Vivre son hypersensibilité comme un atout

Chère lectrice, cher lecteur,

Si tu te définis ou que l’on te définit comme sensible, hypersensible, idéaliste, émotif/ve ou autre, quelles que soient les lettres du MBTI dans lesquelles tu te retrouves… nous avons sans doute quelques points communs.
Tu as probablement appris très tôt à cacher tes blessures, petites ou grandes, derrière un masque d’indifférence plus ou moins convaincant. A l’adolescence, lorsque les émotions sont exacerbées, encore plus. Tu t’es peut-être ouvert de quelques confidences à un(e) « meilleur(e) ami(e) » qui n’a pas su t’apporter le réconfort recherché, et tu t’es senti encore plus seul(e). Tu as intériorisé que verbaliser ta souffrance ne ferait que démultiplier celle-ci, t’exposant aux railleries et aux quolibets. J’espère, j’espère de tout cœur, qu’il y avait auprès de toi une personne au moins à qui tu pouvais vraiment parler. Mais que tu aies eu cette chance ou non, il est probable que tu te sois durci(e) et endurci(e) pour faire face à cet état, et que tu aies regretté plus souvent qu’à ton tour d’être « aussi sensible ». Ah, si tu avais pu tourner le curseur de quelques gradations, parfois, comme ta vie en aurait été facilitée, n’est-ce pas ?

Et pourtant… pourtant… ce « défaut » a ses avantages. Le plus évident, dont j’espère que tu profites au quotidien, est de t’aider à prendre soin de tes proches et de tes amis, notamment dans les moments difficiles. C’est un usage relativement « facile » et valorisant… qui a son revers : sais-tu, toi, demander de l’aide ?

Il m’a fallu des années, et je pèse mes mots, d’amis triés sur le volet et de confiance construite sur le long terme, pour commencer à aborder certains sujets. Des années à fixer mon téléphone en me demandant si je pouvais prendre « le risque » d’appeler, si ça changerait seulement quelque chose.
J’ai appris, progressivement. A passer outre ma gorge serrée et à forcer les mots à sortir. A ne plus pleurer seulement la porte refermée, à laisser voir ma, pardon mes, « faiblesses ». A accepter les doutes, après : « En ai-je trop dit ? ». Je n’y arrive pas toujours. Je n’y arrive pas avec certaines personnes. Mais j’ai appris et je continue à apprendre. Et le résultat a été au-delà de mes espérances. Le résultat, notre sensibilité en démultiplie l’effet, y compris lorsqu’il est positif.

La force qu’il nous donne, ce n’est pas une chose que l’on peut expliquer, dont je peux convaincre par un message sur un blog : il faut vivre cette expérience, encore et encore. Accepter d’être surpris, en bien, une nouvelle fois. Quand je parle « avec le cœur », je me sens toujours un peu ridicule, aussi convaincue que je sois de la nécessité de le faire. J’ai toujours peur qu’on se moque, je guette le regard en coin, le sourire narquois. Je surinterprète, parfois, à cause de cette peur. J’ai appris à la contrecarrer en abordant ces thèmes lorsqu’une personne ne va pas bien, par exemple, car je sais que c’est alors qu’elle est potentiellement la plus réceptive. J’ai appris à me répéter que si cela m’a aidé, moi, d’entendre ces paroles, cela peut en aider d’autres. Pourtant, je suis toujours aussi surprise que cela « marche », que la personne en face de moi soit sensible à mes mots. C’est un petit miracle, à mes yeux, régulièrement renouvelé.

Attention tout de même, c’est une procédure à manier avec précaution. Il s’agit de bien choisir de son confident, de le « tester » progressivement pour établir ce qu’il ou elle peut entendre, ce que l’on a envie de lui dire et dans quelle mesure. Mais lorsqu’on y parvient, le sentiment de force et de libération qu’on en tire n’a pas de prix !
J’espère de tout cœur que toi aussi, tu as des personnes spéciales dans ta vie qui sauront t’écouter. Si tu penses que c’est le cas, alors essaie, essaie jusqu’à ce que tu en trouves une, puis deux, puis trois. Plus tu sauras parler, t’ouvrir, plus cela sera perceptible pour les autres, et plus tu attireras des personnes susceptibles de te faire du bien. Ne t’en prive pas. La vie te semblera plus belle, et le temps des épreuves venu, tu sauras où chercher de l’aide.

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9 commentaires pour Vivre son hypersensibilité comme un atout

  1. Hardkey dit :

    Article très intéressant, étant moi même hypersensible (mais de ce que j’en sais, c’est relativement rare pour les ENTPs).
    Je pense qu’en tant que E, j’ai un certain avantage à ce sujet : partagez avec mes amis me semble plus naturel. Même si sans vraiment m’en rendre compte, je compartimente. En fait, je ne juge pas que les gens vont se moquer, plus qu’ils ne comprendront pas. Il y a nombre de choses que je dis à mon père et pas à ma mère, justement parce qu’il est plus à même de les intégrer.
    Après, je ne nie pas porter un « masque » : presque tous les gens qui ne sont pas extrêmement proches avec moi ont du mal à imaginer que je puisse seulement être déprimé. Ça me fait rire jaune. ^^
    Mais je suppose que ma sensibilité est aussi ce qui me permet d’être si euphorique par moment. Peut-être ces « crises » de tristesse ne sont-elles que la rançon. ^^

    • tyayana dit :

      Je me retrouve bien dans l’idée de « ils ne vont pas comprendre ». Ceci dit, parfois, j’ai eu des surprises… d’où l’idée de faire des tests de temps en temps avec des sujets pas trop difficiles 😉
      Moi, on m’a plusieurs fois dit que j’étais « tout le temps heureuse » ou que je n’avais « pas de problème ». J’ai mis du temps à admettre que je provoquais cette réaction (qui manque quand même d’empathie, je trouve, tout le monde à ses problèmes…)
      Je pense que cette sensibilité, c’est aussi un gros atout dans la secteur créatif (je dis ça, je dis rien…) 😉

  2. Une inconnue dit :

    Un bon article,
    L’hypersensibilité est un atout comme un défaut, mais plus dur à dire cas faire…
    Mais, c’est encore plus dur pour ceux qui sont seuls et qui croient être incompris.

    • tyayana dit :

      Bien d’accord, ça n’est pas facile à appliquer… Le sentiment de solitude, d' »être incompris », c’est vraiment quelque chose d’étrange… ça relève à la fois d’un ressenti, d’une douleur, d’un mécanisme de défense qui peut se mêler à une certaine fierté, voire à un mépris des autres… qui accentue l’isolement. C’est comme un remède qui pris à trop haute dose peut devenir un poison, en somme…
      Ça me rappelle ce superbe épisode de Buffy (excusez pour les références, c’est ma génération) « Voix intérieures » (318) au cours duquel l’héroïne pouvait entendre les paroles des autres élèves de son lycée, et découvrait que tous se sentaient seuls, incompris et aux prises avec des problèmes spécifiques.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Voix_int%C3%A9rieures

  3. Bonsoir,
    Mon hypersensibilité j’apprends à la gérer, mais trop compliquer quand il s’agit de la nature où la la barrière est inexistante. Concernant les relations humaines, après avoir été de nombreuse fois roulée dans la farine, avoir vécu avec des PN, des fausses amies qui profitent de votre grand coeur et disponibilité, j’ai appris à mettre des barrières et me protéger. En tout cas en publique. Car dans le privé, c’est ma salle de bain qui entend mes pleures. De nature impulsive, je dis les choses comme elles viennent. Ce qui me vaut l’étiquette de chieuse, franche et directe. Pas grave, j’assume. Je ne sais pas mentir et quand je ne vais pas bien, ça se voit directe. Mon HS je l’utilise pour servir mon Ni. Quand je me livre à une amie, je lui ouvre mon coeur, mais comme tu le dis, parfois c’est dur de parler par peur de ne pas être comprise. Ça c’était surtout quand j’étais ado. Aujourd’hui je me livre plus facilement, mais je tombe toujours sur des gens qui font semblant de me comprendre, et je fini par trop parler et je fais peur au gens car je suis cache.
    L’HS ne s’arrête pas aux relations, il y a aussi l’HS sensorielle, et celui là est tout aussi dur à gérer. Mais aussi un atout pour « visionner » la personne en face. Si la personne à une mauvaise vibration, bingo! je le ressens. Et là, pour moi difficile de faire croire que j’e l’apprécie. Donc je me ferme et pas possible de faire semblant.
    L’HS se gère au fur et à mesure des expériences et oui ça endurcie! Le problème, c’est que aux yeux des autres, je paraît être forte, indestructible, fiable et pertinente, sauf que moi, je me sens fragile, seule, incomprise et hors norme. Heureusement, mon ascension spirituel m’a beaucoup apporté et désormais, je me sens plus en phase avec moi même et les autres, car j’apprends à pardonner et comprendre le fonctionnement de l’être humain. Le bouddhisme est une super option pour apprendre à gérer l’HS.
    Bien à vous

  4. tyayana dit :

    Je me retrouve tout à fait dans l’opposition entre l’image de force que nous pouvons parfois dégager et le sentiment intérieur de vulnérabilité… moi aussi, le bouddhisme m’aide beaucoup 😉

  5. Art & Energie dit :

    Bonsoir,

    Meilleurs vœux de partage et d’humanité pour cette année 2015 pour que tout le monde vive en bonne entente !
    J’avais loupé cet article ! Cette question de l’hypersensibilité est de plus en plus présente. Je me permets de mettre dans ce commentaire un lien où j’aborde cette question qui touche de plus en plus de monde. Peut-être que cela pourra aider les lecteurs de ce blog dont beaucoup doivent être hypersensibles !
    http://art-energie.over-blog.com/article-hyperemotivite-et-hypersensibilite-emotionnelle-124909325.html
    Bonne soirée

  6. Greenbat85 dit :

    Tiens? J’avais manqué cet article (bon en même temps je ne les ai pas encore tous parcouru).

    « Des années à fixer mon téléphone en me demandant si je pouvais prendre « le risque » d’appeler, si ça changerait seulement quelque chose. »
    Dans mon cas je m’inquiète plus du fait que ça peut changer quelque chose que je me demande SI ça changerait quelque chose. C’est dire le blocage.
    Ensuite pour la nature de ce que j’ai besoin d’exprimer, c’est sûrement le fait même de ne pas être bien compris, mais je crois que ce qui me pousse à ce besoin c’est plus la colère que la tristesse (bien qu’elle puisse en naître, je suppose). Ça reste des « passions tristes », hélas, comme dirait Spinoza. On m’a expliqué que c’est le fait de retenir les émotions qui fait que ce sont les négatives qui ressortent plus facilement; je le crois volontiers.
    Il n’en reste pas pas moins que je suis constamment perplexe devant la quantité d’éléments auxquels je peux m’identifier dans les fonctions de Jugement (T ou F), au point de ne pas oser trancher entre l’un ou l’autre, puis aussi parce que j’ai encore du mal à savoir avec certitude la nature de mon carburant interne, ce qui me semble inimaginable pour un INFP tel que je suis perçu par plusieurs membres (en majorité) du forum, celui-ci devant plutôt savoir mieux que les autres ce qu’il ressent, ce qui le motive, etc.
    A ce propos, j’ai créé un nouveau sondage pour mon typage dans un nouveau topic plus aéré qui fait un peu office de synthèse simplifiée des caractéristiques de mes attitudes, celles dont je me souviens et que nous avons discuté avec les membres depuis que je suis sur le forum. N’hésite donc pas à poster ta contribution. Je t’ai envoyé un mp mais j’ignore même s’il est parti étant donné que mes derniers mp ne s’affichent même pas dans « messages envoyés ». J’espère beaucoup d’avis pour que ça soit significatif alors n’hésite pas à ramener des forumeurs.

    SUR LE LIEN CI-DESSOUS:
    http://mbti.forumactif.fr/t2597-greenbat-nouveau-format

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