La nuit noire de l’âme

Chers lecteurs,

Aujourd’hui, je me sens pleine de lumière, alors paradoxalement, j’ai décidé de vous reparler d’une période sombre. Peut-être parce que je me sens assez forte. Probablement parce que j’ai commencé à exorciser de vieux démons…

Aujourd’hui, j’ai fait une petite « immersion » dans le milieu qui a fortement contribué à provoquer mon burn-out (pour les curieux, allez voir par ). Pas par masochisme, non, non, mais tout simplement pour les raisons qui m’y ont amené en premier lieu, un peu comme aimer faire une activité pourrait vous amener à côtoyer des personnes toxiques. C’était très intéressant. J’étais nerveuse, bien sûr (comment vais-je le vivre ? est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? est-ce que je suis assez forte ?), mais il arrive un moment, je pense, où, si l’envie est là et qu’on se sent prêt, il faut aussi se confronter à ses peurs. Sinon elles grandissent et prennent toute la place.
J’ai mis beaucoup de temps à aller mieux, cela faisait bien un an et demi, je pense, que je n’y étais pas retournée, mais là je me sentais assez forte pour essayer, et je pense que j’ai bien fait. Aujourd’hui, avec du recul, une estime de moi reconstruite et une base solide, j’ai fait quelques constats : j’ai constaté que certaines personnes continuaient à m’ignorer et que c’était toujours désagréable, tandis que d’autres étaient quand même plutôt sympathiques, j’ai constaté que j’étais heureuse d’être là où j’étais et de me sentir utile, j’ai constaté l’écart avec mon milieu professionnel actuel et la violence latente, informelle, de celui que j’avais quitté, tout prestigieux qu’il soit. Et je me suis sentie contente et fière de mon choix.

J’ai des envies de revanche, bien sûr. J’ai envie de réussir dans mon coin et de leur montrer, à tous… ! mais ça, c’est mon sens de la justice, ou peut-être de l’injustice, qui parle, assaisonné de quelques films de superhéros 😉  J’ignore si je le ferai, j’ignore si j’en aurai l’énergie, mais ça n’est pas très grave. Ce qui est important, c’est que je sois heureuse maintenant, entourée de personnes qui me respectent et me montrent de l’appréciation.

Je vous écris tout ça parce que je pense que vous n’arrivez pas sur mon blog par hasard, tout simplement parce qu’on ne s’intéresse pas au MBTI par hasard. On y vient parce qu’on se pose des questions sur soi-même, son rapport aux autres, son « but » dans la vie… Quand je lis vos commentaires, vos questions (je suis en retard pour plusieurs réponses, mais je ne vous oublie pas, promis !), je retrouve mes interrogations (celles du moment, mais parfois aussi celles du burn-out et avec elles la sensation de tâtonner dans le noir total, incapable de choisir une direction). Je n’ai pas de réponse toute faite à vous apporter, car vous seuls pouvez déterminer le chemin qui vous convient, mais dans mon expérience, il y a une grande ligne directrice à suivre, toute simple : si vous ne vous sentez pas bien, changez quelque chose !

Ça n’est pas aussi simple que ça en a l’air écrit comme ça. Parfois, une sensation de mal-être est tellement familière que qu’elle appartient, l’air de rien, à notre « zone de confort » : c’est ce qui est en jeu lorsqu’on continue à fréquenter des personnes qui nous posent problème. Qui nous empêche d’arrêter de les voir ou de redéfinir les modalités de la relation ? Nous-mêmes, c’est tout. On a toujours le choix. Mais ce n’est pas facile, et si l’on reproche à l’autre de ne pas changer, eh bien… cela nous évite de devoir, nous, effectuer un changement.
C’est déstabilisant, un changement.
On a peur d’y perdre son identité.
C’était mon cas quand j’ai effectué ce gros changement professionnel, mais devinez-quoi ? une identité, ça ne se perd pas si simplement ! la preuve, ce milieu, j’y reviens. Mais tout doucement, selon mes propres termes. Et ça change tout…

Parfois, et cela a été mon cas, on ne « décide » pas de changer. Le changement s’impose à soi,
et c’est tout. Dans la mystique chrétienne comme dans le yoga, on parle de « la nuit noire de l’âme ». J’aime beaucoup cette expression. Elle désigne un moment de rupture, qui peut durer longtemps, une perte de repères/confiance associée à un changement profond, une sorte de petite révolution des priorités. Et c’est douloureux. Pour ma part, peut-être qu’employer cette expression est abusif, mais, rétrospectivement, je pense que ma période de burn-out était assez inévitable, voire… positive. Jusque là, j’essayais de concilier l’inconciliable… mon intuition m’emmenait dans une direction que je cherchais à rationaliser absolument, car j’avais été élevée ainsi. J’ai tenu un bon moment, lutté, même, et puis j’ai craqué, tout simplement parce que je suis d’abord une personne intuitive et émotive, avant d’être une personne rationnelle, et que ce n’est pas parce que je vais revêtir un costume de rationnelle que je vais le devenir ! Depuis, je me suis lancée dans un long chemin d’acceptation de moi-même, forces, faiblesses, intuitions, émotions et rationalité inclus.

Tout ça pour dire, finalement, qu’il vaut peut-être mieux ne pas trop lutter… allez là où votre cœur vous porte et faites vous confiance… si quelque chose est vraiment important dans votre vie, vous lui ferez une place, quoiqu’il arrive… et si vous ne lui faites pas de place, c’est peut-être que ça n’est pas si important…

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4 commentaires pour La nuit noire de l’âme

  1. Cyntar dit :

    C’est frappant, j’ai moi aussi vécu un événement assez similaire au cours de ma vie, cela n’était peut être pas allé jusqu’au burnout, mais je pense que je n’y suis pas passé loin.

    Dans mon cas, cela se traduisait par un sentiment de mal être constant, de manque de confiance, de sentiment d’inutilité dans ce que je faisais de ma vie (au travail). J’en suis sorti grâce à des recherches sur l’introversion, les types de personnalités, et une très longue réflexion sur moi même, mais pas que.

    Le véritable « déclic » s’est déclenché lorsque j’ai changé de milieu professionnel pour aller dans un autre bien pire que celui que j’avais quitté (qui n’était déjà pas fameux). Cette confrontation avec un univers au combien malsain, superficiel, arrogant, m’a tellement horripilé que j’en suis venu à la conclusion qu’il fallait être véritablement soi même pour que la vie vaille la peine d’être vécue, que l’authenticité, l’honnêteté, la sincérité et la bonté étaient les valeurs les plus importantes qui devaient gouverner ma vie, et pas les autres valeurs qu’on me projetait.

    Je suis donc entré en conflit direct avec mes supérieures, j’ai quitté mon travail pour aller dans un autre un environnement beaucoup plus chaleureux où je pouvais véritablement être moi même. J’ai peut être eu de la chance dans mon cas, mais j’aime à penser que la chance n’est qu’une probabilité plus ou moins élevée en fonctions des circonstances qui permettent de la provoquer (en l’occurrence, le désir de partir, la volonté de créer les occasions, et la croyance en ses valeurs).

    Je souhaite honnêtement à toute personne de passer par cette phase de « découverte » car le monde devient incroyablement plus claire à cette fin, et cela dépasse totalement la sphère professionnelle pour allées vers toutes les sphères qui composent notre vie.

    • tyayana dit :

      Merci pour ce commentaire, Cyntar. Je pense que toute personne est susceptible de vivre ce genre de moment, mais que peut-être les intuitifs y accordent plus d’importance, et finalement, c’est tant mieux puisque cela nous donne la possibilité de changer de route pour trouver un environnement plus épanouissant pour nous. Effectivement, je pense que la chance n’est qu’une composante d’une dynamique plus globale. Je crois beaucoup qu’on « fait » sa chance, en restant ouvert à ces ressentis, en cherchant des solutions, en acceptant de se remettre en question… Contente que vous ayez trouvé votre voie !

  2. OrionLeNébuleux dit :

    Salut !
    Quel courage ! J’ai découvert ce blog il n’y a pas très longtemps et j’ai été saisi d’intérêt quant à ton vécu introspectif assez similaire au mien. Je suis un INFJ certes plus jeune que toi mais je me reconnais beaucoup dans tes décisions de vie, tes choix, ta vision des choses ; c’est extrêmement plaisant de se savoir entouré par des personnes qui nous ressemblent malgré ce voile de solitude qui entoure certains INFJ. Il suffirait juste de s’ouvrir un peu plus pour les retrouver.
    Mais quel courage..! Moi même je ne serais pas encore capable de parler de ma « nuit noire de l’âme » à mes proches, je n’ai pas encore ce recul suffisant pour en parler librement sans raviver la tempête ahah !
    J’aime énormément cette expression « la nuit noire de l’âme », je ne connaissais pas mais j’adopte. Çela me fait penser à une citation de Carl Jung (un autre INFJ hehe) « Ce n’est pas en regardant la lumière que l’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité ». Je pense que toute les personnes qui ont connu ce point de rupture dans leur vie, les INFJ plus particulièrement (sans vouloir être ségrégationniste), comprendront la justesse de ces expressions.
    J’attend de voir tes prochains articles très bientôt, bon courage ! Merci !

    • tyayana dit :

      Bonsoir Orion ! Excuse-moi d’avoir traîné à répondre, c’était une période chargée… Moi aussi, j’apprécie de retrouver des personnes qui me comprennent, c’est précieux après des années de solitude ! Mais on en trouve, on en trouve… on a tendance à être attirés les uns par les autres, de toute façon. Certains environnements sont plus favorables que d’autres, mais internet est un merveilleux outil pour ça !
      Je raconte aussi tout ça parce que ça me fait du bien, c’est cathartique… et l’idée d’aider d’autres personnes à travers ce récit donne un sens aux moments difficiles. Il ne faut pas s’y forcer si ça ne veut pas (encore) sortir…
      L’une des forces des INFJ, c’est un mélange de perfectionnisme et d’intransigeance. Ça nous rend la vie difficile parfois, mais je pense que ça nous aide aussi à lui donner un sens.
      Merci pour les encouragements 🙂
      A bientôt !

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