Comment réaliser votre burnout, épisode 2 : le vivre pleinement…

Bref, voilà donc le terrain sur lequel s’est déclaré le fameux burnout. Même que je n’ai pas trop voulu admettre que c’était ça, au début. Je venais de terminer un gros travail, tellement gros – et définitivement trop complexe pour moi, que je n’étais pas du tout satisfaite de ce que j’avais fait. Il y a un délicat équilibre à trouver dans tout ce qui est création pour les INFJ, entre la vision (Ni) de la réalisation future, ladite réalisation elle-même, souvent maladroite (Se inférieure) et la vision ultra-critique après coup (Ti, voire Fe, parfois sous la forme d’une idée fantasmée de ce qu’en pensent les autres).
Mais bon, rien ne m’empêchait de le reprendre plus tranquillement après pour l’améliorer, après tout, n’est-ce pas ? C’est ce que j’avais décidé de faire. Parce qu’il n’était pas question d’abandonner, hein ? Persévérance et perfectionnisme chevillés au corps, j’avais décidé, donc ma volonté vaincrait ! Je continuerais dans cette voie, parce que c’était le prolongement logique de tout ce que j’avais fait avant, j’avais tissé des liens avec des personnes qui attendaient cela de moi, donc il était hors de question d’envisager autre chose.
Pourtant, le lendemain de ma présentation, j’étais au parc en train de faire une liste de « pour » ou « contre » continuer. En me disant que c’était un peu bizarre, quand même, de déjà faire ça.
Mais ça n’a pas suffit.

Il a fallu que mon corps s’en mêle. Et il n’a pas fait les choses à moitié, tant qu’à faire, parce que lui, il avait compris qu’on n’arrêtait pas ma tête comme ça, quand elle avait décidé un truc. Depuis un moment, il y avait la nuque toute raide et le ventre noué. Noué avant les rendez-vous. Noué avant de cliquer sur « relever » dans la boite mail. Noué en lisant certains messages. Noué en rangeant certains papiers.
Petit à petit, il s’est dénoué. Mais par surprise, alors que je me disais « bon, c’est passé », « ça » revenait. Toujours en lien avec « il faut que je … » ou « C’est une opportunité que je dois saisir… » . Ça devenait vraiment pénible, j’avais fini, après tout, quand est-ce que mon corps allait comprendre le message ?

Il faut croire qu’il est sacrément obtus, le bougre, parce qu’il ne s’est pas arrêté là, il a lancé un nouveau truc : les crises de larmes ! Plus c’était imprévu, plus c’était incontrôlable, et mieux c’était !
Et attention, c’était élaboré son truc, il y avait les « mots déclencheurs ». Même moi, ça m’a sciée. Je parlais tranquillement, et puis le sujet arrivait sur mon avenir professionnel, mais j’allais gérer hein, j’étais parfaitement capable d’en parler avec détachement. Et puis ma gorge commençait à se nouer, ma voix devenait tendue… et au moment où le mot fatidique sortait, bam ! Les grandes eaux.
Je vous dit ça comme ça, sur un ton plutôt ironique, mais franchement, c’était pas drôle. D’abord, si je pleure facilement, j’aime choisir mon moment. Tranquille chez moi, ou éventuellement avec une personne de confiance. Là, c’était hors de question. Ça voulait sortir, ça sortait, quelque soit la personne en face. C’était frustrant, et puis j’avais toujours cru que c’était une question de volonté. Tu parles !
Bon, finalement, les gens en face ont toujours bien réagi et compris. Ça fait partie des choses qui m’ont surprise d’ailleurs. Je ne pensais certainement pas que ça passerait aussi « bien ».

Comme malgré tout c’était super gênant, je me suis enfermée chez moi…

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