Lâcher (un peu) prise au temps du coronavirus

Comment allez-vous, en cette fin de 4ème semaine ? Alors que nous attendons de savoir ce qui nous arrivera après le 15 avril, alors qu’une légère amélioration – ou plutôt une baisse de la tension, peut-être – se produit dans nos hôpitaux, quel retour portez-vous sur ces 4 premières semaines ?

De mon côté, le ressenti est un peu biaisé en raison d’un évènement survenu il y a une dizaine de jours qui a rompu la routine qui commençait à s’installer. Celle-ci se remet progressivement en place, le stress est retombé et je me sens un peu plus sereine, d’autant que j’ai pris quelques jours de « vacances », même s’ils ont été assez occupés par des tâches quotidiennes. Le simple fait de ne pas avoir à me mettre la pression pour télétravailler m’a fait du bien ! Ceci dit, évidemment, la linéarité du confinement a été rompue, ce qui limite certainement mon sentiment de saturation.

Les premières semaines, je n’arrivais pas à décrocher des informations, ce qui est totalement contraire à mon tempérament ordinaire, peut-être mue par un besoin de connexion dans cette situation inédite. Le fait de m’être activement forcée à décrocher, notamment en week-end, m’a aidée à retrouver un peu d’équilibre.

J’ai dû sérieusement revoir à la baisse mes ambitions ! Comme je vous l’écrivais, j’avais plein de projets… seulement, il y a le télétravail, les tâches quotidiennes, la vie de famille… et finalement, le temps est passé très vite pour moi. J’ai bien conscience d’être privilégiée car je ne vis pas ce confinement seule, j’y ai échappé de peu et mes pensées vont vers ceux qui n’ont pas eu le choix et vivent dans de petits espaces en ce moment.

Finalement, cette période ne ressemble en rien, pour moi, à une longue plage de temps libre qu’il faudrait occuper dans le désœuvrement… ou à un emploi du temps millimétré me permettant de la rentabiliser au maximum. Finalement, c’est un temps de vie pendant lequel je me heurte à peu près aux mêmes difficultés que d’habitude pour m’organiser, et où j’aboutis à peu près au même résultat : je fais un peu de tout. J’ai réussi à mettre en place une forme de routine, aidée par le fait de ne pas être seule, donc je ne dépasse pas une certaine heure de coucher, ni de réveil, et je m’habille tous les matins (il paraît que ce n’est pas le cas de tout le monde – mais je ne juge pas !). En dehors du travail, je passe du temps avec ma famille, j’échange des nouvelles avec mes amis, je sors tous les jours faire un tour, je fais un peu de sport, de temps en temps, un peu de lecture, un peu de méditation. J’ai regardé un ballet et une pièce de théâtre ouverts au visionnage de façon exceptionnelle. Je feuillette des revues et des catalogues d’art stockés dans cette chambre où je passe d’ordinaire trop vite pour leur consacrer le temps que je voudrais.

Un peu de chaque chose pour trouver une forme d’équilibre et je fais mien l’appel à ne pas trop s’en demander en cette période d’incertitude. J’ai encore du mal, je culpabilise souvent de ne pas travailler plus, ou de ne pas profiter de cette période pour une vraie grosse lecture de plusieurs centaines de pages. Cependant, il a fallu me rendre à l’évidence : ma capacité de concentration a fondu. Littéralement. Bien que je sois dans un environnement très calme, dans laquelle il devrait être facile d’oublier ce virus, il n’en est rien. Une partie de moi sait et s’agite à l’intérieur. Alors je lis plutôt des mangas, de courts romans, je regarde de belles images… Il est peut-être dommage de ne pas en faire plus, mais c’est ainsi pour l’instant, il faut l’accepter.

Travaillant dans le secteur culturel, j’ai été bien placée pour voir le déluge d’offres qui a plu depuis le début du confinement. C’est une belle démarche, mais je me demande si c’est vraiment ce dont nous avons besoin. Quelque part, cela nous pousse à reproduire la course à la productivité qui nous a amené ici… j’ai bien conscience que tout le monde n’a pas le luxe de profiter de cette période pour faire son introspection, mais pourquoi en éloigner ceux qui le pourraient / souhaiteraient ? Je doute que la solution à tous nos maux soit dans l’accumulation… nous le saurions !

Donc, je vis plutôt bien la situation, mais je fais de petits constats : la force du plaisir ressenti à voir des visages familiers en visio, une envie d’achats futiles (à ma décharge, cela fait presque un an que je me restreins étant donné mes déménagements successifs)… Et, oui, c’est un peu contradictoire avec le paragraphe précédent ! Et c’est comme ça, je ne suis pas détachée des choses matérielles, loin de là ! J’ai même réalisé, à force de vivre avec « l’essentiel » de mes affaires (je n’ai pas tout déménagé), voire « l’essentiel de l’essentiel » quand il a fallu glisser dans une valise de quoi aller passer ce confinement, que malgré ma fascination pour le minimalisme, cela ne me correspondait pas à mon tempérament. J’aime avoir le choix, j’aime les beaux objets qui seront difficiles à assortir… Faire des choix pratiques est un challenge que je relève, mais auquel s’ajoute toujours une touche de superficiel « de confort ».
Petit à petit, ainsi, je cherche mon équilibre personnel… je m’allège de ce qui est « mon » superflu, j’affine mes choix, je tends vers la qualité, mais en respectant mon rythme et mes besoins.

Et je pense qu’en ces temps troublés, si vous le pouvez, c’est ce qui vous sera le plus utile : respecter votre rythme et vos besoins.

Prenez soin de vous !

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