Comment réaliser votre burnout – épisode 4 : en sortir

Alors, attention, je ne suis pas sûre d’en être sortie ! Disons que ça va mieux, alors je me dis que je peux peut-être déjà partager ce qui a marché pour moi. Le mot clé, ici, c’est « partager ». « Partager », c’est un peu la mise en action de Fe, la fameuse fonction secondaire qu’on a un peu mise de côté dans notre boucle Ni-Ti.
De toute façon, Fe n’est pas très importante, hein. Je veux dire, c’est du sentimentalisme, de l’émotionnel, ce qui compte c’est d’être rationnel et efficace, tout le monde vous le dira. Sauf que vous, ami(e) INFJ, votre fonction secondaire, c’est Fe, pas Te. Votre fonction de raisonnement, c’est Ti, c’est la troisième … et devinez quoi, la troisième, on la maîtrise mal. Eh oui… alors on fait des excès dans un sens, des excès dans l’autre, et bam ! On se retrouve dans la fameuse boucle sans avoir rien vu venir…

Quoiqu’il en soit, je n’ai pas compris tout de suite qu’il fallait que j’aille chercher du côté de Fe. Le seul truc que je savais en finissant mon gros projet, c’est qu’il fallait que je fasse du sport. Bizarre, hein ? J’ai toujours aimé ça, mais là, ça tournait à l’obsession, à la nécessité vitale. Évidemment, je n’avais pas manqué d’engranger quelques kilos non-désirés au cours du processus et ça n’était pas totalement étranger à ma motivation non plus.
Depuis déjà plusieurs mois, je lisais les posts d’Ally Hamilton, sur http://blog.yogisanonymous.com/ . Depuis plusieurs mois avant le burnout, et ce n’est pas anodin : vous n’allez pas vous réveiller un matin en décrétant « bon, c’est fini ». J’ai essayé, ça marche pas. Vous allez faire un petit truc un jour, reculer pendant deux jours, ré-avancer un troisième, et petit à petit, commencer à sortir du cercle vicieux. Oubliez les recettes miracles, ça marche pas.

Bref.. je lisais ses posts, et en même temps, je me suis mise au yoga, avec une idée fixe « être gentille avec moi-même ». Il y avait au moins un début de prise de conscience du fait que tout n’était pas optimal dans ma façon de faire. Pour moi, les posts d’Ally, ils sont un peu magiques, et c’est d’ailleurs pour ça que j’en ai traduits quelques-uns sur ce blog (rubrique « Réflexions autour du yoga » pour les curieux) : elle dit des trucs tout simples, toujours les mêmes, avec le cœur et pourtant, on a pas vraiment l’impression qu’elle se répète. C’est plein de bon sens, tellement évident qu’on se demande comment on n’en a pas pris conscience plus tôt… et petit à petit, jour après jour, ça vous fait questionner certains mécanismes.
Et oui, il y a très certainement du Fe là-dessous, mais du Fe qui s’adresse à vous au lieu d’être tourné vers les autres.

Et puis, je lisais ces articles sur les INFJ et je prenais conscience de « moi », aussi. Des choses dont j’avais toujours eu un peu honte, qui s’expliquaient. Des rencontres online avec d’autres, qui me comprenaient et m’aidaient à décortiquer mes mécanismes, et qui ont mené à des rencontres « en vrai ».
Je me suis sentie tellement reconnaissante, que j’ai eu envie de donner un peu, moi aussi. Je ne savais pas trop quoi dire, alors je me suis dit que j’allais traduire les articles qui me parlaient le plus en français. J’avais essayé de brancher des INFJ sur le sujet autour de moi, mais clairement, la quantité d’information et le langage un peu particulier utilisé les rebutait. Et j’ai commencé ce blog. Et ça, c’était Fe qui reprenait un peu sa place. Et puis un peu de Se, aussi, parce que ce blog, il existe, vous pouvez le lire, il est « produit ». Un peu de Ti, pour essayer de ne pas dire trop de bêtises. Et puis Ni, qui était là depuis le début, depuis l’instant où j’ai lancé ce projet.
Un vrai blog d’INFJ !

Mais la différence avec mon précédent projet, c’est que j’y suis libre. Mon seul enjeu, c’est la satisfaction personnelle de voir que ce blog est suivi (en moyenne 500 visites par mois, quand même !), de lire vos commentaires, d’entendre vos retours. Pas de pression ici !

Voilà un conseil que je vous donne, si ça ne va pas : trouvez vous des activités « sans pression », pour votre seule satisfaction. Quand j’ai commencé, je me disais que je ferais mieux de chercher un boulot. Maintenant, je pense que si j’ai assez d’énergie pour chercher un boulot, c’est aussi grâce à ce blog.

Ça marche aussi avec le sport. Longtemps, je n’ai fait que des sports individuels, j’allais courir, seule, nager, seule. Je n’aimais pas qu’on me voit en sueur et échevelée, c’était mon moment à moi. Depuis quelques années, j’ai surmonté ma réticence pour me lancer dans des activités de groupe. Ça a commencé avec la danse. Pas possible d’apprendre à danser toute seule, en autodidacte, il a bien fallu. Et puis, ces groupes, c’est aussi devenu un espace de liberté. Je pouvais être une personne un peu différente. Chaque nouveau groupe, c’était un nouvel espace vierge, l’occasion de me découvrir à travers des regards qui n’étaient pas conditionnés par ce que j’avais pu être avant. Une facette de moi un peu différente à chaque fois, selon l’activité. Aujourd’hui, je continue à pratiquer certains sports seule, mais pas avec le même élan que mes autres activités…

Et puis, j’ai réfléchi, réfléchi, réfléchi. Beaucoup écrit aussi. Une façon de chercher qui j’étais aujourd’hui, après des expériences qui m’ont fait mûrir, avec des priorités qui ont changé… j’ai compris certaines choses, mais les crises de larmes ne s’arrêtaient pas pour autant. Alors je me suis dit qu’il était temps de passer à l’étape supérieure, et j’ai décidé de suivre le conseil d’Ally : « si vous ne vous en sortez pas tout seul, allez chercher de l’aide », et j’ai décidé d’aller voir un psy. J’avais plein de réticences autour de ça, tout un tas d’a priori, après tout, j’étais une personne super introspective, qu’est ce quelqu’un d’autre pourrait bien m’apporter, je connaissais déjà mes zones de problèmes. Seulement j’avais vu les résultats sur des amies et je me suis dit « pourquoi pas ? Qu’est ce que j’ai à perdre, après tout ? Si ça ne m’apporte rien, j’arrête et voilà ». Et ben, ça m’a bluffée.
Je ne dis pas la thérapie est la solution ultime pour tout le monde, ce sera à vous de trouver votre solution, votre « truc » ou plutôt « vos » trucs, comme cet article le montre, je pense.
Soyez patients avec vous-même et suivez vos envies. Une reconstruction, cela prend du temps, et parfois, il faut accepter d’en « perdre », si votre bien-être est à ce prix. Simplement, si vous sentez que vous vous noyez, que vous n’y arrivez plus, que « le monde est contre [vous] » et si vous avez la chance de pouvoir vous le permettre financièrement (parce qu’il ne faut pas se leurrer, ça, c’est une difficulté à part entière), ne rejetez pas cette possibilité pour de mauvaises raisons. Essayez. Et ne vous arrêtez pas forcément sur une première expérience négative : la première personne que j’ai consulté ne m’a pas plu, je me suis sentie jugée. Aujourd’hui, j’ai trouvé quelqu’un qui me parle et me regarde avec bienveillance. C’est aussi ce que je vous souhaite…

Et si vous êtes passés par là et que vous avez d’autres « solutions », n’hésitez pas à les partager dans les commentaires !

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8 commentaires pour Comment réaliser votre burnout – épisode 4 : en sortir

  1. Très intéressants tes quatre articles sur le burn out… Je me sens moins seule tout à coup! J’ai été dans la même situation que toi, et j’ai toujours bien du mal à m’en sortir! Je me suis aussi tournée vers le yoga, la méditation, mais ce n’est pas toujours évident lorsque la crise pointe le bout de son nez… Je crois que la clé est vraiment d’essayer d’être dans l’instant présent, d’être plus bienveillant avec soi, et comme tu dis de ne pas se mettre la pression tout le temps (mais ce n’est pas simple!). En tout cas merci pour ce blog dédié à la cause des INFJ!

    • tyayana dit :

      Merci à toi pour ce commentaire ! je suis complètement d’accord, mais c’est en effet plus facile à dire qu’à faire…
      J’espère que tu vas vite en sortir !

  2. Fabien dit :

    Je me sens moins seul…

    Étant à la recherche du fameux sens à ma vie, et surtout à la recherche de ce que j’avais envie de faire, y a trois ans, j’ai eu la chance de consulter une coach. Elle m’avait fait passer le test du mbti. Je n’avais pas pris conscience du résultat de ce test à ce moment là. Nous avons cessé de nous voir et tout était resté en plan. Déçu de n’avoir pas trouvé ma voie, j’ai continué à bosser au même endroit, faire les mêmes activités, et resté avec ma copine même si nous étions devenus distants. bref, j’ai absolument rien foutu. Il y a un an et demi, j’ai quitté ma copine en me disant qu’il fallait que j’avance dans la vie et que les choses iraient mieux pour moi. Au début, quelle joie de se sentir libre, de faire des rencontres, de ressentir que quelque chose de mieux allais bientôt m’arriver… Et bien, rien n’est arrivé. J’ai surtout gouté aux déceptions amoureuses. De plus en plus lourdes. Cherchant à comprendre ce qui n’allais pas chez moi ou plutôt dans ma tête, j’ai relu le résultat du test retrouvé complètement par hasard (comme quoi la vie est bien foutue!).. INFJ… Doutant de la véracité des résultats, j’ai refait le test via internet. INFJ, toujours.. Au début, ça m’as fait bien plaisir de savoir que je faisais partie d’une infime partie de la population. Quelle joie de se sentir unique! Et bien déception.. À la lecture de tous ces blogues, pages, articles, je me suis rendu compte que j’étais loin d’être au bout de mes peines. Recherchant la perfection, voulant toujours garder le contrôle, être trop généreux avec les autres et surtout avec les femmes, je me suis perdu et enfoncé. Vivant une troisième déception amoureuse, tournant toujours en rond, ce « bonne année 2015 » m’es resté en travers de la gorge. Sentant la dépression m’envahir, j’ai pris la décision de consulter. J’ai pris sur moi de commencer à m’occuper réellement de moi. Non plus en fonction de plaire aux autres mais de me plaire moi. Je suis au début d’un processus qui, je l’espère, saura me mener plus haut. Il est vrai qu’il faut parler, parler et parler. Il faut que ça sorte. Il est vrai qu’il faut s’occuper du petit garçon/fille que nous avons étés. Cette coupure entre notre âme et notre corps doit être raccommodée. J’ai arrêté l’alcool, songe sérieusement à couper la cigarette et commence à regarder les cours de remise en forme. Votre blogue, est une des meilleures choses que la vie ait mis sur mon chemin récemment. Je tiens sincèrement à vous remercier pour le temps que vous consacrez à traduire et à écrire sur nous et sur vous. Vos textes sont généreux et pleins de vérité. Merci pour ce que vous faites. Grâce à vous, je me sent compris, grâce à vous, je me sent moins seul…

    • tyayana dit :

      Merci beaucoup pour votre commentaire, il m’a beaucoup touchée. Je n’ai aucun doute quant au fait que la sincérité et la lucidité avec lesquelles vous décrivez ce qui vous est arrivé seront vos meilleurs atouts pour vous en sortir. La vie est souvent dure pour les INFJ, en effet… heureusement, nous pouvons appliquer notre perfectionnisme à notre développement personnel, et c’est une vraie chance ! Vous êtes progressivement en train de sortir de cette période difficile et le fait d’admettre que quelque chose ne va pas et de chercher de l’aide est un premier pas énorme vers l’épanouissement. Mais ce n’est qu’un pas, aussi important soit-il, et il y aura certainement d’autres moments difficiles sur le chemin. Surtout, continuez à avancer et ne perdez pas espoir, c’est le principal ! Je crois que la principale difficulté que nous rencontrons, c’est d’équilibrer notre besoin de nous mettre au diapason des autres (il faudrait le faire un peu moins) et celui de faire respecter nos propres limites et attentes (il faudrait le faire un peu plus). En tout cas, je sais que c’est mon cas. Ne pas nous perdre dans les autres, mais nous remettre un peu au centre, juste assez pour garder notre équilibre tout en les aidant.
      J’ai réalisé récemment que toutes ces difficultés, toute cette hypersensibilité, je leur dois quelque chose de très beau : grâce à elles, mes mots ont le pouvoir de toucher et soulager un peu certaines personnes, comme vous. Elles sont à la fois ma plus grande faiblesse et – à mes yeux du moins – mon plus bel atout. J’espère qu’au fil de votre travail sur vous, vous trouverez le vôtre et surtout des personnes qui sauront vous comprendre et vous accepter tel que vous êtes. Je vous envoie tous mes encouragements pour la suite…
      Et merci encore pour votre commentaire qui m’a vraiment fait chaud au cœur !

  3. Lulu dit :

    Bonjour,
    Eh bien, moi, je suis en plein dedans….et je cherche la porte de sortie. Plus le choix, je dois changer de job mais comment retrouver une voie….
    Merci pour ce blog qui est une vraie source d’inspiration et de réconfort.

    • tyayana dit :

      Merci pour ce commentaire… je suis désolée de lire que ça ne va pas. Prenez votre temps pour changer de voie, en tout cas : rien ne vaut un projet bien préparé et testé étapes par étapes, pour des tempéraments comme les nôtres ! Je ferai peut-être un petit point sur ma situation, un de ces jours, histoire de voir si j’ai d’autres idées avec un peu plus de recul…

  4. Zete Tikos dit :

    Bonjour, et merci pour votre partage d’expériences. Je suis dans une phase où je suis dans l’effet tunnel et considère sérieusement de requérir l’aide d’un psy ; mais là c’est tout un monde avec ses spécialités et des approches très variées. Ayant fait un très gros travail sur le MBTI/C Jung ou la thérapie des schémas, j’essaye de trouver sur Paris un professionnel qui a ses spécialités mais n’ai pas encore vraiment trouvé (sachant qu’il faudra aussi que cela colle dans le contact). Peux-tu m’indiquer comment tu as abordé cette jungle des psychologues ? Te remerciant par avance.

    • tyayana dit :

      Bonjour ! je crois que je t’ai répondu sur la page facebook INFJ et INFP francophone, mais dans le doute (et parce que ça peut intéresser d’autres personnes) je le redis ici : pour le coup, je n’ai pas abordé la recherche d’un thérapeute de façon très scientifique… je n’ai pas spécialement cherché par écoles, même si j’ai rapidement signalé mon intérêt pour Jung en séance, de manière à ce que la personne sache comment j’abordais les choses. J’ai dans un premier temps demandé à ma généraliste qui m’a donné un nom, mais ça n’a pas collé avec cette personne. Du coup, j’ai pris le problème autrement. Une amie m’avait signalé l’existence d’une association de psy spécialisés dans un domaine sur lequel je voulais travailler avec mon thérapeute, du coup j’ai regardé s’il y en avait un près de chez moi, c’était le cas, je suis allée voir et le courant est tout de suite passé. Je pense qu’il ne faut pas trop « théoriser » le psy : c’est comme le sport (!), il vaut mieux en trouver un qu’on aime près de chez soi, on a beaucoup plus de chance de s’y tenir que si on va à l’autre bout de la ville… il faut se lancer et privilégier le contact : la mienne est plutôt orientée Freud, je préfère Jung, mais ça se passe très bien et elle m’aide beaucoup…

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