Créer de l’espace / Ally Hamilton

Un article d’Ally Hamilton – 28 février 2014.  Traduit par Tia
(source : http://www.facebook.com/yogisanonymous)

Devenir moins réactif et plus réceptif est un aspect important de la pratique du yoga. Apprendre à expérimenter des sensations intenses calmement peut vraiment vous changer la vie. Tant de gens parcourent le monde en victime des circonstances : si les choses vont bien, ils sont contents ; si les choses ne se passent pas comme prévu, ils sont malheureux. Si quelqu’un dit quelque chose ou fait quelque chose d’inconsidéré, ils partent en vrille. La vie peut être, et sera probablement, une expérience de hauts et de bas si vous ne trouvez pas un moyen de vous ouvrir à la fois aux choses agréables et à celles qui sont décevantes, exaspérantes, qui vous brisent le cœur ou sont inattendues.

Vous ne pouvez pas contrôler ce qu’une autre personne va faire, dire, vouloir ou ce dont elle va avoir besoin. Vous ne pouvez pas contrôler ce que la vie va mettre sur votre route. Mais vous pouvez choisir la manière dont vous réagirez à ce qui vous est donné. Et il y a tellement de pouvoir là dedans ! Une grande partie de celui-ci réside dans le fait de créer un espace entre un événement et votre réponse à celui-ci. Une réaction vient en général de votre passé. Vous saurez que vous êtes en train de réagir si vous ressentez une charge émotionnelle forte et une perte de contrôle. Une réponse vient de votre présent. Quelque chose est en train de se produire et nous répondons à cette chose elle-même, dans le présent, sans y entraîner nos vieilles histoires. Lorsque nous nous sentons provoqués et extrêmement vulnérables, notre tendance est à agir de manière défensive. A nous battre pour nous mêmes. Mais si une personne aimée vous a énervé par inadvertance, ne serait-il pas bien d’avoir l’espace de lui laisser le bénéfice du doute ? De faire une pause et considérer la source de votre réaction ? D’examiner vos propres sentiments et de voir ce que ça a soulevé en vous, avant d’exploser et de dire ou faire quelque chose que vous regretterez ? Et si un inconnu vous coupe la route sur l’autoroute, voulez-vous vraiment lui donner le pouvoir d’accroître votre tension artérielle ? Si votre chef dit quelque chose d’inconsidéré, voulez vous lui permettre de ruiner votre après-midi, de vous voler des heures que vous ne récupérerez plus jamais ?

Il y a un beau concept au cœur de la thérapie relationnelle Imago (NDT : je ne connais pas, donc je ne cautionne pas. Pour les curieux, voir : http://www.imago-therapie.com/). L’idée est qu’une relation se produit dans l’espace entre vous et une autre personne. Pas seulement les relations amoureuses. L’espace entre vous et vos enfants, vos frères et sœurs, vos parents, vos amis et collègues, et votre postier. L’espace entre vous et quelqu’un d’autre. Et l’idée est que vous pouvez choisir ce que vous voulez mettre dans cet espace. Vous pouvez décider de le remplir de vos frustrations, déceptions, colère, ressentiments, ennui. Ou vous pouvez le remplir de votre attention amicale, de votre amour, compassion, patience et volonté d’écouter et de voir vraiment.

Mais pour pouvoir faire ces choix qui nous ferons nous sentir bien, nous devons créer un petit espace de respiration entre ce qui s’est produit et ce que nous allons faire (ou non) à ce sujet. Si vous êtes dans une perspective de combat ou de fuite, il n’y a pas de choix : vous combattez ou vous fuyez. Mais si vous avez une pratique qui vous apprend à respirer lorsque vous vous sentez en position instable, la respiration crée de l’espace. Votre capacité à remarquer les sensations dans votre corps lorsqu’elles se produisent, par exemple, peut suffire à vous ralentir, de manière à ce qu’au lieu de lancer quelque chose de blessant à votre partenaire, ou de crier votre frustration à votre enfant, vous tourniez votre attention sur votre respiration hachée, votre cœur battant, la sensation du sang qui vous monte à la tête. Et peut-être même que vous arriverez à exprimer ce qui est en train de se passer à ce moment. Comme « j’ai le cœur qui bat à toute allure, j’ai du mal à respirer et mes épaules sont crispées au point d’atteindre mes oreilles. Ma mâchoire est contractée et mes poings serrés. Ce n’est probablement pas un bon moment pour que nous parlions, j’ai besoin de quelques minutes » (Si vous parlez à vos enfants, un simple « j’ai besoin d’une pause » suffira 😉 ). Et juste ainsi, vous obtenez de l’espace et du temps pour observer ce qui est en train de se produire en vous.

Peut-être que vous réaliserez que l’événement d’aujourd’hui vous rappelle quelque chose de très vieux. C’est peut-être un thème récurrent dans votre vie. Peut-être que quelque chose dans l’interaction vous fait vous sentir méprisé, invisible ou pas entendu. Peut-être que vous réagissez à quelque chose d’ancien, qui vient d’être réveillé. Et il est possible que la puissance de votre réaction soit disproportionnée par rapport à l’événement lui-même. Les meilleures personnes peuvent dire ou faire quelque chose d’inconsidéré, parfois. Personne n’est la meilleure version de lui-même en permanence. Si quelqu’un vous aime vraiment, il ne vous blessera pas intentionnellement. Mais lorsque nous nous sentons déçus ou attaqués, nous pouvons avoir une tendance à blâmer, ou à assumer que nous connaissons les motivations de l’autre. L’espace vous donne la possibilité de réaliser ce qui est en train de se produire en vous.

Il peut ne pas sembler évident que douze respirations profondes dans la position de la grenouille vont vous aider à respirer plus profondément lorsque vous vous sentirez fou de rage, et pourtant cela se produit. Une sensation intense dans vos quadriceps n’est pas si différente d’une sensation intense dans votre poitrine. La rage crée des sensations dans tout le corps, non ? Les épaules remontent, la mâchoire se crispe, le cœur bat, le sang s’échauffe. Tout cela, ce sont des sensations. Si votre esprit et votre système nerveux sont habitués à gérer ce type d’expérience calmement, vous avez aussi la capacité de rester centré, sur votre axe. D’être conscient de vous-même. De vous connaître et d’être responsable de ce qui se produit en vous et de ce que vous décidez à ce sujet. […] Je vous envoie toute mon affection. Ally Hamilton.

Publicités
Cet article, publié dans Réflexions autour du yoga, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s