« L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir » de Rosa Montero.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un drôle de petit livre. Pas drôle-amusant, non, mais drôle-étrange-fascinant, une sorte d’OVNI littéraire.

Un peu de contexte, tout d’abord : en ce moment, je n’ai pas vraiment le temps de lire, pas ce que j’appelle les « livres-détente », en tout cas. Cependant, ayant passé un premier cap début février, j’ai décidé de m’offrir une récompense, un « petit » livre. Oui, je classe mes livres par catégorie. 200 pages, écrites pas trop petit, pas trop denses, ça entre dans la catégorie « petit » (vous ne voulez pas savoir ce que j’appelle un « gros » livre. Je vous assure, vous ne voulez pas…vous ne voulez pas non plus répondre à la question « un gros livre peut-il également être un livre détente pour l’auteur de ce blog ?  », en cinq heures et huit pages écrites à la main à l’encre foncée. Non, non. Moi non plus d’ailleurs 😉 ).

Ce livre est, je crois, l’un des plus petits sinon le plus petit qui se trouvait dans ma PAL (pile à lire, pour ceux qui ne fréquentent pas les blogs littéraires). Enfin, une de mes PAL et autres sacs, cartons et conteneurs à livres variés qui encombrent mon appartement 😉

Bonus, ce livre m’a été offert par une amie ENFJ qui m’est très chère, avec qui j’ai passé des heures à décortiquer le sens de la vie et à examiner au microscope le moindre événement de nos vies respectives, jusqu’à ce qu’elle parte rejoindre son amoureux (je vous rassure, nous ne nous sommes pas perdues de vue pour autant, mais le fait est que nous n’avons plus vraiment la possibilité de partager les petits riens du quotidien. Pour l’instant, en tout cas). Il lui avait fait penser à nos conversations.

Tout cela était fort prometteur. Le contenu annoncé était cependant déroutant et, pour tout dire, reste difficile à résumer, même après lecture. Il s’appuie sur le journal de Marie Curie, écrit après la mort accidentelle de son mari Pierre, à travers la lecture qu’en fait l’auteur… qui a elle-même perdu son compagnon. Vous l’aurez compris, c’est un livre qui parle de la mort, beaucoup. Mais ce n’est pas un livre triste. Aussi cliché que cela puisse paraître, c’est un livre qui parle de la vie à travers son négatif, la mort. Alors évidemment, il y a des passages qui résonnent avec la perte de vos propres êtres chers et parfois c’est un peu douloureux… mais c’est aussi un moment passé avec eux, quelque part. Un moment pour comprendre un petit plus ce qu’on traverse dans ces périodes là, un petit peu mieux, mais pas forcément beaucoup parce que fondamentalement, c’est indicible. En ce sens, c’est un texte précieux, car rares sont ceux qui portent sur ce sujet.

Il y a cependant beaucoup, beaucoup d’autres thèmes abordés. A mes yeux, c’est un (petit) défaut de ce livre : il part un peu dans tous les sens. Il y a plus d’un thème que j’aurais voulu voir creusé, mais c’est peut-être à l’image de la vie et des centres d’intérêt auxquels on s’attache un temps, puis qu’on délaisse avant d’y revenir plus tard. L’auteur l’a matérialisé d’une manière qui m’a déroutée au premier abord, puis finalement beaucoup plu : des hashtags ! Voici donc, façon teaser, ceux que j’ai préféré : #FaireCeQu’IlFaut, #PlaceDeLaFemme, #FaiblesseDesHommes (un grand cru !) et celui qui m’a le plus touchée, celui qui m’a totalement prise au dépourvu parce que c’est paradoxalement LE mot qui s’est imposé en moi alors que je me remettais lentement de mon dernier deuil : #Légèreté.

#Coïncidences (Lisez, vous comprendrez).

Il y aurait sans doute beaucoup d’autres choses à dire sur ce livre. La question de la #PlaceDeLaFemme, de la chercheuse en la femme et de la scientifique dans le monde – notamment, mais pas seulement, académique – y est traitée de façon particulièrement intéressante. La question de la création, notamment littéraire, comme dépassement de la finitude humaine aussi. Elle n’a pas de hashtag. C’est un peu dommage.

Ah, et puis c’est anecdotique, mais ce n’est, je crois, que le deuxième livre d’une auteur espagnole contemporaine que je lis… les deux partagent un ton chaleureux, dont je me demande s’il est typique, celui d’une amie de longue date avec laquelle on discute tard dans la nuit…

Pour finir, deux citations :

« [Définissant de belles obsèques : ] Elles ont servi aux vivants en prenant soin des morts »

Et ma préférée : « nous sommes les reliquaires des gens que nous aimons »

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