De l’amour… toujours

Il y a quelques temps, j’ai lu (et participé à) une conversation très intéressante dans l’un de mes groupes facebook sur le MBTI, donc j’ai envie d’en partager l’essentiel avec vous. Elle commençait par la remarque d’un ENTP à propos d’une INFJ : « J’ai réalisé qu’en termes de temporalité, elle aime d’abord et apprend à connaître la personne dans un second temps, c’est-à-dire qu’elle l’accepte comme un candidat à l’amour avant de connaître tous les détails à son sujet ».

J’avoue que je suis restée quelques secondes bouche bée, avant de me sentir profondément soulagée ! 🙂
Je ne suis pas souvent tombée amoureuse, j’en ai pas mal parlé , mais indépendamment ou non de ce point, il m’est arrivé de me lancer dans une relation très, très vite, à ma grande surprise et à celle de tout mon entourage, plutôt habitué à me voir tergiverser et faire la fine bouche. C’est suffisamment arrivé pour que je doive l’accepter comme un trait de ma personnalité, mais je ne l’assumais pas vraiment non plus. Je ne comprenais pas comment, avec tous mes idéaux, je pouvais être aussi « superficielle » sur ce plan.
De manière assez amusante, je n’ai jamais considéré que mes affections instantanées, sur le plan amical, étaient « superficielles », alors qu’elles relevaient de la même logique ! Enfin, sur le plan amoureux, la question de l’attirance physique est essentielle et malheureusement indépendante de l’appréciation morale d’une personne et des effets qu’une relation avec elle aura sur soi. En outre, j’ai eu assez d’occasions de voir mes amitiés s’approfondir, alors que les épreuves toutes particulières qui jalonnent l’établissement d’une relation amoureuse durable ont eu raison des miennes plus vite que je ne l’aurais voulu.

Je ne sais pas comment appeler ce sentiment du début. Je crois qu’il y a toujours eu au moins, avec des dosages divers, un sentiment de familiarité, de l’attirance, une présence apaisante, de la curiosité, l’envie de revoir la personne et d’en savoir plus. J’ai du mal à appeler ça « tomber amoureuse », même si cela semble être l’expression consacrée, parce que j’ai tendance à y aller un peu à reculons ;). Dans quelques rares cas, la sensation d’avoir rencontré quelqu’un d’exceptionnel, de différent, une âme-soeur, peut-être.
Pour peu que l’envie soit partagée et qu’un début de relation s’esquisse, les frontières s’estompent de manière extrêmement complexe, au moins pour moi. Mes amies ont souvent su que j’étais amoureuse avant moi : je savais qu’il y avait quelque chose, mais était-ce assez pour appeler ça de l’amour ? Il y avait tout de même telle, telle et telle chose qui ne me convenaient pas, ou m’inquiétaient pour l’avenir et puis, bref, je n’étais pas sûre.
Et pourtant, extérieurement, matériellement, les choses pouvaient aller très vite. D’une certaine manière, à partir du moment où j’ai assez d’éléments pour avoir envie de « tenter », je fais le grand saut, je donne une vraie chance à la relation.

Je me demande si ce n’est pas par désenchantement parfois. Cette voix dans ma tête qui dit « Si tu attends de le connaître, il y a des points qui ne te plairont pas, donc tu n’arriveras plus à tomber amoureuse après. Il faut le faire maintenant, pour que l’élan du sentiment amoureux te fasse passer outre ce qui ne va pas. Et parce que sinon tu ne vivras jamais rien ». C’est d’autant plus idiot qu’avec la personne que j’ai le plus aimé, j’ai eu amplement le temps de voir ce qui n’allait pas et ça ne m’a certainement pas arrêtée… c’est même le fait de l’aimer en connaissance de cause qui m’a convaincue que cette fois, c’était bien de l’Amour avec un grand A !

Pourtant, même dans des relations moins fortes, j’ai fini par saisir le moment de basculement, celui qui précède celui de l’Amour grand A (de beaucoup, celui-là n’arrive pas vite…), mais dépasse la simple curiosité et l’apaisement que procure la présence de l’autre. Je ne peux pas le décrire autrement que par une sensation de chaleur et de tendresse infinie, l’envie intense de prendre soin de cette personne. Les deux dernières fois où cela m’est arrivé, c’était précisément dans des moments de vulnérabilité de leur part, comme si le fait qu’ils me laissent voir leurs points faibles, cette honnêteté envers moi, m’attirait irrésistiblement. Peut-être parce que, moi-même, je ne me laisse aider que par les gens que j’aime (ou presque, disons que je n’appelle à l’aide que des gens que j’aime 😉 ) ?

Lorsque ce lien est établi, il n’y a pas de retour possible. D’abord, je sais que le lien est là, je ne peux plus l’ignorer. Je ne peux plus l’extirper non plus. Une graine a été plantée. Elle donnera ou non une plante, son devenir n’est pas en mon seul pouvoir, mais quoiqu’il arrive elle restera là, prête à refleurir si les conditions sont réunies un jour, source de tendresse infinie quoiqu’il arrive.
C’est de l’amour petit a… une sorte d’amour pour l’essence de cette personne, ses qualités et ses défauts propres à un instant t, indépendante de l’évolution de la relation et de la personne elle-même. En fait, c’est un amour sinon plus grand, du moins plus idéalement romantique que l’Amour grand A, parce qu’il est tout tourné vers l’autre. La même sorte d’amour que pour la famille ou les amis, avec un petit supplément d’intérêt 😉 . Un amour qui fait que je peux laisser partir l’autre et lui souhaiter bonne route, même quand je trouve ça tellement dommage et infiniment douloureux.
Je ne le dis plus désormais…  je pense que mes actes le traduisent, mais ce n’est pas un amour qui a besoin d’être dit, au contraire, j’ai eu l’occasion de constater qu’il peut être mal interprété (comme une demande d’Amour grand A) et faire fuir. C’est une étape pour moi, mais pas pour « nous ». Une reconnaissance, une appréciation de l’autre, dans tout ce qu’il a de spécial, un compliment intérieur.
Un jalon dans la relation, dans l’établissement du « nous », de l’Amour grand A qui, lui, a besoin d’être dit, ne se conçoit pas indépendamment de l’affection de l’autre.

En écrivant cela, je me demande si l’étape de l’Amour grand A, pour moi, ne correspond pas au moment où à mon tour, je consent pleinement à laisser l’autre m’aider, à me montrer vulnérable. Ce qui implique une très grande confiance, corroborée par une impitoyable analyse en mode Ti du fait que l’autre soit capable de faire passer mes intérêts avant les siens.

Donner plus facilement que recevoir, en somme…

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7 commentaires pour De l’amour… toujours

  1. Olya dit :

    Comme c’est exact ! J’ai eu sensiblement le même parcours et j’en suis arrivée à la même conclusion d’analyse : pour que ça dure, il faut faire suffisamment confiance pour recevoir ( de l’aide, des conseils , de la tendresse etc ..) alors qu’on est soi-même prêt à donner beaucoup presque inconditionnellement. Je me pose une question tout de même : pourquoi les INFJ ont cette tendance presque masochiste à créer des relations à sens unique ? Comme si l’amour n’avait de sens que dans la souffrance … Et quand bien même une autre personne veut nous aimer, on refuse, ce qui est absolument irrationnel ! Pour y arriver, je creuse un peu et mes pistes sont encore floues. Quels sont les critères chez l’autre qui amènent un INFJ à accepter de recevoir ? La certitude que cette personne nous connaît vraiment ? Qu’elle a raison ? Que ce qu’elle fait est vraiment bon pour soi ? Parfois je me mets à la place de l’autre personne et je prends conscience à quel point cela peut être frustrant et décourageant pour elle de m’aimer, où plutôt d’essayer de m’aimer car je ne lui en donne pas l’occasion. En faite, il se peut que pour que cela marche il faille que l’autre personne soit en mesure de concevoir les rares fois où l’INFJ accepte de recevoir de l’amour comme une preuve de réciprocité et … de s’en contenter ? C’est chaud quand même. Enfin bon, l’Amour, ce mystère …

  2. tyayana dit :

    🙂 j’avoue que – peut-être de façon trop présomptueuse – je ne me pose pas trop ces questions en temps normal, c’est autre chose si je me sens seule, par exemple. De mon point de vue, les choses sont assez simples : j’aime quelqu’un si cette personne a les qualités que je recherche, indépendamment du fait que ce soit réciproque, mais si elle m’aime sans avoir les qualités que je recherche, je ne vois pas comment faire naître des sentiments par magie…
    Je ne pense pas que nous cherchions particulièrement la souffrance, je pense que nous avons un haut niveau d’attente, ce qui restreint d’autant les chances de réciprocité. C’est malheureux, mais bon.. on me dit souvent d’en demander moins, mais là je sèche : être en couple avec quelqu’un en qui je n’ai pas confiance ? avec quelqu’un en qui j’ai confiance mais qui ne m’attire pas ? je ne vois pas comment cela pourrait bien se terminer…
    J’ai renoncé à l’idée que quelqu’un me connaisse vraiment (enfin bon, si un miracle veut se produire, je ne dis pas non…), mon critère, c’est comme je le dis dans l’article, que cette personne puisse occasionnellement faire passer mes besoins au premier plan, un intérêt sincère pour moi.
    J’essaie d’apprendre, précisément, à ne plus me mettre dans la tête de l’autre dans ce domaine, cela crée trop de confusion. L’amour c’est une chose très personnelle, que nul ne peut vraiment expliquer de toute façon. Je pense que s’il y a un domaine entre tous où il faut arriver à s’écouter soi, c’est celui là. J’ai aimé un homme dont j’ai vite compris qu’il était peu probable que cela débouche sur quelque chose, et que mes amis m’ont donc vite incitée à ne plus fréquenter. Mais je sentais qu’il fallait que je creuse cette relation, et elle a été un élément déterminant dans la construction de ma personnalité actuelle. Aussi douloureux que ça ait été, je ne pourrais pas en être plus reconnaissante. Si j’avais écouté mes proches, je me serais privée d’une incroyable occasion de grandir et de me découvrir moi-même, tout simplement.
    Tant que la relation dure, que la personne reste avec vous, c’est que quelque part, elle y trouve son compte… par contre, un point important, c’est d’être en paix avec soi-même et de se concevoir comme digne de recevoir de l’amour. Ça, ça se travaille et peut aussi expliquer une difficulté à recevoir des preuves d’affection…

  3. Lunaire dit :

    Bonjour à tous,
    L’amour est un vaste sujet. Je n’ai pas trop envie d’en parler…
    Par contre Tyayana, ta réponse à Olya et ton texte me semble venir de 2 personnes différentes. Et ce n’est pas le cas. Et j’ai cette impression de… Faites comme je dis, ne faites pas comme je fais !
    Dans ton texte je ressens un BESOIN d’amour et dans ta réponse une ENVIE d’aimer.
    J’aime beaucoup l’aspect de la confiance dans une relation de couple, une relation amoureuse. La confiance que l’on accorde à l’autre et probablement le confiance qu’on exige de l’autre. Car au travers de la confiance qu’on accorde, l’autre est parfois piégé et n’a plus aucune marge de manœuvre à cause d’exigence qu’on ignore imposer.

    « J’ai réalisé qu’en termes de temporalité, elle aime d’abord et apprend à connaître la personne dans un second temps, c’est-à-dire qu’elle l’accepte comme un candidat à l’amour avant de connaître tous les détails à son sujet »

    C’est effectivement un comportement caractéristique, sans aucun jugement de l’autre, pure perception de son propre ressenti.

    Si je reçois une question du genre « est-ce que tu m’aimes ? » je suis certains de répondre (et pour autant que ce soit vrai) « j’aime t’aimer ».

    Oui, aimer quelqu’un est comme une seconde nature dans mon cas, une sorte d’option qui ajoute valeur à la vie mais n’enlève rien à celle-ci. Si je ressens une forme de manque ou de vide dans une relation amoureuse, je vais rapidement envisager que cette relation n’est pas saine là où d’autres y verraient une preuve d’amour véritable. J’y verrai le risque de m’imposer à l’autre pour créer une illusion. L’autre devient la projection de mon amour et je suis capable de lui dire « je t’aime » au lieu de lui dire « j’aime t’aimer ».

    Lunaire

  4. tyayana dit :

    Lunaire, j’ai laissé décanter un peu avant de te répondre.. je passe mon temps à dire que je ne suis pas un exemple, donc non, ne faites pas ce que je fais et si vous voulez faire ce que je dis, c’est à vos risques et périls 😉 ..
    en fait, ce n’est pas contradictoire, je ne parle pas de la même chose dans le texte (amour petit a, relations d’essai/normales, basiques…) et dans la réponse (amour grand A). J’ai effectivement envie d’aimer quelqu’un pour les « bonnes » raisons, parce que cette personne m’attire vraiment, seulement ça n’arrive pas souvent, ce qui crée un vide, donc un besoin. Je ne sais décidément pas s’il est préférable d’essayer de combler le vide par soi-même ou de laisser le vide exister…

  5. Lunaire dit :

    Il n’y a pas de logique pure en amour, mais… Si le vide est comblé par quelqu’un, il est possible que ce vide revienne à la disparition de ce quelqu’un. Si le vide est comblé par toi-même, il revient au moment où toi-même disparaît.

    Je crois que comme souvent en matière d’émotion, il faut un peu des deux. Quelqu’un qui comble ce vide et être conscient que ce vide doit être comblé aussi par soi-même. Et ceci, avec cette connaissance de ce comportement par soi-même mais aussi avec l’autre.

    Un véritable échange au départ, et perpétué dans l’amélioration de l’un ET de l’autre vers l’autonomie.

    Le mouvement de départ en amour est probablement déclencher par un puissant attrait, un besoin… A combler ! (Et pas seulement un vide) On pense à tort que c’est l’autre qui détient quelque chose alors qu’il existe probablement un manque en nous-même. Puis, je crois, vient l’amélioration de l’un ET l’autre vers une autonomie de cet attrait pour apprécier la relation sur base d’envie et plus de besoin. On prend conscience que l’autre existe par et pour lui-même – au même titre que nous – et que notre manque nous appartient (et pas l’autre).

  6. Johanna alias caméléon dit :

    Bonjour à tous,
    Je ne suis pas venue depuis un moment, je dirais simplement que j’ai tendance à dire (je parle de moi, pour moi, pas pour les autres, que cela soit clair 😉 : je t’aime, à « ma façon »…
    Cette « façon » est complexe à expliquer.
    C’est à dire que je souhaite toujours le meilleur pour l’autre, j’aime l’aider à s’élever en quelque sorte, mais je n’ai pas ce besoin ou cette attente chez l’autre car je connais mes envies, mes besoins, mes valeurs. Et, j’en ai assez que les gens parlent d’amour, si déjà ils n’apprennent pas à s’aimer eux même et j’ajouterais l’ensemble du micro et du macrocosme…
    Bref, on est des êtres humains avant tout et nous avons tous le droit (ou pas, c’est purement neurologique), d’aimer LA bonne ou LA mauvaise personne. Ce sont des expériences de vie.
    De toute façon, j’ai une certitude, il y a différentes formes d’amour. Et …
    Le coeur n’a rien à voir la dedans. C’est autre chose… Plus simple et plus complexe.
    Bisous à tous, INFJ ou pas ou quoi…. Ce n’est pas le plus important.

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