L’INFJ et ses relations…

Si on me demandait ce que je préfère chez moi, je répondrai probablement que c’est mon intérêt bienveillant pour les personnes qui m’entourent. J’aime découvrir de nouvelles personnes ou approfondir ma connaissance de celles que je connais déjà. Je perçois chacune d’entre elles comme un petit univers, avec ses qualités et défauts propres, unique, différent. J’aime découvrir ce qui se cache derrière la surface, pourquoi telle personne est agressive, telle autre sur la défensive… essayer de trouver la clé pour la comprendre, pour l’aider, la rassurer.
La fonction secondaire des INFJ, Fe, le Sentiment extraverti, m’aide à trouver la juste manière d’exprimer cet intérêt, pendant que mon Intuition introvertie repère les non-dits, que ma Pensée introvertie ordonne les informations tout en traquant d’éventuelles incohérences et que ma Sensation extravertie enregistre le langage corporel. Nous autres INFJ sommes probablement l’un des types les plus doués pour nous mettre au diapason des autres, pour peu que nous le voulions (ce qui ne veut en aucun cas dire que ça marche à tous les coups. Il y a des personnes qui restent un mystère pour moi…). Je le sais d’autant mieux que j’ai parfois la surprise de le vivre « de l’autre côté », lorsqu’un ou une INFJ de ma connaissance décide de se pencher sur mon cas.
Cette qualité ne va pas sans inconvénients, cependant. Tout d’abord, ce n’est pas parce qu’on s’intéresse à quelqu’un qu’on a envie de l’intégrer à son cercle d’intimes. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de « voir » quelqu’un (j’entends par là, voir au delà des apparences, avoir de la sympathie pour cette personne, sentir ce dont elle pourrait avoir besoin, ce que je pourrais peut-être lui apporter…) sans pour autant souhaiter un rapprochement avec elle. Dieu sait que j’ai pu me flageller pour ça – et ça m’arrive encore… – , tout en ayant conscience du fait qu’il y a quelque chose de complètement narcissique dans le fait de penser que ne pas accorder mon amitié ou mon amour relève de la haute trahison… cependant, être INFJ n’empêche pas d’avoir ses besoins propres, au contraire : celui de pouvoir s’isoler, bien sûr, mais aussi celui de pouvoir se confier et évoluer, grandir, à travers nos proches. Quelle que soit notre sympathie pour quelqu’un et notre souhait de l’aider, cela ne garantit pas que cette personne soit en mesure de faire quelque chose pour nous (Cela peut sembler froid et rationnel, dit comme cela, et ça l’est, sans doute, mais cela se comprend si l’on garde à l’esprit les deux besoins primordiaux, à mes yeux, des INFJ : être aimé/compris et progresser. Quelqu’un qui ne peut répondre à aucun de ces deux besoins n’offre qu’assez peu d’intérêt à nos yeux) Il faut alors marcher sur la corde raide qui consiste à soulager autant que possible sans donner de faux-espoirs à l’autre. C’est délicat. On donne trop un jour, pas assez l’autre, et la mesure doit être ajustée pour chacun. Pas facile.
L’autre problème, pour moi, ce sont les changements de situation. Ils ne concernent évidemment pas les « vrais » intimes, ceux dont on sait que quoiqu’il arrive, ils continueront à faire partie de notre vie, malgré la distance et le temps qui passe. Ceux que l’on retrouve après cinq ans sans nouvelles comme si on les avait quitté la veille. Ceux qui vous connaissent suffisamment pour vous accepter exactement comme vous êtes, même si ça veut dire un peu moins là. Mais tous les autres. Ceux qu’on aime, mais qui font partie d’un cercle plus éloigné. Ceux avec qui on a partagé avec plaisir un quotidien, une activité, un travail, des expériences…  avant qu’un changement n’intervienne, un déménagement, des contraintes, parfois juste un nouvel état d’esprit. Je ne suis pas plus douée pour garder le contact avec ceux-là que pour m’en séparer. Je ne les aime pas moins, c’est tout le problème, je pense à eux avec tendresse, mais ils ne font plus partie de ma vie présente, il me semble que leurs tentatives de me garder près d’eux sont forcées, qu’ils m’enserrent dans les fils de leur affection pour tenter vainement d’arrêter le temps. Ils empiètent sur mon présent, mon besoin de solitude. Ils me rappellent parfois des évènements que je voudrais oublier. Ce n’est pas leur faute bien sûr, je ne peux pas légitimement le leur reprocher… et je m’en veux dans ces moments là, je me sens cruelle et froide, je leur en veux aussi parfois de me faire culpabiliser alors que je devrais assumer mes décisions et partir sans un regard en arrière, si c’est vraiment ce que je veux. Mais je veux l’impossible ! Je veux les garder en ajoutant de nouvelles personnes dans ce cercle que je ne peux pourtant pas agrandir. Je veux figer le temps pour rester avec chacun d’eux toujours, tout en continuant à évoluer. Je pleure de devoir les laisser derrière moi et pourtant c’est la seule chose que je puisse faire, car la vie est ainsi faite, elle n’attend pas.

C’est l’automne. Les feuilles tombent, les arbres n’essaient pas de les retenir…

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6 commentaires pour L’INFJ et ses relations…

  1. Lunaire dit :

    Bonjour Tia,

    J’aime bien ton témoignage. Cependant, je ne peux m’empêcher de le découper en trois parties.

    Partie numéro un: le fonctionnement de l’INFJ. Dans l’ensemble, je suis assez d’accord avec toi. Mais je crois sincèrement que l’acquisition du non-verbale avec Se ne fonctionne pas toujours correctement. On sait des choses – la fameuse bulle de savoir Ni qui vient exploser à la surface sans savoir d’où elle vient. Il est bien possible qu’au niveau inconscient – c-à-d fonction de l’ombre – des informations viennent nourrir Ni et nous force à des certitudes sans explication, sans possibilité d’argumenter. Avec le temps, prendre conscience de la mine d’information fourni par Se est véritablement capital pour un INFJ épanouis.

    Partie numéro deux: les relations et particulièrement cette étrange faculté de reprendre une relation là ou elle s’est arrêtée (5 ans après comme-ci c’était la veille). Je crois que c’est un trait de caractère lié à l’intuition et teinté par le sentiment, c-à-d que selon moi, tout les NF le font. Cela n’enlève rien à ce que tu dits, cela donne une dimension plus générale à ce comportement.

    Partie numéro trois: j’ai cette curieuse impression que tu t’auto alimente (boucle Ni-Ti). D’un côté, affirmation de l’antenne Fe qui fonctionne bien… De l’autre, affirmation du besoin de couper cette antenne de réception formidable. Je me suis souvent demandé comme couper le contacte, toujours en hyper perception des autres. La solution – MA solution – toucher consciemment Se pour que la perception ne soit plus mentale mais véritablement physique. Car, Fe est une fonction mental, une fonction de jugement, et on est humain et faillible dans nos jugements.

    Et pour conclure: tu as le droit de choisir ton entourage. Il y aura toujours des personnes pour souhaiter te choisir dans le leur. Mais au final, nous avons ce droit de gérer notre côté des relations et de positionner proche ou moins proche tout un chacun. Et cela, même si l’on est INFJ. Je crois aussi qu’un INFJ fonctionne comme un condensateur en matière de relation. Il accumule l’énergie relationnel et libère tout d’un coup pour devenir inerte pendant un moment. Certaines personnes vont faire attention à nous dans nos moment de pleine charge et d’autres personnes pendant nos moment d’inertie. Mais nos vrais amis – ceux qui nous connaissent vraiment – accepte ces deux états. Tantôt proche et terriblement profond dans la relation; tantôt très éloigné et totalement coupé.

    Bonne journée
    Bonne continuation

    Lunaire

    • tyayana dit :

      Bonsoir Lunaire,
      Découpe, découpe, je t’en prie ! si ça te permets de t’approprier le texte… je te suis tout à fait pour tes remarques sur les deux premières parties, celles relevant de la troisième me sont un peu plus obscures. Je crois que je vois, mais je ne suis pas sûre. Le fait que Fe soit faillible, oui, tu as bien raison de le rappeler (et trop m’appuyer dessus est sans doute un de mes défauts), mais ta solution « toucher consciemment Se »… oui, je crois que je vois ce que tu veux dire, mais je ne suis pas sûre. D’un autre côté, je pense que c’est justement parce que je commence à travailler vraiment dessus..
      Merci pour tes remarques… « nos vrais amis – ceux qui nous connaissent vraiment – accepte ces deux états. » : c’est tellement vrai ! peut-être est-ce une des clés de notre éloignement, parfois… « tester », indirectement, comme la relation survit à cet état qui est parfois un besoin pour nous… en un sens, je crois que la relation qui se noue en « pleine charge » me paraît presque manquer d’authenticité par rapport à celle des moments de perception pure que j’identifie comme en accord avec mon être profond. Rares et précieux sont ceux auprès de qui on peut rester assis en silence…

  2. ZoO dit :

    Hi !
    Je réagis un peu tard à ce billet, mais je tenais à le faire je me retrouve dans ce que tu dis. Personnellement, j’éprouve une profonde culpabilité lorsque j’ai besoin de solitude, et que mes ami(e)s ont besoin de moi. Parfois, je ne peux pas leur donner ce qu’ils attendent, parce que je suis dans une phase de besoin intense de solitude. Je culpabilise de ne pas avoir rempli mon rôle, de ne pas avoir été assez là. Je culpabilise aussi parfois lorsque je n’apprécie pas quelqu’un c’est assez pénible ^^ » j’ai l’impression d’avoir une sorte de devoir envers les autres, mais aussi envers moi-même et concilier les deux peut parfois être une véritable souffrance !
    Ce que tu dis sur les besoins des INFJ est très juste « être compris/être aimé » En fait, je pense que nous aimerions être aimé/compris de la façon dont nous aimons, qui est je pense particulière (je dis ça sans condescendance !). Il m’est arrivée d’être en colère, ou du moins fortement contrariée car une amie proche ne m’avait pas compris, j’avais l’impression qu’elle ne savait pas qui j’étais vraiment, qu’elle ne me voyait pas. C’est très étrange, ce besoin d’être compris, réellement, et assez paradoxale parfois avec ce besoin de solitude intense et le fait d’aimer être avec soi-même.
    Enfin bref, je me retrouve totalement dans tes propos 🙂

    Bonne soirée 😀

    • tyayana dit :

      Bonsoir Zoo,
      merci ! c’est dur, hein ? mais on s’habitue à demander sa solitude, et les amis s’y font aussi peu à peu, parce qu’ils voient bien qu’on est là quand il faut vraiment. Ceux qui ne peuvent pas comprendre… ne sont sans doute pas taillés pour être amis avec nous, malheureusement. Je vois très bien tout ce que tu veux dire… je pense qu’avec le temps et la connaissance de notre type, il devient plus facile de faire accepter nos besoins d’une part mais aussi de travailler à les relativiser d’autre part. Bon courage !

  3. lilie dit :

    Je suis vraiment touchée par ce que tu as dit dans l’article et la seule chose que je puisse te dire, c’est que je te comprends. Le seul problème c’est qu’à force de vouloir tenter l’impossible on se brise les ailes. Mon problème dans ma tête c’est que je voudrais aider tout le monde, garder contact avec tout le monde, mais ce n’est pas possible. Ça me rend triste de t’entendre dire ça (quand je dis ça je parle d’une grande partie de ton article) parce que c’est exactement ce que je ressens et que je n’arrive pas à trouver de solution,je ne peux pas essayer d’aider parce que je n’y arrive pas. Moi non plus je n’arrive pas à garder contact avec certaines personnes et pourtant je ne peux pas les oublier, ils me rattachent à des souvenirs, heureux et malheureux, parfois nostalgique maintenant et j’aimerais bien leur hurler: « mais laisse moi partir bordel!!!! Je veux oublier, ne pas me torturer pour toi, ne plus avoir mal. » Et pourtant ce n’est pas de leur faute, c’est égoïste de ma part de penser qu’ils y sont pour quelque chose. Le problème ne vient pas d’eux et pour autant (ça j’ai du mal à l’accepter) il ne vient pas non plus de nous. Il vient de notre nature, c’est notre façon d’être qui est comme ça. C’est notre réaction, nos réactions. Mais ce n’est pas de notre faute, je ne crois pas qu’on puisse le changer, et je trouve ça quand même beau, horrible mais beau, sadique mais normal. Ça montre notre attachement même si cette personne ne fait pas partie de nos intimes. Il y a aussi quelque chose d’autre qui m’a touchée, c’est vrai ça arrive souvent que des personnes interprètent mal mes paroles, ce sont des connaissances pour moi, je veux les aider mais je le ferais pour tout le monde ou presque. Je me trouve méchante de les repousser mais je n’ai jamais voulu que ça se termine comme ça. On donne, on cerne, on comprend, ou alors on aide puis après ça cloche. Quand ça commence à clocher je me sens vraiment mal et je me trouve horrible, je ne peux même plus me regarder dans un miroir. Une petite chose peut prendre des grandeurs inimaginable pour les autres. Tout ce que je viens d’écrire c’est juste mon avis, peut être que tu ne le ressens pas comme moi, mais je tenais à faire ce commentaire car cet article m’a particulièrement touché.

    • tyayana dit :

      Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis… et tu vois, je ne suis pas beaucoup plus avancée 😉 Je pense que là encore, c’est une question de limites à poser, et puis d’acceptation du fait que c’est la vie, certaines personnes sont juste  » de passage » près de nous, il faut en profiter et accepter quand ça se termine…

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