoi ? Parce que ce que vous demandez, quand vos ouvrez les bras en vous approchant d’une personne qui s’est réfugiée dans un coin, c’est sa confiance. Et pour certaines personnes, cette pensée est terrifiante. C’est un langage qu’ils ne comprennent pas. Tout est perçu comme une attaque : en lieu et place d’amour, ils fonctionnent à partir du contrôle et de la manipulation. Basiquement, certaines personnes sont trop blessées ou trop terrifiées pour aimer. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’espoir, juste qu’ils ont beaucoup à guérir et qu’ils y arriveront ou non.

Il n’est pas toujours facile de repérer une personne qui n’est pas prête à donner ou recevoir de l’amour. Et bien sûr, il y a des gens qui bataillent avec des troubles de la personnalités et des déséquilibres chimiques (NDT : « chemical » : « hormonaux » ? ) ; ce sont de vrais problèmes.

La plupart d’entre nous veulent être plus proches des autres, nous voulons une connexion, même lorsque nous ne savons plus trop quoi en faire lorsque nous l’avons obtenue.

Donc, vous croisez le chemin de quelqu’un qui paraît vouloir se rapprocher de vous. Et c’est probablement le cas. Cette personne n’a juste pas encore les outils requis pour une réelle intimité. Et je ne parle pas seulement d’une relation amoureuse, là. Vous pouvez développer une amitié avec quelqu’un et vous sentir très proche de cette personne jusqu’à ce qu’il y ait un conflit. A ce moment, vous pourriez être surpris que votre ami se retourne contre vous ou vous repousse sans explication. La peur est une force triste mais parfois puissante. Tout le monde ne peut pas se permettre d’être vulnérable. Je pense qu’il est nécessaire pour cela d’avoir un cadre de référence qui vous permette de vous sentir en sécurité, ou d’avoir fait un gros travail de guérison pour mettre en jeu votre cœur délicat si votre passé est douloureux. C’est encore plus compliqué dans le cas des relations amoureuses, parce que vous avez pu être emporté par les débuts. Même une personne profondément blessée peut se trouver prise dans un déferlement hormonal. De sorte que vous avez pu vous projeter avec enthousiasme et vous prendre un mur de brique en pleine figure quasi sans avertissement.

Dans tous les cas, ce que je veux dire, c’est que vous ne pouvez pas sauver les autres. Votre amour ne suffira pas à réécrire toute l’histoire douloureuse de quelqu’un et à faire en sorte que cela aille mieux. Chacun doit arriver à ce moment où il prend conscience qu’il doit changer parce que la vie sera invivable s’il continue ainsi. Les gens qui ont été traumatisés peuvent reproduire les mêmes mécanismes toute leur vie. Ils peuvent s’enfuir, nier, s’abrutir, aller de relation ratée en relation ratée de manière à éviter de se confronter à ce qui semble une peine insurmontable. Ils ont peur qu’y faire face les anéantisse alors qu’en réalité, c’est ne pas y faire face qui produit ce résultat. Mais vous ne pouvez pas en convaincre une autre personne. C’est un travail intérieur. Si vous vous empêtrez dans une relation avec quelqu’un qui ne peut pas s’ouvrir à l’amour, vous devez vous sauver. Parfois, s’aimer soi-même, cela veut dire devoir aimer de loin des gens que l’on voudrait sauver à n’importe quel prix. Dans le cas contraire, vous vous rendrez malade à essayer de raisonner quelqu’un qui ne veut pas du raisonnable. Certaines personnes ont besoin de relations passionnelles (NDT : « drama »), c’est ce dont elles ont l’habitude, ce qu’elles connaissent. Certaines ont besoin de se mettre en colère parce que sans cette force qui les conduit, sans ce bouclier, elles pensent qu’elles pourraient mourir. Certaines veulent absolument se battre et ne s’arrêteront pas avant d’avoir obtenu un conflit. Ce n’est pas personnel (ça n’a rien à voir avec vous ou quoique ce soit qui vous manquerait), mais vous pouvez en sortir avec vos propres blessures, qu’il vous faudra guérir, et cela, c’est personnel.

Et il serait bien aussi de réfléchir à votre propre participation à cette relation, de façon à comprendre vos propres mécanismes et à prendre en compte le fait qu’il puisse y avoir en vous la croyance profonde que vous ne méritez pas d’être traité avec amour et gentillesse.

Je pense qu’il est important de savoir ceci, spécialement si vous avez une mentalité de sauveur ou que vous adorez vous sentir utile. Vous ne remplirez jamais le vide crée par une blessure émotionnelle. Si une personne doute de sa valeur, ne se croit pas aimable en son for intérieur, vous ne pouvez pas arranger ça. Mais vous pouvez vous faire affreusement blesser en essayant. Je reçois tellement d’emails de gens impliqués dans des relations dans lesquelles ils se laissent maltraiter, contrôler, manipuler ou abuser verbalement, émotionnellement ou physiquement, parce qu’ils voient le potentiel de leur partenaire. Ils peuvent voir la peur. Ils peuvent voir l’enfant qui n’a pas reçu l’amour, l’affection, l’environnement dont il avait besoin.

Je comprends. Cela suffirait largement à vous briser le cœur, et c’est probablement ce qui se passera. Mais vous ne le réparerez pas. C’est à eux de le faire. Et votre tâche c’est de vous retirer de l’équation pendant ce temps-là. Vous ne pouvez pas répondre à de la peur avec de la logique. Vous pouvez faire rugir le moteur mais ça ne vous mènera nulle part. Vous ne pouvez pas faire sortir une personne de ce cycle grâce à des paroles, vous ne pouvez pas la prendre par la main et l’en tirer, vous ne pouvez pas la menacer et croire que ça va marcher. Vous pouvez juste l’aimer, c’est tout.

Si vous vous autorisez à rester dans le filet de sa peur et de sa manipulation, vous commencerez sans doute à vous sentir devenir fou vous-même. Parce que pour elle, sa logique fait sens. Une personne terrifiée a besoin d’avoir raison, elle a besoin de croire en sa vision du monde, donc il faudra que vous ayez tort. Et si votre cœur est en jeu, vous remettrez peut-être réellement en question votre santé mentale. Surtout si vous êtes amoureux. Parce qu’une partie de vous veut avoir tort. Si vous avez tort, cela veut dire que vous pouvez arranger cette situation, que vous contrôlez quelque chose. Mais si vous êtes pris dans une relation avec quelqu’un qui ne peut recevoir d’amour, au fond de vous, vous le savez. Vous le savez parce que vous êtes épuisé, frustré, stressé et déprimé. Ou surexcité. On ne peut tout simplement pas négocier avec la peur. Elle prend ses prisonniers et ils doivent se libérer eux-mêmes.

Avec amour, Ally Hamilton

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