Comment réaliser votre burnout, épisode 1 : préparer le terrain

Chers lecteurs,

Je n’ai peut-être pas été tout à fait honnête avec vous. A lire ce blog, vous avez peut-être cru que je vivais ma petite vie d’INFJ tout à fait normalement ces derniers mois, enfin, aussi « normalement » que peut l’être une vie d’INFJ…

Mais pas du tout ! Enfin pas vraiment. Le lancement de ce blog a coïncidé avec un début de crise existentielle, qui couvait depuis quelques années. Je me décide à vous en parler parce qu’en fait, il semblerait que je ne sois pas la seule à faire face à ce genre de choses… d’ailleurs je vous la raconte en « mode INFJ », mais je ne suis pas sûre que ça change grand-chose au « fond »…

Les idéalistes en général, et les INFJ en particulier, parce qu’ils ont la volonté d’ « accomplir » leur idéal, de concrétiser leurs visions, sont une population à risque en ce qui concerne le fameux « burnout ». Peut-être comme moi avant, n’en avez vous pas connu et avez-vous un certain scepticisme par rapport à cette notion. Ah, le « burnout », le dernier truc à la mode !

Enfin, c’est ce que je croyais, parce que les exemples se multiplient comme des petits pains, rares sont ceux aujourd’hui qui n’ont pas dans leur entourage une personne qui y a été confrontée, ou qui dit l’avoir été.

En fait, la notion est beaucoup plus ancienne que je le pensais, connue dès les années 70, d’après wikipédia (qui suffira bien pour une première approximation, je vous laisse « creuser » plus sérieusement ailleurs si vous voulez plus sérieux :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27%C3%A9puisement_professionnel )

Les manifestations varient en temps et en intensité d’une personne à l’autre, mais moi, je me suis retrouvée dans beaucoup de ce qui est dit dans cet article. D’abord, vous devez savoir que je ne me suis jamais considérée comme quelqu’un de « déprimé », ni même « déprimable ». Je suis plutôt du genre à voir le verre côté plein, au quotidien (et ça se travaille, pour ceux qui en douteraient).

Mais en bonne « J », j’avais une « vision ». Quand je serai grande, je serai… alors j’ai travaillé, travaillé, travaillé. Je n’ai jamais été un foudre de guerre. A l’école, j’étais une bonne élève, intelligente, mais pas la meilleure. Ma force à moi, c’était ma capacité de progression. A chaque fois que je passais au niveau suivant, je m’adaptais, mais sans pour autant être la meilleure dans le niveau en question. Évidemment, j’ai fini par croire que ce processus serait sans limite… (oui, vous voyez où je veux en venir 😉 )… mais il y a autre chose : parce que progresser me demandait du travail, j’ai soigneusement préparé le terrain pour un truc bien moche, qui s’appelle « le syndrome de l’imposteur » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_l%27imposteur

(mais comment on faisait avant wikipedia ?)

Ca en fait des syndromes, hein ! Celui de l’imposteur, c’est l’équivalent de la petite voix qui vous souffle que vous n’avez rien à faire là, que ce n’est pas votre place et qu’à un moment ou à un autre… quelqu’un va s’en apercevoir. Et vous virer de là manu militari.
Il y a plein de moyen de contourner ce problème, mon préféré (c’est ironique, hein… disons mon « habituel ») étant de procrastiner à outrance (grâce à Se en inférieur, j’ai un tas de merveilleux dérivatifs qui s’offrent à moi en période de stress, outre les traditionnelles errances online : ranger, faire la cuisine, les courses, la vaisselle, recoudre des boutons, aller profiter du soleil… écrire des articles de blogs…).

Bénéfice : si jamais la panique qui s’empare de moi à l’approche de la date limite ne suffit pas à compenser le retard que j’ai mis à faire ce qui m’était demandé (et que je veux accomplir, Ni+Fe oblige)… eh bien… je peux toujours me dire que c’est parce que je m’y suis prise trop tard ! Évidemment, ça reste ma faute, mais parce que je me suis mal organisée, pas parce que c’est trop difficile pour moi, et que je ne peux pas y arriver.

C’est un inconfortable réconfort, quelque part. J’ai eu du mal à l’admettre, mais je me rends compte avec le temps que je suis loin, très loin, d’être la seule…


La suite au prochain épisode ! (pour des raisons perso, je n’ai pas pu ajouter tous les liens et rapprochements que je souhaitais faire dans cet article et les suivants. J’ignore quand je le pourrai, mais j’ai décidé de les publier en l’état puisqu’ils sont « lisibles » : si je décide de les éditer par la suite, je le signalerai en début d’article).

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8 commentaires pour Comment réaliser votre burnout, épisode 1 : préparer le terrain

  1. Patrick dit :

    Bonjour,

    Effectivement nous sommes des idéalistes, sujets à faire des burn out plus facilement que d’autres parce que nous nous investissons dans ce à quoi nous croyons.
    En INFj, je suis maintenant coach en développement personnel et psychothérapeute. Il m’a fallu du temps pour en arriver là 🙂
    Mais ça me colle à la peau.

    Petite attention avec Wikipédia, tout ce qui s’y trouve n’est pas « parole d’évangile », Je vous suggère de vérifier avec d’autres sources.

    Cordialement,
    Patrick

    • tyayana dit :

      🙂
      Je sais pour Wikipedia, c’est bien pour ça que j’ai essayé de mettre quelques éléments modérateurs dans mon discours. Pour l’instant, je ne peux pas faire beaucoup mieux par manque de temps et aussi de compétences sur ces sujets. Si vous avez des sites/articles à conseiller, surtout, n’hésitez pas ! je suis preneuse et je pense que les lecteurs le seront aussi !

  2. Christo dit :

    Concernant ce fameux syndrome de l’imposteur que je ne connais aussi que trop bien toutes les lectures autour des HPI (le séminal « Trop intelligent pour être heureux ? » de Jeanne Siaud-Facchin -un livre au contenu plus riche que son titre répulsif et mal tourné; les ouvrages de Kermadec et Bost,et dans un registre pop-psychologie mais appréciable pour sa présentation du fonctionnement intuitif, le joliment nommé « Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués  » de Béatrice Millêtre) m’ont permis un salvateur double effet miroir/reconnaissance dans des témoignages suivi de changement de modèle-référence/revalorisation tout à fait transofrmateur pour moi et mon entourage !
    Pour ce que j’en saisis (psychologie à la louche déversée à la volée…), le type INTJ ultra-organisé fort en maths valorisé par la culture et les représentaitons dominantes est celui auquel on pense spontanément pour illustrer l’idée d’hyperefficience mentale/haut potentiel mais le INFJ n’est pas en reste côté activité neuronale, c’est juste que comme il se coltine plutôt des problèmes sensibles (catégorie générale pour problèmes « esthétique/éthiques/philosophiques/métaphysiques/cosmiques/multidimensionnels/…) son sentiment de réussite objectif est plus volatil et sujet à constante réévaluation.
    Un de mes t-shirts préférés reprend la citation « Art is a dirty job but somebody’s got to do it/ l’art est un sale boulot mais il faut bien que quelqu’un se le coltine », et dans le même esprit j’ai décidé d’étendre à ma personne la bienveillance et le crédit d’intérêt (innocent et intéressant until proven otherwise) que j’applique spontanément aux autres : je suis différent mais pas illégitime, producteur de liens plutôt que de biens, pratiquant d’une richesse plus intérieure que clinquante, mais au final un membre légitime de la communauté humaine qui a voix -même minoritaire…- au grand chapitre du monde.

    Sur une autre note je me débats aussi avec un très invalidant et très catastrophique « syndrome d’épuisement chronique » et aurais donc sans doute l’occasion de revenir sur ce vaste et épineux sujet de l’épuisement, que je n’ai ni intégré ni dépassé pour le coup…

    Let’s regroup !
    Merveilleuse journée à vous/mille bénédictions à tous/ Shanti shanti shanti.

    • tyayana dit :

      Merci pour les références ! J’ai entendu parler du premier mais je dois confesser une certaine méfiance globale sur ce type d’ouvrages, je crains un peu l’effet Barnum. En plus, personnellement, la catégorie « INFJ » m’a « suffi », je ne me retrouve pas dans les description de personnes à haut potentiel et autres « zèbres », donc je ne m’y suis pas intéressée plus que ça. Mais j’y jetterai un oeil si j’en ai l’occasion, du coup !
      J’ai cependant lu plusieurs discussions dont il ressort que les INFJ pourraient également constituer une part non négligeable de cette catégorie de personnes. Ah, et il y a aussi la notion d' »intelligence émotionnelle » qui revient fréquemment, sur ces thèmes, par rapport à une intelligence « rationnelle », « pure » d’INTJ !
      J’aime beaucoup, et la citation, et l’état d’esprit mentionné, je pense que c’est vraiment une clé de développement personnel, particulièrement pour nos types prompts à l’autocritique et au perfectionnisme.
      J’ai entendu parler du syndrome d’épuisement chronique, mais c’est une connaissance purement webesque… je trouve toujours intéressant d’échanger sur ces ressentis et ce qui peut aider, même si les remèdes éprouvés tiennent plus souvent du bon sens (vie régulière, sommeil, bons repas…) que du Saint-Graal…
      Donc à bientôt, au plaisir de vous lire et d’échanger ! Je me répète, mais il est agréable quand on jette sa petite bouteille dans l’océan du web de voir que quelqu’un d’autre y trouve son compte…

      • christophe dit :

        Très amusant de voir « l’effet Barnum » cité ici : c’est un nouveau venu dans mon vocabulaire, arrivé dans des échanges qui ont suivi la lecture de ces ouvrages. J’aime beaucoup découvrir puis rôder de nouvelles expressions.
        Je dirai que ce préjugé est fondé : certains ouvrages taillent large et j’ai été ensuite assez confus de voir les effets d’identification sur les forums où tout le monde brandit sa nouvelle identité comme un étendard magique qui expliquerait tout et ne fait que créer une nouvelle foire à la demande reconnaissance. Le système MBTI me semble un peu plus souple et un peu plus précis (aspect combinatoire) et c’est une grande chance de l’avoir trouvé en premier je crois.
        Ceci posé ces ouvrages contiennent le meilleur de l’effet Barnum, c’est-à-dire une belle collection de moments « haha » et un beau jeu de miroirs humains et de témoignages. Je reste sceptique sur l’après et la sur-valorisation marchandisée du concept décliné en recettes et séminaires. Et concernant le question du sentiment d’imposteur ce me semble être une très bonne source. Ces livres sont dans toutes les bibliothèques et méritent définitivement de surmonter le peu d’envie que leur titre fait naître pour être survolés.
        Ils tendent de plus à revaloriser le type l’approche NF vs NT qui sont les poster boys un peu clichés que nous avons tous en têtes quand nous pensons HPI.
        Ils permettent d’intégrer une communauté imaginaire et valider une autre façon d’habiter le temps, ce qui n’est déjà pas si mal convenons-en, surtout pour des chercheurs d’harmonie.
        Parlant d’harmonie je m’étais déjà amusé à reconnaître nombre (càd tous, càd quelques-uns : ma garde rapprochée est assez resserrée…) de mes amis qui, soumis au jeu du test internet, se révèlent tous…INFJ !?! J’aime bien cette idée de « type théoriquement le plus rare » devenu la norme de mon présent.
        J’ai maintenant la vague sensation que hors du monde de l’entreprise (source des pourcentages annoncés?) que les INFJ sont finalement assez nombreux et assez faciles à débusquer dans les milieux culturels…ce qui est plutôt une bonne nouvelle;
        Le regroupement des forces est en marche et mon repas est chaud : ciao/à bientôt.

  3. tyayana dit :

    Désolée de répondre si tard, c’est une période compliquée pour moi, et je réponds seulement quand je suis  » en mode blog », mais j’essaie de n’oublier personne !
    J’ai adoré cette phrase  » certains ouvrages taillent large et j’ai été ensuite assez confus de voir les effets d’identification sur les forums où tout le monde brandit sa nouvelle identité comme un étendard magique qui expliquerait tout et ne fait que créer une nouvelle foire à la demande reconnaissance » C’est exactement ce que j’ai constaté et que je crains de reproduire !!! mais je me rends à votre argumentaire, convaincant : j’ai pris les références de ces livres et j’irai voir ça d’un peu plus près dès que possible.
    Vos amis INFJ, ça m’a bien fait rire !!! moi, c’est pareil, j’en connais plusieurs en vrai pré-découverte MBTI : 7 ou 8 dans un cercle plus ou moins rapproché (pour des questions de circonstances plus que d’affinités). Du coup maintenant, dès que j’ai un bon feeling avec quelqu’un, je me demande si ce n’est pas un INFJ. En fait, non, quand même pas !
    Mais je suis convaincue qu’avec l’âge on se rapproche de plus en plus par affinités réelles et que les INFJ se retrouvent dans un espace de tolérance commun… et aussi que nous sommes nombreux dans certains milieux, comme vous le suggérez.

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