Reality check

Chères lectrices, chers lecteurs,

Durant l’année qui s’est écoulée, je n’ai pas beaucoup posté sur ce blog. Je ne sais plus très bien si j’ai explicité pourquoi ou si ça s’est perdu dans mon « manque de temps » habituel, mais je voudrais revenir un petit peu sur ce qui s’est passé.

Cette année, j’étais encore moins disponible que les années précédentes, non plus à cause du mix traditionnel d’activités diverses et de fort besoin de solitude qui me caractérise, mais parce que je préparais des concours. J’y ai consacré beaucoup de temps (un peu plus de 500 heures, j’ai compté dans mon petit bujo), en plus d’un travail à temps plein. J’y ai sacrifié mes congés, mes cours de danse (j’ai quand même gardé le yoga parce qu’il y a un moment où c’est une question de survie…), l’éventualité de rencontrer quelqu’un…
J’ai été admissible…
Et c’est tout.

Dix mois d’efforts, de lutte contre moi-même, de frustration, et je n’ai pas été admise.

Ça veut dire qu’il va de nouveau falloir que je cherche du boulot. Ça veut dire que je reste contractuelle précaire. Ça veut dire que je ne peux toujours pas consacrer mon temps « libre » aux sujets qui m’intéressent. Ça repousse d’autant le fait de m’établir de façon stable dans une ville qui me plaise. Ça complexifie le fait de m’établir avec quelqu’un. D’avoir un enfant, un jour, peut-être.
Et en plus, il va encore falloir que je me farcisse ses fichues révisions !

Bref, je serai vulgaire, pour une fois : ça fout sacrément la merde dans mes beaux plans soigneusement élaborés !

Si je vous raconte ça, ce n’est pas pour me faire plaindre (j’ai pleuré un grand coup, été déprimée pendant deux jours, dégoûtée pendant un peu plus longtemps et ensuite j’ai profité de mes super et très méritées vacances en m’offrant le voyage en Inde dont je rêvais depuis des années), c’est parce qu’il y a dans les milieux du développement personnel une dangereuse tendance à la « success story », à laquelle j’ai moi-même souvent envie de croire. L’idée est basique : du moment que vous y mettez suffisamment de temps, d’énergie, que vous (vous) « investissez » assez, vous pourrez atteindre votre objectif.
Corollaire : si vous échouez, c’est que vous ne vous êtes pas assez investi ! gros  paresseux ! c’est de votre faute ! fallait bosser plus ! être plus ceci ! moins cela !

Et c’est là qu’intervient le reality check : parfois, ça ne marche pas. Et c’est comme ça, c’est tout. Il n’y a pas forcément quelqu’un à blâmer, c’est juste comme ça. Il y a des facteurs qu’on ne peut pas contrôler. Je suis idéaliste au cœur, mais la tête me force à admettre que parfois, la vie est injuste (je ne dis pas nécessairement que c’est le cas pour moi ici, je parle en général). C’est moche, mais c’est comme ça.

On peut en faire une leçon, dans certain cas, et c’est sans doute la meilleure manière d’appréhender l’échec qui soit… mais peut-être même pas toujours. L’idée que « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » est belle, mais très utopique, à mon avis. A moins que ça ne dépende de l’interprétation que l’on fait du terme « fort », mais je ne suis pas spécialiste de Nietsche 😉

Alors voilà, à tous les INFJ et les perfectionnistes qui lisent ce blog, j’avais juste envie de dire « parfois, malgré tout mes efforts, je foire ». J’essaie de prendre les choses de façon aussi positive que possible, mais si on regarde crûment la réalité en face, c’est ce qui c’est passé. Ca vous arrive(ra) sans doute aussi. C’est normal. C’est juste le fait d’être humain. Ce n’est pas parce qu’on se fixe des objectifs qu’on les atteindra tous. On ne deviendra jamais parfaits, quoiqu’en disent les sites de développement personnel et les guru en tout genre. Au mieux, je pense, on arrive à identifier ses faiblesses et à les compenser plus ou moins.

Je pense que j’ai la chance d’avoir ce que la psychologue américaine Carole Dweck appelle un « état d’esprit de développement » (c’est un INFJ qui m’a fait découvrir ses travaux, et je l’en remercie encore). Je ne crois pas en avoir déjà parlé ici – et si c’est le cas, je répète, pas grave – mais c’est fascinant. Elle différencie deux approches de l’apprentissage, l’une figée (on réussit ou on échoue), l’autre évolutive (on n’a pas – encore – réussi). Pour en savoir plus sur ses travaux, vous pouvez voir sa page sur wikipédia ou la petite vidéo ci-dessous. Comme je suis plutôt « évolutive », je suis en train de redéfinir mes objectifs pour l’année à venir. Ils ne sont pas encore tous fixés, ou en tout cas je n’ai pas encore clairement défini combien de temps je consacrerai à chaque élément, mais je sais deux choses : 1/ je repasserai probablement des concours 2/ je ferai en sorte d’avoir une année plus « cool », parce que les sacrifices, ça commence à bien faire 😉

Voilà, alors que la rentrée approche, j’avais envie de vous dire, ainsi qu’à moi-même : fixez-vous des objectifs, mais ne soyez pas trop durs avec vous-mêmes. Je ne sais sincèrement pas si se préparer à la possibilité de l’échec conduit à celui-ci, comme on me l’a dit avant mes oraux. Selon cette interprétation, j’ai peut-être trop cherché à me protéger. Tant pis. On ne le saura jamais, et il n’y a rien de plus important à mes yeux que de prendre soin de moi-même. Protéger la petite flamme d’enthousiasme qui me fait apprécier la vie. Il n’y a pas si longtemps qu’elle était menacée….
A chacun d’entre vous de doser efforts, sacrifices et plaisirs, en fonction de vos convictions personnelles, mais n’oubliez pas que vous n’avez pas forcément toutes les cartes en main non plus…

Bonne rentrée à tous !
(ps : je m’occupe bientôt des réponses à vos commentaires, promis !)

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