Douceurs de Noël passées au prisme de Ni…

Mon livre préféré, adolescente, c’était « Les quatre filles du Dr March ». Je l’ai lu je ne sais combien de fois. J’aimais presque également les quatre sœurs, je me retrouvais dans un peu de chacune d’elle, sauf Amy petite, qui était vraiment trop horripilante ! Je voulais être une bonne maîtresse de maison, comme Meg, douce et patiente comme Beth, j’étais sensible aux arts comme Amy… quant à Jo, je n’avais pas vraiment besoin de chercher quelque chose à imiter chez elle, j’étais moi aussi toujours fourrée dans un livre !

J’ai attendu des années pour trouver la suite, convaincue que Jo allait épouser Laurie. J’ai fini par trouver la suite, et j’ai mis du temps à en saisir la justesse.

J’ai trouvé d’autres suites. Et j’ai continué à lire Louisa May Alcott, désormais dans le texte. Et j’y ai presque toujours retrouvé les mêmes ingrédients, qui me font sentir « comme à la maison », une maison rêvée, mais avec de véritables morceaux de vie dedans ! C’est délicieusement suranné, pour le dire gentiment, mais j’adore les valeurs que j’y trouve. Et le regain d’énergie pour essayer de « faire les choses bien » et « être la meilleure personne possible ». Alors, à Noël, l’un de mes petits plaisirs, c’est de lire quelques uns de ses contes ou de ses nouvelles. Il y est question d’humilité, de travail, de petits sacrifices qui n’ont l’air de rien mais coûtent cher à ceux qui les font. Et d’amour. Pas de romance façon coup de foudre et crises de jalousie, mais de respect et de tendresse qui ne font que croître avec le temps qui passe.

Pas vraiment les valeurs d’aujourd’hui… mais elles ne l’étaient déjà pas à l’époque, semble-t-il ! Mes héroïnes sont décriées comme « naïves » par leurs petites camarades avides de soirées dansantes et autres prétendants, mais leurs mères, pères et grands-parents sont toujours là pour leur rappeler tendrement l’importance des petits gestes et des efforts quotidiens.

C’est démodé, sans doute. Dépassé. Ça ne va pas vite, ça n’est pas violent et il n’est définitivement pas possible de faire plus chaste (Ah, le gant disparu de Meg…)  ! Plus personne – à part l’INFJ de service – ne peut s’intéresser à ce genre de lecture, bien sûr. On pourra m’objecter que « Les quatre filles.. » ne cesse d’être adapté (un huitième film en préparation pour l’année à venir) et que Simone de Beauvoir – excusez du peu ! je l’ai découvert avec plaisir récemment – s’en réclamait (Je n’en ai pas parlé ici, mais les héroïnes d’Alcott sont définitivement féministes, que ce soit dans leurs éventuels mariages ou dans leurs vocations professionnelles). Je suis toujours un peu étonnée quand je réalise à quel point mes « auteurs de cœur » sont lus et appréciés. Il me semble toujours que mes goûts sont « trop bizarres » et trop confidentiels pour que ce soit possible. Et pourtant… de quoi donner un petit peu d’espoir en l’humanité ? Rassurer l’INFJ solitaire qui se croit peut-être plus incompris qu’il ne l’est réellement ? Qui n’a pas de blog et / ou de commentaires de ses lecteurs pour lui rappeler qu’il n’est pas seul 😉 ?

Quoiqu’il en soit… le succès des « Quatre filles… » tient sans doute à son ton enlevé et à ses personnages attachants, mais ce qui me fascine chez son auteur c’est le message sous-jacent, car le divertissement n’y est jamais gratuit. J’ai étudié « La désobéissance civile » au lycée, sans imaginer une seule seconde qu’il pouvait y avoir un quelconque lien entre ce livre et mon préféré, sans faire le lien avec le Thoreau de « Walden », auquel Alcott fait si souvent référence dans ses œuvres. J’ai découvert tardivement qu’elle puisait ses considérations morales dans un courant dont il était l’un des représentants, le transcendantalisme. Courant qui allait lui-même s’abreuver aux sources orientales que je consultais par ailleurs. Je lis aujourd’hui dans l’article Wikipédia sur ce sujet qu’il inspire un philosophe américain, Stanley Cavell, auquel je m’intéresse pour ses analyses de comédies de remariage hollywoodiennes…

Avant de découvrir le MBTI, je ne me serais pas vraiment expliqué cette convergence. Maintenant, je sais que c’est typique de l’intuition introvertie, Ni, qui suit soigneusement ses propres lignes directrices, tisse lentement une toile dont le motif m’échappe encore, m’échappera peut-être toujours, car il pourrait répondre à l’éternelle question : « Comment vivre ? »

Et vous, vous commencez à voir où votre Ni vous emmène ?

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