Femmes qui courent avec les loups, Histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage, de Clarissa Pinkola Estés

Pour la seconde fois cette année, j’ai la sensation que le « juste » livre m’a accompagné au « juste » moment. Il est particulièrement savoureux à mes yeux que ces deux livres m’aient été recommandés par des personnes que je venais (relativement) de rencontrer et qui ne pouvaient savoir ce que ces lectures représenteraient pour moi. Dans le cas de Femmes qui courent avec les loups, s’ajoute le fait que je sois allée vers ce livre très spontanément, comme pour répondre à un appel, comme si je savais intuitivement qu’il était ce dont j’avais besoin. Et devinez-donc de quoi parle ce livre… ? D’aller écouter la sagesse profonde, instinctive, qui forme le socle de la psyché féminine…
Je ne sais honnêtement pas comment ce livre peut-être reçu par un homme, mais j’aimerais que vous ne vous en priviez pas à la seule lecture du titre, chers lecteurs, car il pourrait vous donner un éclairage précieux sur les femmes de votre vie.

Quand à mes lectrices… je ne vous dirai pas que cet ouvrage est facile à lire, car ce serait mentir, c’est probablement ce que j’ai lu de plus dense depuis fort longtemps, et je lui consacrerai vraisemblablement une seconde lecture, au moins, dans le futur. C’est certainement le livre le plus marqué par l’intuition introvertie que j’ai jamais lu, ce qui implique qu’il faille se familiariser avec la pensée de son auteur pour y « entrer ». De mon point de vue en tout cas, c’est vraiment un livre d’INFJ.

Et il est tellement riche ! Il comporte tellement de pistes à explorer ! Il vous donnera envie de courir les cheveux au vent, de créer, de danser, d’aimer, d’être libre, libre enfin…

A partir des travaux de Jung, des contes, des mythes et des archétypes, Clarissa Pinkola Estés nous dévoile les épreuves auxquels les femmes doivent faire face, les conditionnements auxquels elles sont soumises et la manière d’y résister, de progresser dans la connaissance et le respect de soi, même et surtout lorsque le chemin est difficile. La base de ce travail, ce sont les contes. Je ne sais pas si je vous en déjà parlé, mais je n’ai jamais perdu ma fascination d’enfant pour les contes de fée. Ils sont le trait d’union de toutes mes recherches, de tous mes centres d’intérêt : raconter une histoire… le besoin qu’ont les hommes de raconter des histoires, de se dire leurs propres histoires…. réfléchissez-y, si vous pensez que les contes sont pour les enfants : n’allez-vous pas au cinéma ? Ne lisez vous pas ? Et le théâtre, l’opéra ? Contrairement à nombre de nos divertissements actuels (quoique ceux-ci s’en inspirent parfois), les contes ont été polis par les générations qui les ont transmises, il n’en reste plus que l’essentiel. Vous n’y trouverez donc rien de superficiel, rien du « monde du dessus » comme le nomme l’auteur. Vous y trouverez la vie, la mort, l’amour, la filiation, la création. Les essentiels du « monde du dessous », celui dans les profondeurs duquel nous autres INFJ, nous nous trouvons bien… et dans lequel Clarissa Pinkola Estés nous apprend à évoluer, en nous rappelant à quel point il est également vital de remonter régulièrement à la surface.

Extraits choisis (avec difficulté !)  :

« Chez la femme, la compulsion à « tout soigner, tout régler » est un piège majeur élaboré par les exigences mêmes de notre propre culture, […] introduites dans notre psyché dans notre très jeune âge, alors que nous sommes incapables de les juger et de leur résister […] Mais une seule personne ne peut soulager toutes les douleurs de l’humanité souffrante. Il est possible de décider de répondre seulement aux appels de ceux qui nous permettent de rentrer régulièrement chez nous, sinon, la lumière de notre cœur risque de s’éteindre » p. 386.

« Les femmes qui ont des dons […] se posent toujours la question de savoir si elles sont de vraies écrivains, de vraies peintres, de vraies artistes, de vraies personnes. Et bien sûr qu’elles le sont, même si elles prennent plaisir à se torturer en s’interrogeant pour savoir ce qui est « vraiment vrai » p. 430.

« Lors des tâches de longue haleine – terminer ses études, finir un manuscrit, s’occuper d’une personne malade – vient toujours le moment où l’énergie a vieilli et s’effondre. Il est préférable que les femmes en prennent conscience au moment où elles se lancent dans ces tâches, car elles ont tendance à se laisser surprendre par l’épuisement. Alors elles se mettent à gémir, à marmonner, à murmurer au sujet de l’échec, de l’inadéquation. Non, non ! Cette perte d’énergie est dans la Nature. En affirmant l’existence d’une force éternelle chez l’homme, on est dans l’erreur […] La nature de Vie/Mort/Vie fonctionne de façon cyclique et s’applique à tout et à tous » p. 454.

Publicités
Cet article, publié dans Détente, Sur mes étagères, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Femmes qui courent avec les loups, Histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage, de Clarissa Pinkola Estés

  1. Laurence dit :

    Merci pour l’évocation de ce livre, qui fait parti de mes préférés en tant que femme, en tant qu’être créatif, et dont j’aime particulièrement ce passage :

    « La femme écrivain dont l’inspiration se tarit sait que la seule solution, c’est d’écrire pour contrer la sécheresse. Mais si elle est prise dans la glace, elle ne peut écrire. Il existe des peintres qui meurent d’envie de peindre mais se disent : « Laisse tomber. Ton œuvre est moche et franchement bizarre. » Il existe des artistes, encore incertaines ou déjà chevronnées, qui, chaque fois qu’elles prennent la plume ou le pinceau, chaque fois qu’elles enfilent leur justaucorps de danse ou lisent un scénario, entendent : « tu ne fais que des choses marginales ou inacceptables, parce que tu es toi-même marginale et inacceptable. »

    La solution ? Imiter le petit canard. Aller de l’avant, se battre. Prendre la plume, la poser sur le papier et cesser de gémir. Écrire. Prendre le pinceau et se mettre à peindre. Mettre son justaucorps, attacher ses cheveux et laisser aller son corps. Danser. Artistes de toutes disciplines, théâtre, musique, poésie et autres, cessez de parler, enfermez-vous et pratiquez votre art. Ce qui bouge ne peut en général geler. Alors, bouger. »

    Merci pour votre site qui éclaire de sa lumière l’être que je suis 😉

    • tyayana dit :

      Oh, merci Laurence ! moi aussi j’ai beaucoup aimé ce passage… la solution est si simple et paraît pourtant tellement inaccessible quand nous sommes prises dans la spirale de la dépréciation de nous-mêmes… cela rend ce conseil véritablement précieux.
      Votre remarque sur la lumière me touche plus que je ne peux le dire, à la fois parce que c’est mon objectif (qui a guidé, entre autres, le choix de mon avatar, plus ou moins consciemment) et parce que ce n’est pas si simple pour moi en ce moment. La lumière qui me revient par le prisme de votre commentaire est d’autant plus précieuse…

      • Laurence dit :

        Merci pour cet échange, où l’intuition s’est exprimée naturellement. Après la tempête vient toujours l’accalmie puis l’embellie. Très bonne soirée à vous.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s