La « surcharge » émotionnelle

Lorsqu’il est question d’INFJ et / ou de personnalité hypersensible (HSP), voire simplement d’introvertis, la question de la « surcharge » est rapidement et souvent abordée. La « surcharge » se traduit tout simplement par une perte de repères et le besoin de s’isoler pour retrouver son énergie…
Tel que je le vis, cet état de surcharge, c’est la sensation que les pensées se mettent à tourner dans tous les sens dans ma tête, que les questions fusent et que je n’arrive pas à me focaliser sur l’une d’entre elle pour y répondre. C’est très déstabilisant, j’ai l’impression de passer en mode « girouette », je ne résous rien et je m’épuise toute seule.

Dans ces moments là, je suis incapable de prendre une décision ou de donner un avis… ce qui est frustrant pour moi comme pour mon entourage, dont je me coupe, au moins provisoirement, par réflexe de survie.  Souvent, en effet, ce sont des questions induites par des éléments extérieurs qui créent le problème : mes propres réflexions se construisent lentement et progressivement, elles ne représentent pas une menace, c’est une élaboration intérieure à base de Ni et Ti…
Les pensées qui provoquent de la surcharge, elles, viennent du dehors, de « la vie » en général. Plus les enjeux sont importants et incertains, moins j’ai de contrôle sur l’issue finale, plus ils s’accumulent et se diversifient (changements professionnels, nouvelles relations amoureuses ou amicales, demandes de la part des amis et de la famille), plus la surcharge est forte. Je n’arrive plus à échelonner les demandes par ordre de priorité, ni à relativiser celles-ci. D’où la sensation que rencontrer une autre personne va créer une surpression insupportable… et cela totalement indépendamment de la sympathie que j’ai pour la personne en question ! C’est juste inévitable : qui dit autre personne, dit adaptation à celle-ci et à ses besoins (oui, oui, thème récurrent, je sais 😉 ). A la limite, plus je l’aime, plus je vais me soucier de répondre à ses besoins, donc plus ce sera difficile pour moi…  mais annoncer que je ne peux la voir dans l’immédiat, c’est aussi refuser de répondre à ses besoins, d’où surcharge supplémentaire… d’où les mails non lus et les téléphones coupés…

J’ai progressivement appris à reconnaître cette sensation de déstabilisation, de fatigue et de pression interne… J’hésite donc moins à m’isoler de façon préventive quand je la sens arriver.
En effet, un facteur de résolution est externe, tout comme l’était le problème : au fur et à mesure que des réponses arrivent (fort heureusement, elles finissent toujours par arriver 😉 ), les bouchons sautent, la pression diminue (dans mon cas, cela passe souvent par une bonne crise de larmes. N’ayez pas peur des larmes de vos INFJ….c’est plutôt bon signe !).
L’autre est interne et préventif : évidemment, plus on est détendu et serein, moins la pression s’accumulera… mais j’ai beau me reposer, faire du sport, de la méditation et essayer de multiplier les moyens d’expression personnelle, eh bien… ce n’est pas encore ça !
Dur, dur, le lâcher-prise…

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4 commentaires pour La « surcharge » émotionnelle

  1. Lunaire dit :

    Bonjour Tia,
    La description de ce comportement me colle tout autant à la peau. Dans mon cas, il s’exprime souvent par une incapacité de penser. Mais tu l’abordes par une incapacité à faire un choix. Et tu as tout à fait raison. La surcharge dont tu parles, je la vivais au passé avant sans me rendre compte qu’elle devait se vivre au futur. Ce n’est pas tant ce qui c’est passé, cause de cette surcharge, qui est à prendre en compte. Mais le comment s’en sortir dans le futur, le bon comportement à s’imposer pour sortir de ce stress. Dans mon cas, et surtout depuis que j’envisage cet état dans le futur, je comprends qu’il y a un choix à faire. Un choix que je ne veux pas faire parce qu’il n’est pas encore mûr. Parce qu’il n’est pas encore en relief, (en profondeur), parce que je n’ai pas encore toutes les implications, les conséquences à l’esprit (et tu en parles aussi). J’admire les personnes capables de dire « on verra bien » !
    Belle journée ensoleillée
    Lunaire

  2. Jln dit :

    Bonjour, je suis un INTJ et je me retrouve beaucoup dans cet article. Je suis complètement happé par les événements extérieurs, notamment les demandes affectives. Je me sens très mal de rejeter les gens et pourtant une part de moi rêve de les envoyer bouler. J’étais très coupé de ma fonction Te car je me suis beaucoup isolé du monde en restant dans mon monde imaginaire. Les confrontations intenses entre Ni et Se ont été rares, si bien que je n’ai jamais vraiment eu besoin de me secouer pour m’adapter. Mais, l’amour et la sexualité ont été des éléments déclencheurs car j’ai pris des murs. J’ai réalisé que Ni seule face à Se ne pouvait pas m’aider à gérer les choses. C’est alors que ma fonction Te s’est réveillée pour « ordonner » mes intuitions, les rendre plus realistes, elle fait l’intermédiaire entre Ni et Se sur le plan de l’efficacité. Tout comme Fe sur le plan de l’harmonie, chez les INFJ. Mais cette arrivée soudaine de Te m’épuise comme jamais. Fatigue mentale au quotidien.

    Fi et Te débatent souvent en moi. Ni devrait pouvoir faire la par des choses mais si elle est peu réaliste, peu connectée à son ombre, elle sera une bien piètre médiatrice. Or, paradoxalement, pour qu’elle s’améliore, il faut que l’auxiliaire assure la médiation entre la dominante et l’inférieure. Mais !! Cette fonction auxiliaire ne peut pas agir seule au risque de rendre la fonction Ni trop rigide (trop d’influence de Te ou Fe). D’où l’importance de la tertiaire pour équilibrer le tout… tertiaire qu’il faut savoir équilibrer avec l’auxiliaire… une spirale sans fin… au final, pas de méthodes si ce n’est de vivre et de laisser le temps mettre de l’ordre. Peu à peu nos expériences clarifient les choses.

    Mais là, on pourrait me rentrer dans le lard et me dire que c’est pas la bonne méthode. En fait, dans l’idéal, on commencerait par développer Ni, puis Te (ou Fe) lui donne une direction à partir de l’adolescence. Beaucoup de gens en restent là et consolident leur caractère à partir de ce duo de fonctions. Ce qui les rapproche des stéréotypes esquissés dans les descriptions classiques de chaque type. D’autres passent le cap. Fi vient équilibrer ça vers 25/30 ans. Puis Se s’en mêle plus tard.

    Ça c’est la théorie… en pratique, on a bien plus de cas où Te/Fe se développent tardivement, laissant plus de voix à Fi/Ti ; rendant le tout plus chaotique. Trop de voix se font la guerre. Dur de lâcher les injonctions d’une voix au profit d’une autre… surtout que certaines proviennent de l’éducation et sont bien ancrées…

    Quoiqu’il en soit, nous Ni dominants, sommes en grande difficulté face aux manifestations de la réalité Se, peu importe la nature du stimuli. Il nous est difficile de lui donner une priorité par rapport à d’autres (fonctions auxiliaire et tertiaire de « rangement/évaluation » des pensées et des actions encore trop faibles et/ou en guerre), surtout s’ils arrivent en trombe, de manière inattendue ou avec un sentiment négatif que la conscience a digéré de manière lacunaire.

    Nous n’avons pas tous la même manière d’aborder ces stimulis. Notre passé, nos motivations (enneagramme, etc.) en disent long. Je connais une INTJ qui agit comme une ENTJ jusqu’à s’écrouler de fatigue dans son lit, à 21h. Elle a sa fonction Te très bien développée. A la fois une grande source d’inspiration et de frustration pour moi qui suis encore trop isolé dans ma tête avec Ni… mais sa fonction Fi est faible, là ou la mienne est plus forte. Elle est plus dure, plus affirmée, plus visible, plus froide, plus brute que moi. Ce que j’aurais aimé être pour me sentir plus fort, plus en phase avec moi même. Mais certains INTJ/INFJ ont à gérer l’équilibre entre Te/Fi ou Fe/Ti là où d’autres ont pu foncer tout droit sur leur duo dom/aux sans se soucier du reste. Ils « verront plus tard » en quelque sorte.

    J’ai parfois peur de devenir un simple Ni-Te. J’ai beaucoup de difficultés à lâcher Fi. Mais si on grandit avec ce chaos intérieur ce n’est pas pour rien. On emprunte un chemin différent pour aboutir au même équilibre que les autres. Il y a forcément un truc à tirer de ce chaos qu’on ordonne et qui vaut de l’or.

    J’aime beaucoup tes articles !

    • tyayana dit :

      Bonjour JLN,
      Comme aux autres, je te présente mes excuses pour mon délai de réponse, j’avais besoin d’attendre d’avoir la disponibilité émotionnelle pour le faire. Je pense que tu comprendras !
      Bon. C’est dense, tout ça, un vrai commentaire d’INTJ !! 😀 Alors, je vais essayer de reprendre point par point…
      Je connais plusieurs INTJ et… je les aime ! Ce sont des personnes très proches de moi, que j’observe évoluer avec beaucoup de tendresse, car – ce que je retrouve dans ta description – ils sont pris entre leurs émotions (Fi, beaucoup plus présente qu’elle ne semble l’être vue de l’extérieur) et leur détachement-rationalisation, et ils ont beaucoup de mal à articuler les deux d’une manière qui ne choque pas les personnes qui les entourent (le terme d' »articuler » s’applique bien, car la verbalisation de l’émotionnel est fort complexe pour eux). Il est fort possible que cet article ait fait écho chez toi car j’ai été élevée par un INTJ et je constate que je réagis beaucoup comme lui, en tout cas dans un premier temps, dans les situations à fort impact émotionnel.
      Je pense que quand tu arrives à saturation par rapport à des demandes émotionnelles, il est préférable de prendre un peu de distance, même si cela te fait culpabiliser. C’est l’éternel problème d’arriver à poser des limites. Il ne s’agit pas d’envoyer « bouler » les gens, mais de leur dire qu’à ce moment précis, tu ne peux pas les aider, que tu as besoin d’un peu de temps. Verbaliser posément est très important, les gens y réagissent plutôt bien, en général. Ensuite tu prends ce temps dont tu as besoin mais après tu n’oublies pas d’aller les aider! (un peu comme j’ai fait là, en ne répondant pas tout de suite, tu vois ? mais c’est plus facile en ligne…). Évidemment, c’est à adapter : si tu as un ami avec des pensées suicidaires, il vaut quand même mieux faire un effort. Mais Te est justement là pour t’aider à poser des priorités.
      Tu as l’air d’être en pleine phase de développement / questionnement. Ce sont effectivement des périodes très fatigantes : il faut que tu trouves des moyens de relâcher la pression. Des activités qui te détendent et te permettent de te retrouver. Essaie de les pratiquer régulièrement, même quand tu n’as pas l’impression d’en avoir besoin, cela t’aidera dans les périodes de demandes des autres, qui sont imprévisibles. Pour les INFJ, ce sont souvent des balades, de la méditation, etc… les INTJ que je connais ont soit une dimension artistique (musique, photo…), soit une pratique corporelle (yoga, shiatsu…)
      Fais toi confiance aussi ! je sens beaucoup de dépréciation dans ce que tu écris : Ni n’est pas efficace, Te pas développée… le profil de l’INTJ est un peu particulier par rapport à la plupart des gens, ce qui peut lui donner une sensation d’inadaptabilité crasse. Or vous êtes juste « différents » et il faut que vous appreniez à tirer parti de vos propres forces. Laisser le temps au temps est une bonne chose, effectivement. Visiblement, en bon INTJ, tu as beaucoup lu la théorie, mais comme tu le dis, ensuite, il y a les cas pratiques. Moi, sans doute en raison de mon éducation, j’ai mis du temps à laisser sa juste place à Fe et je pense que Ti est assez développée chez moi. Mais il n’y a pas une « méthode » unique. Il y a ce que chacun fait pour tendre à l’équilibre à partir de là où il en est. L’important, c’est que tu aies conscience qu’il y a des choses qu’il faut que tu développes. C’est effectivement difficile, mais pour clarifier les situations, il n’y a que la prise de recul qui marche, d’où mon conseil de te mettre en retrait et de te détendre. Poser les questions sur le papier (ou l’ordi) peut aussi t’aider. Tu peux faire une colonne « rationnel » et une colonne « émotionnel » pour essayer de faire le point sur un problème.
      En effet, Ni n’est pas la meilleure façon de gérer la réalité… mais beaucoup de personnes nous envient cette intuition, notre connexion avec l’univers des concepts… Ni, c’est quand même une aire de jeux incroyable ! la garantie de ne jamais s’ennuyer, de voir au travers des petites manipulations des uns et des autres. Moi, je la trouve magique cette fonction ! Et je pense qu’elle est pour beaucoup dans la fascination que nous exerçons sur certaines personnes (je ne comprends pas vraiment pourquoi, mais c’est un constat, toute modestie mise de côté), parce que nous pouvons les aider, grâce à elle, à accéder à des niveaux de réalité qu’ils n’appréhendent pas spontanément.
      Ne te compare pas à d’autres ! tu as ta propre personnalité, tu n’en vois peut-être pas les atouts maintenant (et je peux comprendre parce que je suis fascinée par la capacité à être « cash » de certains INTJ) mais cela viendra. D’après ce que tu dis, être en phase avec toi-même, ce n’est justement pas être froid et brut. C’est accepter la part de sensibilité que te procures Fi, et sur ce plan, tu as probablement plus avancé que ton amie. Si ce n’est pas le cas, elle le regrettera probablement un jour, car c’est l’un des points problématiques qui revient de façon récurrente dans les discours des INTJ. Accepter cette part de sensibilité, apprendre à la gérer, c’est justement la clé qui te permettra d’avoir des relations – notamment amoureuses – épanouies. Et on peut être sensible et fort ! cela n’est pas antinomique. Depuis que j’accepte plus mon auxiliaire, Fe, je pleure beaucoup plus, par exemple, ce qui pourrait te paraître un signe de faiblesse. Mais en fait, en acceptant et en évacuant ainsi régulièrement mes émotions, j’accède plus facilement à Ti, qui me permet de les mettre de côté si nécessaire pendant le temps nécessaire. Et cela fait de moi quelqu’un de relativement « fort » dans le sens où je peux gérer une situation de crise, soutenir mes proches et mener un projet à terme dans ces circonstances s’il le faut. C’est extrêmement pénible et douloureux, mais je peux le faire. Et savoir que je peux le faire, en retour, me donne de la force.
      Il ne s’agit donc pas pour toi de « lâcher » Fi. Laisse lui sa place, tranquillement, et tu verras que Te s’alignera naturellement dessus. Peut-être que tu seras toujours un INTJ avec une fonction Fi très développée. Et après ? c’est le cas de ma meilleure amie et je peux te dire que c’est une personne formidable !
      Merci pour les compliments et bon courage pour tout ! Accroche toi…

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